La Garde Cendrée

S'ils se tiennent derrière toi, offre leur ta protection.
S'ils se tiennent à tes côtés, offre leur ton respect.
S'ils se tiennent sur ta route, ne montre aucune pitié.
 
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 I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE

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Sthelios
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Humain Deathknigt
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MessageSujet: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Sam 12 Nov - 8:35

Chapitre Premier : Rivage.

Héraut du carnage, génocide personnifié. Il semblait être inarrêtable. Une force des ténèbres inexorable. Chaque fois que sa lame s'élevait, elle brisait espoirs, futurs, vies. Comme une funeste malédiction. Perpétuelle poursuite d'une moisson sanguinaire. Le Chevalier transperçait la ligne formée par les Démons comme une lance d'ombre,  transformé en une pensée pure, d'une simplicité foudroyante, qui s'imprimait dans le coeur et l'âme comme une certitude des spectateurs. Quand son bras gauche se détachait du manche de la massive lame de guerre runifiée qu'il maniait avec une aisance écoeurante, il frappait de toute sa force monstrueuse un homme en plein visage, l'arrachant au sol et le propulsant sur plusieurs mètres, s'effondrant au sol sans la moindre réaction, véritable pantin de viande désarticulé, le faciès enfoncé dans une bouillie sanglante. Entouré et acculé, l'inquiétant augure de destruction brandissait Génocide, son outil de massacre, au-dessus de sa tête, la laissant s'infuser d'une lumière bleuâtre aveuglante qui emplissait l'air de vrombissements à en faire éclater les tympans.
A cet instant précis, c'était comme si l'air tout autour d'eux se mettait à vibrer, comme prit d'une terreur incontrôlable. Accompagnant les frissons spinaux qui se répandaient le long des échines, vulgaire traduction de l'épouvante primale qui emplissait leurs poumons, c'était sans pareil. Il inspirait une terreur animale, un effroi sublimé, au moment où son épée runique s'abattit. Une pression incommensurable, se dégageant de la simple présence de l'entité dont la malfaisance était littéralement éclipsée par l'imminente menace naturelle qui alarmait les instincts de survie. Et cette angoisse s'imprimait lentement comme une marque au fer rouge dans le psyché des témoins. Oui, il allait les tuer. Tous les tuer. Au moindre faux pas, il les tuerait tous. Sans exception. Le souffle qui franchissait ses lèvres sonnait comme un glas aux oreilles des vermines grouillant tout autour du Marche-Mort, dont les yeux usuellement mi-clos étaient grands ouverts, presque exhorbités, imprégnés d'une lueur froide et féroce, d'une sombre splendeur. Comme en transe, ses épaules avachies, sa démarche nonchalente et désinvolte disparaissant au profit d'une posture conquérante, dominatrice. Cela transparaissait même dans l'atmosphère ambiante, qui se chargeait d'une tension électrique et malsaine, l'ambiance crépitant comme en précédant l'arrivée d'une tempête.
Lorsque Génocide poussa son hurlement strident, la Légion Ardente resta prostrée dans sa stupéfaction. La scène se déroulait comme sous l'eau ; le regard glacial de Sthelios se rivant sur ses victimes, alors que la pointe de la massive arme de guerre runifiée s'enfonçait dans le sol, accompagnée par le Chevalier qui posait un genou à terre, le sol sous lui se craquelant comme une plaie purulente.
Lorsque les Démons environnants prirent conscience de leur situation, ils n'étaient déjà plus que de vagues souvenirs pour l'implacable machine de destruction qu'incarnait le Champion d'Ébène, se redressant en refermant sa poigne de fer sur le manche lacé de cuir de sa fidèle compagne de toujours. Une fine particule de givre subsistait dans l'air, là où les carcasses gelées et à moitié soufflées par la déflagration de colère du Non-Mort gisaient.
Son expression placide demeurait, sous son ventaille. Seulement, elle contrastait désormais affreusement avec son regard vide et meurtrier. Hermétique à tout sentiment, détaché de la réalité, véritable spectateur de son existence. Doucement, il réajustait son gantelet gauche, légèrement désanglé par la déferlante de violence d'un peu plus tôt, ses runes s'attelant déjà à leur rechargement, tandis que sa Faim sans Fin se repaissait du chaos ambiant. Ses lippes blafardes s'entrouvraient, et son souffle devenait sonore, rôdant et teintant contre l'ivoire de ses dents, devenant un véritable écueil d'une mer houleuse et chaotique. Intellect froid, mécanique. Analyse adroite, experte. Imperturbable. Glacial. Car nul n'entrave la réflexion mathématique d'une arme biologique calibrée pour l'extermination pure et simple de ses adversaires, nullifiant l'opposition.
Ses veines s'embrasèrent. Son être tout entier s'ancra dans ses instincts primitifs. Sa prestance gonfla, lugubre augure de carnage. Son désir de destruction, son appétit pour la violence, ne fit que croître, lui nouant les entrailles. Sa rage viscérale paralysa sa langue, alors que son être tout entier semblait se rétracter. Ses muscles s'enchâssaient les uns dans les autres, formant une mécanique parfaite et absurde. Ses iris devinrent acérés. Sur son front jaillissaient les vaisseaux sanguins. L'apogée de sa colère. Vivant. Il allait leur arracher la moindre envie de respirer. Les déposséder de leur existence-même. Les réduire à néant avec une telle ferveur qu'un orchestre ne suffirait jamais pour jouer la composition qu'il s'apprêtait à jouer. Nul ne pourrait jamais interpréter l'hymne au carnage dont la première note fut jouée sur l'instant. L'ode d'une hécatombe.
Il était vivant.
Et les démons revinrent à la charge.
Revinrent à l'abattoir.
Toutes les créatures qui tentaient d'approcher du Chevalier de la Mort étaient fauchées par la lame de ce dernier, comme s'il avait conscience de tout ce qui déroulait sur le champ de bataille. Comme si le vent cinglant d'Achérus, rafale hurlante et mordante, venait réclamer son dû auprès de Sargeras, épaulant son fidèle dans la tâche monumentale qui l'attendait. Chacun de ses coups trahissait une maîtrise inquiétante. Une suprématie absolue, une prestance royale qui éclipsait même l'opposition de l'armée démoniaque. Il était une force d'annihilation phénoménale, lancée dans une frénésie de carnage, ses cris de guerre et de triomphe agissant comme autant de défaites cuisantes sur le moral inexistant des adversaires. Si le sang pouvait encore irriguer leurs cerveaux fanatisés, nul doute que leur cerveau exposé pour la plupart leur aurait hurler de s'enfuir. Son arme s'élevait et s'abattait à une cadence soutenue, comme le hachoir d'un boucher rendu fou, libérant des torrents de sang et brisant le flux continu de rdémons qui s'écrasaient sur sa garde comme la coque d'un navire sur les récifs, n'abandonnant que des cadavres lacérés, déchirés, des poupées de viande cassées par un enfant colérique, face contre terre, la vie fictive qui avait été insufflée dans leurs dépouilles leur ayant été retirée. Des gestes répétés tant de fois qu'ils en avaient perdu leur humanité. Toute trace d'hésitation, toute marge d'erreur, avaient disparues, laissant place à une froide maîtrise et dextérité dans l'art de tuer, d'oblitérer l'opposition.
A lui seul, Cendresang défonçait et endiguait le flot incessant de Démons qui affluait du portail, horde inarrêtable, dévoreuse de monde. Il se déplaçait d'une démarche lourde, destructrice, conquérante, véritable hégémonie impérieuse. Cette vision absurde étoffa le courage des soldats de l'Alliance, qui unirent leurs rugissements à celui de l'avatar de la guerre, se répercutant comme une symphonie de brutalité et d'audace dans les steppes dévastées par le fléau d'Argus. Un défi adressé à l'auteur de ces abominations. C'était une galvanisation bestiale, primitive, naissant de la présence inspirante du colosse humanoïde qui réduisait en pièces ses adversaires, se désintéressant des cadavres fendus en deux qui s'effondraient lourdement partout autour de lui. Invincible. Inébranlable. Il progressait, sans se soucier des éraflures sur sa cuirasse de givre, son arme happant et dévorant les âmes des démons tombant sous ses coups, broyant les cages thoraciques et les crânes avec une facilité écoeurante. Une moisson sanguinaire, cruelle, hymne morbide jouée par un orchestre squelettique, une mélodie sépulcrale basée sur les craquements des os, le fracas des armes, et le crépitement des flammes. Au-delà de l'exultation de la bataille, il y avait un noir désir qui croissait au fond du Chevalier. Une bile noirâtre, qui emplissait son esprit, et enfiévrait son corps. Une rage viscérale qui grouillait dans ses entrailles, se déversant dans ses veines comme un feu vorace, une coulée d'acier fondu, qui forgeait et changeait son corps. Un plaisir égoïste, une obstacle infranchissable. Vivant. Il se sentait VIVANT.
Les Démons étaient comme happés par cette danse de métal, ce tourbillon de violence, cette valse martiale impitoyable. Sa lame était semblable à un arc de lumière vive de mort pourpre.  Ses iris glacials se braquaient sur une nouvelle victime, comme autant d'épieu gelé qui perforaient les visages déchirés des adeptes de la Légion. Des giclées de sang coagulé peignaient le tableau sinistre du champ de bataille, tout autour du colosse engoncé dans une armure noire léchée de d'âmes bleuâtres. Son arme chantait, broyait, brisait, fendait, répandant entrailles et organes à même la vase nauséabonde du sol putréfié des Îles Brisées, les relents de décomposition pourris agressant l'odorat de tous les témoins. Nul ne pouvait soutenir cette puanteur nouvelle, ravivée, des carcasses broyées qui se vidaient de leur contenu alors que la maigre étincelle de vie torturée et distordue insinuée en ces dépouilles massacrées était balayé par un ouragan de destruction. Lorsque ce n'était pas la claymore qui semait le chaos, c'était l'océan de flammes glacées qui se déversait avec un temps de retard, s'abattant comme une malédiction sur les abominations vomies par le Portail, léchant et lappant la chair des os avec une voracité surnaturelle.
Alors seulement, en réponse à la provocation impudente des mortels, s'éleva un hurlement abjecte mêlé aux gargouillis du sang qui bouillonnait au fond d'une gorge déchirée. S'extirpant du sol, une horreur sortie des méandres de l'esprit le plus distordu de la Légion s'arracha à la terre avec une lenteur théâtrale, grotesque assemblage de chair informe, visant à créer le monstre le plus massif et destructeur possible. L'espace d'un instant, la détermination des soldats vacilla, tétanisés devant la vision d'effroi qui brandissait une lame au bout de son poing. Qui, sans perdre un instant, mis ce qui devait être son épaule en évidence, et commença à se ruer dans la direction des mortels.
La claymore runique virevoltait, maniée comme s'il s'agissait d'un jouet dont le poids importait peu. Une célérité tranchante ; une frénésie bestiale. Sa lame sifflait dans l'air, semblable à un éclat d'argent, déchirant et broyant, sans aucune distinction. Il ne faiblissait pas, et sa vitesse le rendait improbable. Chaque fois qu'une tentative était déviée, c'était un nouvel assaut implacable qui prenait sa place. Et déjà, les jarrets du Mo'arg étaient sectionnés, brisant sa charge dévastatrice. Et alors qu'il faisait mine de s'effondrer vers l'avant, un tranchant vertical la stoppait net dans sa course, manquant de la fendre en deux, ses entrailles grouillant de ver s'embrasant en diffusant l'odeur si caractéristique de la chair dévorée par la nécrose partout autour d'eux. Ce qui était frappant, dans cet affrontement, c'était l'absence paradoxale de chaos. Comme si tout était paramétré, calibré. Une mécanique huilée et inhumaine, dont toutes traces d'erreur, toutes marges de faux-raccord avec le reste de l'art de la guerre, avait été supprimé. Sans même accorder un regard à l'enchaînement prodigieux qui avait réduit en miettes l'aberration, Sthelios soulevait de nouveau sa massive lame, balayant trois cadavres qui se ruaient dans sa direction, les coupant en deux avec une aisance tout bonnement absurde. Un nouvel arc-de-cercle horizontal, libérant une gerbe de pestilence qui enveloppait les démons avec un appétit écoeurant, engloutissait la masse. Ils ne réfléchissaient pas ; ne pensaient pas. Ils se ruaient vers les résistants, enjambant leurs congénères rongés par la putréfaction, semblables à une horde avide de chair et de sang. Un premier râle d'agonie résonna dans la plaine, alors que la hache d'un Seigneur Gangrené déchirait en deux un homme.  Et ceux qui brisaient la formation, terrorisés par l'armée de la Légion, ou bien simplement bousculés par leurs comparses, étaient happés par l'insoutenable flot de dévastation. Alors seulement, le Marche-Mort poussa un rugissement aussi fort et assourdissant que le tonnerre, se répandant comme un mur de son fracassant qui figea l'espace d'un instant tout le champ de bataille. Sa puissance frappa tous les témoins avec la violence abrutissante d'un blizzard, une force incroyable face à laquelle un homme n'est rien. Vivant.
Devant lui apparaissait enfin le Commandant Az'goth, un Annihilan titanesque, qui semblait jubiler en soulevant son glaive crépitant d'énergie gangrenée.
« — Ton agonie va être atroce, Chevalier !
— Dans tes rêves, fils de pute ! »
Vivant.
Une nouvelle fois, l'apôtre de la guerre chargea.


Dernière édition par Sthelios le Mar 23 Mai - 5:11, édité 5 fois
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Sthelios
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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Sam 12 Nov - 8:41

Parce que c'était dans la mauvaise section.
Part. 2 incoming.
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Sthelios
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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Dim 13 Nov - 0:16

Chapitre Second : Abîme.

Les cieux noircissaient à vue d'oeil, alors que l'entrechoc du métal s'intensifiait, nimbant d'étincelles le champ de bataille. Et il était toujours là, son armure dégoulinant de sang démoniaque n'ayant pas encore cristallisé sous forme de croûte purulente malgré le froid insupportable dont émanait la funeste cuirasse du Marche-Mort. Un coup l'atteint au flanc ; Angoisse siffla et trépana l'audacieux démon, tandis que d'un coup de pied, Sthelios catapultait un Gangregarde à travers la masse, imbu de cette puissance physique titanesque telle qu'il arrachait la tête de ce dernier par la seule force du coup unique porté à sa victime. La souffrance ambiante le nimbait d'un halo sombre, alors que son incompréhensible suprématie s'amplifiait avec la durée du combat. Contrairement aux mortels, il ne fléchissait pas, ne faiblissait pas. Plus les morts s'accumulaient, plus les existences de tous étaient attirées vers un univers de carnage et de violence, dans l'univers de Cendresang, et plus ce dernier se renforçait de façon oppressante, capable d'anéantir la Légion Ardente d'un revers de lame d'une précision chirurgicale.
Rugissement assourdissant. Première note d'un concert voué à l'annihilation, à la destruction pure et simple. Une hymne à la violence sans pareil, qui engonçait ses auteurs dans un monde de sang et de massacre. Une ode de rage inégalée qui embrasait les veines d'une fureur incomparable, les yeux luisant d'une cruauté féroce et animale.  Son être tout entier était submergé par une vague intarissable d'émotions négatives, qui le plongeait dans une transe sanguinaire sans équivoque. Une frénésie primitve qui l'enchaînait dans les tréfonds de ses instincts meurtriers, son aura menaçante croissant en proportion, augure de carnage et de meurtre.
Ils leur avaient dit que cette situation risquait d'arriver. Que cette irréelle pièce risquait de se dérouler. La description du Nathrezim était exacte jusqu'au moindre détail : une abomination de force brute qui nullifiait l'opposition. En revanche, ce dont il ne leur avait pas parlé, c'était l'aura de malfaisance dont émanait le Chevalier. Celle-ci les frappa avec la violence abrutissante d'un coup de tonnerre, pétrifiant sur place les entités inférieures incapables de soutenir la férocité à peine contenue au fond de Sthelios. Que les humains étaient effrayants. Cette capacité à dévoiler la facette la plus enfouie de leur personnalité au pire moment, caractérisés par cette malveillance maladive qui engouffrait les opposants du Seigneur de Guerre dans une profonde terreur sublimée.
Il ne se défendait presque pas. Ses deux terribles lames jumelles tuaient plus qu'elles ne blessaient. Pour abattre Sthelios, il fallait être prêt à mourir. Non, pas seulement prêt. Il fallait attaquer le colosse en sachant pertinemment qu'il allait vous tuer. Et la plupart des gens préféraient vivre, au même titre que les démons dont les âmes étaient arrachées à leurs dépouilles. Personne ne souhaitait affronter un tel adversaire. Et le Champion était plus terrible encore, car il avait toutes les vertus d'un berserk, mais il gardait le contrôle. Il pensait clairement. Et si on ajoutait à ça sa force et vitesse prodigieuse, il en devenait une formidable machine de destruction. Il gardait toujours l'équilibre. Il était toujours en mouvement, et ses yeux ne s'arrêtaient jamais. Il avait une incroyable vision périphérique. Il arrivait à sentir le danger, même en plein chaos. Il sentait l'adversité, établissait un plan d'action, et l'exécutait. Comme une mécanique froide. Tel est l'instinct du guerrier-né. Frappant comme la foudre, infaillible, doté d'un calme mortel.
Le visage de l'augure du carnage, usuellement inexpressif, changeait progressivement. Les commissures de ses lèvres s'arquèrent. Ses lippes dévoilèrent sa dentition carnassière, et déjà, son faciès jusque là placide et désabusé se déchirait, fendu d'un immense sourire prédateur. Voilà ce qu'il voulait voir. Voilà ce qu'il voulait sentir. La chaleur dans ses articulations, dans ses phalanges, dans ses os. Les retours de flamme de sa puissance terrifiante, inadaptée à un corps si fragile. Soudain, ce fut le silence le plus total autour de lui, alors que le Chevalier inspirait profondément, entrant en chasse, bannissant de son subconscient autant que de ses sens tout ce qui étaient parasites.  Son coeur battait à un rythme insensé. Sa poitrine bourdonnait. Comme si une multitude de nuisible avait été enfermée à l'intérieur de sa cage thoracique, et que désormais, les insectes faisaient vrombir leurs élytres dans le but de déchirer son torse, s'arrachant à son emprise tyrannique. Son sourire prédateur avait muté, se déformant pour former un croissant d'argent distordu et icône d'une démence presque palpable. Son aura sauvage noircissait à vue d'oeil. Le sang se heurtait à ses tempes, créant une cacophonie sonore Une mélopée sépulcrale et funeste, prémice d'un cataclysme. Rendu ivre par l'excitation. Plus rien ne l'atteignait.
Seuls les battements de coeur ineptes de ces bouffons inaptes l'atteignaient, le faisant entrer dans une colère biblique.
Une célérité tranchante ; une frénésie bestiale. Ses lame sifflaient dans l'air, semblables à un éclat d'argent, fendant, tranchant, chantant, sans aucune distinction. Il ne faiblissait pas, et sa vitesse le rendait improbable. Chaque fois qu'une tentative était déviée, c'était un nouvel assaut implacable qui prenait sa place. Similaire à un arc de lumière vive de mort pourpre. Une lumière glaciale d'une sombre splendeur qui déchiquetait les individus suffisamment arrogants pour tenter de l'atteindre. Ses veines s'embrasaient, revenant à la vie. Son être tout entier s'ancrait dans ses instincts primitifs. Sa prestance gonflait, lugubre augure de carnage. Son désir de destruction, son appétit pour la violence, ne faisait que croître, lui nouant ses entrailles glacées. Sa rage viscérale paralysait sa langue, alors que son être tout entier semblait se rétracter. Ses muscles s'enchâssaient les uns dans les autres, formant une mécanique parfaite et absurde. Un outil de dévastation compacte dont on se servait armé d'un noir désir d'annihilation. Fonçant en avant, renversant et oblitérant sans même s'intéresser aux griffes et crocs qui effleuraient sa cuirasse infusée de givre, le colosse accélérait, ses croquenots de plaque mordant si profondément dans le sol qu'il se craquelait.
Une déferlante de flammes vertes s'abattit sur lui, sans même le ralentir, alors que la gerbe incendiaire explosait en crépitant, dévorée par les énergies impies ayant investi Sthelios, dont l'hostilité et l'animosité croissait, l'habitant comme deux véritables vers parasites dirigeant ses moindres mouvements, grouillant sous sa peau nécrosée comme autant de conspirateurs affamés de chaos. C'était une toute autre créature. Ces émanations de destruction pure et simple. Cette épouvante primitive, inspirée par sa seule présence. Qui était-ce ? Sthelios ? Ou plutôt, le Profanateur ? Chaos, tumulte, carnage. Tant de définition pour ce fléau bipède, qui déjà, fléchissait les genoux, prêt à entrer en action. Ses iris rayonnaient d'une férocité aberrante. Une haine irradiante de dégoût et de mépris pour l'existence même de la réalité. Mécanique subtile ; une impulsion sauvage le faisait reculer, évitant un swing dévastateur qui aurait atteint son visage avec aisance. Posture statique. Immobilité totale.
Le Marche-Mort se mit en mouvement. Un battement de coeur lui suffit pour prendre sa décision ; et bouger. Sa célérité était telle que même en cherchant à réagir à temps ; même en ayant perçu très clairement ses intentions, il semblait impossible à arrêter. La scène se déroulait comme sous l'eau ; le regard glacial du Chevalier se rivant sur sa proie, qui semblait être littéralement laissée sans défense, comme agissant au ralenti par rapport à cette entité inquiétante qui filait et tranchait l'air, transformé en une pensée pure, d'une simplicité foudroyante. Le temps reprit son droit à l'instant propice.
L'une de ses lames s'enfonça profondément dans l'estomac d'une première victime, arrachant à son épiderme ses viscères si précieuses, un mouvement du poignet les projetant en l'air comme une fontaine carmin. La seconde, elle, fendait l'air avec la même vélocité qu'un couperet, s'encastrant dans la clavicule d'un gangregarde qui fléchissait, les yeux écarquillés, alors que ces derniers s'extrayaient de son visage qui fondait rapidement, nécrosé et décomposé. Autour du Chevalier, ses opposants se figèrent, leurs colonnes vertébrales se rebellant contre leurs propriétaires, les laissant s'effondrer à genoux alors qu'elles grouillaient cruellement en rampant sous la peau des démons tout autour de Sthelios, qui reprenait sa course sans plus de cérémonie, le corps tout entier de ses assaillants explosant morbidement dans son sillage. Une formidable machine à tuer qui semblait sans limite, se renforçant avec chaque coup mortel. Un nouveau météore magique de feu gangrené s'abattit sur le Marche-Mort, qui ne ralentit toujours pas, littéralement immunisé grâce aux runes qui luisaient sur toute son armure aux teintes sépulcrales, lui intimant secrètement de poursuivre la chasse tant qu'il serait protégé par le voile profane des énergies impies.
Prenant de la hauteur grâce à une excroissance rocheuse, Sthelios s'abattait comme une malédiction sur un nouvel opposant, le fendant en deux comme il l'aurait fait avec une bûche, toujours caractérisé par cette aisance écoeurante, irradiant d'une suprématie méprisante et oblitératrice, les giclées de sang condensé aspergeant son visage, ses yeux, pénétrant dans les fentes tranchées dans l'acier de son casque, sans que ce dernier ne s'en inquiète.
Car il était un vétéran de cent guerres. L'apôtre de la bataille, le héraut du carnage. Une entité doté d'une telle force qu'on le pensait impossible à arrêter, une fois lancé. Dont la seule voix, la seule présence, faisait fléchir les rangs, les convictions, les certitudes. Une aberration d'une prestance royale et obscure capable de galvaniser les morts et terroriser les plus décérébrés des démons. Une Prince de la Non-Vie. Le Marche-Mort.
Un revers d'Affliction étripa un premier opposant, tandis qu'Angoisse fendait à moitié le bras de sa victime, s'immobilisant dans la chair au niveau de l'os du coude. Toute humanité avait été arrachée à ce geste, comme s'il était devenu mécanique, répété tant de fois que toute marge d'erreur, toute possibilité d'échec, en avait été rendu abstraite. Raclant l'os, Sthelios déchirait le membre de sa victime, avant de l'ouvrir en deux comme un porc, le vidant de ses entrailles avec la même simplicité qu'un peu plus tôt, ses viscères rejoignant celles de ses compagnons d'armes déjà trépassés, jonchant le chemin du Chevalier. Ce type était une tempête de métal et de douleur qui dispensait la mort à qui le voulait, qui ne ralentissait même pas en exécutant sommairement les êtres suffisamment impétueux pour se dresser sur son chemin. La plupart étaient simplement balayés par l'orage dévastateur qu'incarnait Sthelios, dont la course effrénée ressemblait davantage à une ruée suicidaire qu'à une percée. C'était ainsi qu'il brillait sur le champ de bataille. Armé de ses pulsions de suicide ainsi que de sa soif de désespoir, avide d'oblitérer ceux qui se pensaient à même rivaliser avec l'Invincible. Sa vitesse était invraisemblable, pour un individu de cette taille, équipé d'un tel arsenal et d'une armure si lourde. C'était également ainsi qu'il se démarquait, repoussant les limites des vivants avec une facilité déconcertante, exploitant la totalité de ses facultés de mort-vivant.
Dans son sillage, nécrose, sang, et givre se mêlaient dans une relation fusionnelle, formant une harmonie dérangeante, présentant une absence paradoxale de chaos, unissant toutes les facultés et compétences incroyables de l'humain. Une armure impénétrable, une force inconsidérée, et une immunité magique insensée. La plupart des Chevaliers n'étaient pas capables de telles prouesses.
Et Sthelios poussait le vice bien plus loin. Les âmes résidant dans ses deux épées hurlaient de tout leur saoul, excitées, damnées, en souffrance, rugissante, une cacophonie assourdissante qui aurait empêché n'importe qui de se concentrer. Et le Marche-Mort, lui, s'épanouissait, dans cet incompréhensible alliage de folie et de destruction. Dispensant le carnage et la dévastation au travers de sa rage incompréhensible. Une évacuation pure et simple de ses noirs désirs, de ses pensées parasites. De sa rancoeur, de sa frustration. Incapable de trouver une raison d'exister, ne lui fallait-il pas un exutoire, pour la fureur viscérale qui le faisait suffoquer, l'asphyxiait malgré son statut de carcasse gelée ? Égoïste et minable. Voilà ce qu'il était, minable d'être incapable de faire les bons choix, préférant s'ancrer dans la voie des armes où il n'éprouvait aucune difficulté. Où il ne rencontrait aucune opposition. Où toute réflexion était superflue, lorsqu'on était doté de tels réflexes. De telles pulsions de meurtres poussées à leur extrême, lui conférant une férocité sans nulle borne. Une cruauté sanguinaire. Un Moissonneur prônant l'hécatombe et le massacre.
La masse informe de démon explosa dans une amoncellement de membres, de chair, de cages thoraciques, et d'os, balayés par la colère incompréhensible et enfantine du Chevalier de la Mort dont la puissance atteignait finalement son paroxysme, au même titre que son impression d'être en vie. Ses iris glacés se rivèrent sur sa cible, choisie avant même de s'enfoncer dans la brèche.
Argonnax, le Nathrezim. Enfin. Dominant le champ de bataille, bras croisés, ailes repliées contre son dos, enveloppé d'une aura enténébrée et trompeuse.
Un bond prodigieux, alors que Sthelios employait sa célérité incroyable comme propulsion, s'écrasant comme une malédiction sur sa proie. Angoisse et Affliction frappèrent à l'unisson. Ascendantes. Ouragan de destruction, féroce élan assassin. Le coup atteignit sa cible en plein plexus solaire, avec une force inouïe, transperçant sa garde avec l'efficacité d'une lance d'argent. Un assaut d'une brutalité assourdissante, et le sol autour des deux opposants se craquela affreusement, alors que le faciès du Démon se fendait d'un rictus condescendant, ses puissantes ailes battant l'air pour le propulser dans les airs, Azeroth achevant de se dérober sous les pieds du géant glacial.
Déjà, la stabilité précaire du colosse volait en éclats. Lui qui, un instant plus tôt, semblait être une force de la nature inamovible, filait vers sa perte, chutant à toute vitesse. A toute vitesse ? Comme dans une torpeur léthargique, les secondes s'étiraient à l'infini, alors que les yeux maintenant mi-clos du Marche-Mort scrutait l'expression satisfaite et écoeurante du Seigneur de l'Effroi observant sa chute. Sa chute vers sa fin. N'aurait-ce pas été plus facile, de disparaître ainsi, trop téméraire et effronté ? Ne plus avoir à subir les reproches, la haine, la rancoeur de tous ? De combattre pour ces cafards, ces déchets se débattant aussi futilement que des poissons hors de l'eau ? Sociopathe ? Pas réellement. Simplement réaliste. Lâchant Angoisse, la main droite du Chevalier se tendit vainement vers le Nathrezim, devant ses yeux. Quel vain effort.
Soudain, les tendons de sa main se contractèrent, alors que la matière tout autour du Nathrezim se contracta, autour de lui, comme un lien le reliant à l'avant-bras de Sthelios. Qui se mit à tirer. De toutes ses forces. De toute son incroyable et frénétique puissance physique, alors que sa poigne de la mort se refermaient sur sa victime, doigts repliés. Le Nathrezim tenta vainement de résister, manquant d'arracher son bras au Chevalier. Le membre de ce dernier s'étirait à l'extrême, les os et articulations craquant, de violents jets de sang coagulés jaillissant des déchirures dans son épiderme gelé. Il n'y avait rien à comprendre dans cette tentative désespérée.
C'était simplement Sthelios, et sa rage nihiliste envers l'existence même de l'univers.
Résigné, Argonnax replia ses ailes, fonçant à la rencontre du Chevalier de la Mort, bien décidé à le démembrer sur le récif, au fond du gouffre créé par les araignées tunnelières gangrénées. Leurs deux corps entrèrent en contact avec fracas, alors que les deux adversaires atteignaient enfin le fond du fossé, soulevant un nuage de poussière asphyxiante, balayé seulement par la déflagration gangrenée qu'utilisait le Nathrezim pour se débarrasser de Sthelios, ayant profondément ancré Affliction dans son abdomen. Heurtant brutalement un rocher, le Non-Mort se redressait non sans difficulté sur ses avant-bras, désorienté par la violence de l'impact ayant fracturé la cuirasse de givre couvrant la saronite de son armure. Plongés dans les ténèbres, leur seul repère visuel étant les braises démoniaques qui rongeaient les cadavres de soldats de l'Alliance éparpillés et à moitié grignotés par les arachnées rôdant dans ces sous-sols.
Dominé par la démoniaque figure d'Argonnax, Sthelios se redressait à genoux, se hissant difficilement debout, ressemblant à un nain face au démon supérieur qui le toisait, toujours aussi condescendant, avec un rictus railleur qui caractérisait bien son espèce. Raffermissant sa prise sur la garde lacée de cuir d'Affliction, le Chevalier fit mine de faire un mouvement vers son adversaire, qui le balaya comme un fétus de paille d'un revers de ses massives palmures ailées. Tout du moins, c'était sans doute ce à quoi s'était attendu le Seigneur de l'Effroi, qui se sentit blêmir en percevant la poigne gelée du colosse se refermer sur ses articulations, les broyant avec une aisance pétrifiante.
La pointe de la seule lame runique encore en main du Marche-Mort lacéra les tendons de ses genoux, avant de briser ses rotules d'un coup de pied sec, le baissant à hauteur du terrifiant Légionnaire de la Garde Cendrée. Ancien Légionnaire. Les iris azurs et perçants du Chevalier de la Mort s'enfoncèrent profondément dans ceux, verdâtres, du Démon, cloué sur place comme un cloporte à sa merci. Il n'allait pas mourir. Non, bien sûr que non. Ce serait trop facile. Il allait lui arracher son âme. L'enfermer. Le torturer. La décharner. La tourmenter. Jusqu'à le plonger dans la même folie, dans la même détresse, qu'il s'était lui-même trouvé. Là où les Illidaris ne parvenaient pas à briser son espèce, Cendresang y parviendrait. Car il était ainsi des individus animés d'une cruauté sans borne qui, une fois couplée à leur soif de pouvoir infinie, distordait leur personnalité à l'extrême. Jusqu'à le rendre bien pire que les soit-disantes forces du mal qu'il combattait si ardemment.
L'épée runifiée perfora le plexus du Nathrezim, qui ne put retenir le hurlement déchirant jaillissant de sa gorge qui, déjà, se désagrégeait. Le moindre de ses orifices émanait de la lueur verdâtre caractéristique de son espèce qu'on tuait de l'intérieur, devenant progressivement aveuglante, illuminant toutes les galeries en les emplissant de son râle d'agonie, sous le regard imperturbable et l'expression impavide du colosse glacial qui soulevait progressivement son adversaire. Argonnax se changeait progressivement en cendres, alors que ce qui ressemblait à son essence vitale était absorbée par l'inquiétant alliage de métal sombre plongé dans sa poitrine. Sa voix déchirante se mua en hurlement à glacer le sang alors que son épiderme entier se craquelait, explosant avec une puissance inouïe qui fit une nouvelle fois décoller du sol le géant qu'était Sthelios, retombant lourdement sur le dos, à l'opposé de la salle creusée dans la roche noircie des îles brisées.
Enfin, le silence et le calme retomba sur la scène, alors que plus haut, à la surface, la guerre continuait sans aucun doute. Cendresang, lui, gisait, inerte, entouré de ses deux lames runiques, étant retombé aux côtés de la soeur d'Angoisse perdue durant la chute. Maintenant, il fixait le mur en face, plongé dans les ténèbres, seulement éclairé par la lumière diffuse produite par les braises et cendres démoniaques et leur lueur maladive. Flammes vacillantes, en fin de vie. Les âmes s'était enfin tues, abandonnant le Marche-Mort à un silence surnaturel, une sérénité qu'il recherchait en permanence. Seul le crépitement agonisant des seules sources de lumière subsistait.
Enfin, après de longues minutes d'absence cérébrale, il prit la peine de se relever, dans la pénombre, glissant Angoisse et Affliction contre ses flancs, à leurs places respectives, s'agenouillant de façon indolente, presque apathique, à proximité des flammes vertes. Fouillant dans une sacoche, il en extirpait un paquet contenant, en temps normal, des cylindres composés d'alliage d'herbe. La recherche d'un cylindre n'étant pas réduit en bouillie par la violence des combats d'un peu plus tôt. Portant son autre main aux lanières de cuir retenant son casque en place, il s'en débarrassait, balançant le ventaille de saronite un peu plus loin, dans les ténèbres, libérant sa crinière corbeau parsemée de givre, intemporelle, son visage toujours dissimulé par les ténèbres malgré leur proximité avec les flammes. Apportant la cigarette à proximité des flammes, imitant un individu auquel il repensait fréquemment, dès que l'occasion se présentait, il retenant le bout de cette dernière entre ses lèvres, tirant une profonde latte de fumée anthracite se répandant dans ses poumons.
Le Régiment Turalyon était décimé. Ces faiblards n'avaient pas réussi à tenir leurs promesses. Et les Shan-Dun étaient dispersés. Profond soupir d'exaspération, matérialisé par un épais filet de fumée cancérigène. Où était le Commandant Doom ? Était-il également sur le Rivage ? Partageait-il son état d'esprit, dans l'immédiat ? Cet irrépréhensible vide émotionnel qui le déprimait, le rongeait, le poussait à la folie ? Que c'était surréaliste, ce sentiment d'appartenance à un individu contre lequel il s'était heurté si facilement, durant son séjour chez la Garde. Nouvelle inspiration teintée de nicotine et aux toxines n'ayant aucun effet sur l'organisme de Cendresang, qui se redressait en ramassant son casque, qu'il attachait à sa ceinture en tirant ses deux lames, tendues de chaque côté, s'engouffrant lentement dans une galerie qui descendait vers les entrailles de ce monde maudit. Une démarche lourde, destructrice, conquérante. Avec pour seule guide l'étincelle vacillante au bout de sa cigarette, maigre substitut à la présence du Commandant.
Qu'aurait-il dit, dans un moment comme celui-ci ?
« Pas le temps pour ces conneries. J'ai une guerre à gagner. »

*****

« In the battlefield, there is no place for hope. What lies there is only cold despair and a sin called victory, built on the pain of the defeated. All those people who met there have wholeheartedly admitted the evil and foolishness of this act called war. As long as people don't repent and don't regard it as the most evil taboo, then hell will endlessly reappear in the world. »

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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Sam 29 Avr - 13:05

C'est assez impressionnant Oo. Il y a une sorte de rythme qui fait presque penser à la poésie. Alors je sais pas si c'est volontaire mais " qui emplisSAIT l'air de vrombisseMENTS à en faire éclaTER les tymPANS." je crois qu'on peut appeler ça des rimes, et ça marche super bien. On s'y croit vraiment.

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Doom
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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Sam 29 Avr - 16:27

Keekee, remonteur de topic level OVER 99999.

Mais ça m'arrange, je veux la suite. :B

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Sthelios
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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Jeu 4 Mai - 23:25

Merci Keekee ! C'était pas du tout volontaire, ceci dit.
Et maintenant que ça a été réup, il faudrait que j'me décide à faire la suite, effectivement. C'est juste qu'avec mon manque d'engouement envers wow atm, ça me branche moyennement :c

PEUT-ÊTRE LES EVENTS DE DOOM Y REMÉDIERAIENT-ILS ?


Dernière édition par Sthelios le Mar 23 Mai - 5:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE   Mar 23 Mai - 5:08

Chapitre Troisième : Suprématie.


L'araignée jaillissait d'une faille du plafond. Immense, sa carapace chitineuse couvrant son épiderme insectoïde écoeurant, ses huit yeux violets luisants dans les ténèbres absolues des entrailles du Rivage Brisé. Une couvée Aranasi. Il n'aurait pas pu tomber au pire endroit, après son affrontement avec le Nathrezim. Leurs corps musculeux et puissants, affligés par la souillure démoniaque, étaient d'autant plus résistants en raison de la chitine osseuse recouvrant chaque partie de leur épiderme, sans la moindre exception. Cela les rendait incroyablement résilientes, ne laissant que leurs yeux vides d'intelligence à portée de lame.
Tout du moins, c'aurait été le cas pour n'importe quel individu lambda. Pour le Marchemort, leur pseudo armure était une coquille de noix qui cédait sous les coups de butoir assénés par ses bras d'une puissance abrutissante. Angoisse et Affliction sifflaient en réduisant en pièces un nouveau parasite se dressant sur son chemin. Comme ils étaient dans les profondeurs de cette terre damnée, son seul éclairage était fourni par les runes scintillant sur l'impénétrable cuirasse runique couvrant le corps lui permettant de perpétrer un carnage interminable. Chaque araignée s'effondrait sans plus de cérémonie, broyée, fendue en deux, ou écrasée sous les croquenots de plaque du Chevalier de la Mort.
Les bêtes composant le nid étaient de la taille de veau, pour la plupart. Certaines, plus petites et ambitieuses, tentaient de se laisser tomber du plafond sur son visage dénudé, tandis qu'il fumait. Il faisait noir comme dans un four, alors le Prince de la Non-Vie se fiait aux hurlements assoiffés d'âmes de ses épées jumelles, qui dispensaient la mort comme un flot constant d'annihilation, tout autour de lui. Un déferlement de violence d'une rare férocité. Des mandibules claquaient près de son oreille. L'erreur de trajectoire de l'araignée était sanctionnée par une exécution sommaire, les armes de Cendresang s'abattant à l'unisson sur sa boîte crânienne protubérante, la réduisant en bouillie sanguinolente.
Une frustration incompréhensible croissait dans sa poitrine, ce qui le distrayait de l'affrontement. Son corps réagissait de lui-même, forgé par des décennies de combat, de guerre, de meurtre. Ses réflexes fulgurants semblaient insensés, et sa célérité contrastait affreusement avec l'énorme et impénétrable rempart couvrant son torse, ses épaules, ses bras, ses jambes, et ses pieds de saronite. Le casque, attaché à son ceinturon, pendait, débarrassé de l'omniprésence azurés des yeux du Chevalier, donnant l'étrange impression qu'ainsi inhabité, il semblait "mort". Car on attribuait davantage à Sthelios la vision de ce ventaille, plutôt que son faciès si rarement arboré. Comme si son identité n'était autre que l'épaisse armure runifiée qu'il réparait affectueusement après chaque affrontement. Comptant chaque éraflure. Se remémorant chaque mise à mort. Apprenant, évoluant, devenant indécemment plus fort dès qu'il tirait ses armes. Quelle mort espérait-il trouver dans ce trou perdu où personne n'apprendrait sa disparition ?
Le sentiment qui gonflait dans son torse lui rappelait la première fois qu'il avait senti l'odeur de putréfaction d'un cadavre, de son vivant. Une odeur âcre, qui emplissait et tapissait les poumons sans qu'on puisse s'en débarrasser. Qui soulevait le coeur, le secouait. La dure prise de conscience d'une mortalité évidente à laquelle il était - naturellement - impossible de se soustraire. Cette odeur qui le répugnait tellement depuis toujours. Dont il n'arrivait pas à purger ses bronches. Qui subsistait comme marque d'une faiblesse indescriptible. Une marque au fer rouge ancrée dans sa chair. Et maintenant, il incarnait ce porteur de fléau qui répandait pestiférés, démons d'outre-tombe, nuisibles, nécroses. Il était celui qui anéantissait les récoltes de sa simple présence. Qui imprégnait le sol de son existence impie, le tuant à petit feu. Qui laissait un sillage de désespoir derrière lui. En quoi était-il si différent de Doom ? Pourquoi était-il tant aimé de tous ses proches ?
Grondement inhumain s'élevant de sa cage thoracique gonflée. C'est à ce moment précis qu'il remarqua le silence surnaturel l'enveloppant. Seuls ses pas dans les ténèbres les plus épais et pâteux qui lui avait été donné de voir le brisaient comme un métronome langoureux et régulier. Les rampants étaient partis. Que faisaient-ils ? Se concertaient-ils vis-à-vis de la marche à suivre pour l'assaillir efficacement ? Après tout, ils faisaient partis de ces proto-démons. Peut-être étaient-ils également dotés d'une conscience, au lieu d'être de simple araignées dégénérées.
Derrière Sthelios bondissait une arachnide.
Il la réceptionna d'une fente horizontale meurtrière, tracée par un ample mouvement du poignet, réduisant son existence à néant, le hurlement d'Angoisse couvrant le râle d'agonie de la créature, son corps se contorsionnant sur lui-même après avoir roulé sur le dos, à moitié étripée.
Certaines choses ne changent jamais.
*****

Enfin, la lumière nauséeuse et maladive se frayant un chemin à travers une brèche dans les nuages épais et nocifs régnant en maître sur le Rivage parvint aux rétines jaunâtres et imbues d'énergie nécrotique du Chevalier de la Mort, qui s'extrayait des profondeurs souterraines dans lesquelles il errait depuis ce qui lui semblait être une éternité. L'air, porteur des relents de sang séché fouettait le visage dénudé du Spectre, dont une moue dubitative lui rappelait la présence du mégot éteint de la cigarette, qu'il recrachait d'un mouvement des lèvres. Déjà, son ventaille retrouvait sa place sur son crâne, dissimulant ses traits, sa faiblesse, son humanité. De nouveau, il incarnait le Champion de la Lame d'Ébène, sinistre incarnation du massacre et de la désolation, qui tirait ses deux lames runiques, observant la situation, en contrebas.
Le combat faisait manifestement toujours rage, il ne s'était donc pas absenté si longtemps que ça. Ceci dit, il était excentré de l'action, et ne participerait donc de fait pas à l'assaut final contre la Tombe, à en croire sa position. Un bataillon de l'Alliance et de la Horde tentait de briser le front commun qu'ils entretenaient avec un régiment de démon. Qui, manifestement, avait l'ascendant, puisqu'il repoussait progressivement les forces alliées vers le bord de la falaise, à seulement quelques dizaines de mètres de là. Si rien n'était fait, ils seraient bientôt jetés du sommet de la corniche, pour aller s'écraser sur les récifs, en bas. Loin, derrière les forces de la Légion, se trouvaient un portail démoniaque gargantuesque, qui vomissait un flot constant d'aberrations déformées par le fel, entretenus par des Eredars entourés d'énergies corrompues virevoltantes.
A en croire l'effort fait pour l'atteindre, il devait s'agir d'une des principales gateway fournissant des renforts au front principal. Alors, Wrynn et Coursevent voulaient l'abattre le plus rapidement possible. Sensé. Téméraire. Mais sensé. Et actuellement, l'opération était un échec complet. Deux gradés, un humain et un orc, beuglaient simultanément des ordres. Cependant, au ton de leur voix, malgré l'évidente motivation dont ils tentaient d'imprégner leurs troupes, le duo se donnait déjà perdant.
Réajustant son casque couronné, le Marchemort fléchissait les genoux.
Tant mieux. Cendresang préférait quand les probabilités lui étaient défavorables.
Alors, il engagea sa descente. Sthelios faillit perdre l'équilibre un nombre incroyable de fois. Toutefois, dès qu'il fut stabilisé, épaules carrées, torse gonflé, la machine de guerre en marche, accélérant, il laissa jaillir de sa gueule grande ouverte une rugissement à glacer le sang. Ce fut le seul prémice de son arrivée destructrice. La seule menace qu'il accorda au front démoniaque.
Pensiez-vous un instant qu'il se serait joint au front des deux factions principales d'Azeroth ?
Le Chevalier de la Mort s'écrasa dans un fracas terrifiant contre le flanc du régiment démoniaque, soufflant des membres déchiquetés de part et d'autres, un geyser de sang ruisselant à l'endroit de l'impact, tandis qu'il amorçait sa sanglante danse meurtrière. Un ouragan de dévastation qui se propageait en traçant des arcs de lumières vifs, Angoisse et Affliction pareilles aux notes d'une mélopée entraînante, leur teinte glaciale prenant rapidement la couleur de l'écarlate tandis qu'il créait une brèche immense dans la défense érédar prise au dépourvue. L'avant-garde vola en éclats, annihilée par la soudaine apparition du Prince de la Non-Vie. Les vents hurlants du Norfendre se déchaînaient à ses côtés, semblables à une infinité de lames invisibles qui réduisaient en charpie toute entité vivante dans un rayon prédéfini autour du Champion, qui s'abandonnait à un fou rire dément, sardonique. Il délivrait tout autour de lui des séries d'assauts meurtriers, ses épées agissant comme l'allonge de ses bras tendus à l'extrême, générant une barrière d'acier, de givre, et de mort, tout autour de lui. Un fantastique combattant ne présentant aucune faille, une fois sa mécanique mortelle amorcée. A cet instant précis, Sthelios incarnait le Fléau lui-même, dévastant la seconde, puis la troisième, et la quatrième colonne de gangregardes qui s'offrait à lui, octroyant à l'Alliance et à la Horde l'opportunité de briser le front stagnant s'étant installé jusqu'à maintenant.
Cependant, si les soldats de la Légion avaient bien une qualité, c'était leur incapacité à craindre la mort, pour la plupart. Ils n'avaient aucunement conscience de la moisson d'âme à laquelle Cendresang était en train de s'adonner. Aussi, il était hors de question de s'enfuir. La débandade n'existait pas, chez les démons. Le Chevalier de la Mort pressa l'assaut, soudainement encadré par le bataillon de l'Alliance et la Horde, à une distance respectable. Comme s'il s'agissait d'une alliance fragile, qui risquait de voler en éclats au moindre de leurs faux pas. Et ils n'auraient pas pu être plus dans le vrai. Enivré par la destruction, Sthelios se contentait d'arracher la vie de toutes entités se présentant sur son chemin. Il déviait une lance qui l'aurait atteint à la gorge, pour mieux guillotiner son assaillant. Un torrent de ténèbres et de glace s'adonnant à une mise à mort sordide.
Rapidement, l'avancée se transforma en percée, et les fantassins accélérèrent à l'unisson, ne laissant dans leur sillage que les corps mutilés des adversaires d'Azeroth, piétinant leurs cadavres putréfiés par la simple présence impie du Marchemort qui, déjà, atteignait le portail en premier, oblitérant une des sorciers érédars avant que celui-ci n'ait ne serait-ce que l'idée de réagir, sa poitrine famélique grande ouverte par la pointe d'Angoisse, sa cage thoracique et ses organes internes dévoilés au grand jour, tandis que son âme s'extirpait du moindre orifice de son visage pour intégrer la communauté de damnés subsistants dans les armes du Chevalier, qui lâchait une invective d'un rugissement effroyable, qui eut pour effet de galvaniser les hommes et femmes à ses côtés, stimulant leur agressivité, leur brutalité, leur nature profonde.
« — BUTEZ-LES TOUS. »
S'ensuivit la mise à mort sommaire de tous les démonistes à la botte de Kil'Jaeden, tandis que Cendresang endiguait le flot ininterrompu de démon jaillissant du Portail. Laissez-le quelques heures ici, et il l'aurait sans aucun doute colmaté avec une montagne de cadavres ereduns. Les Lieutenants aboyèrent des ordres à leurs troupes respectives, avant de porter leur attention sur le Chevalier de la Mort, qui, lames baissées, fixait désormais l'énergie verdâtre composant la porte vers un monde meurtri.
La Porte ne se fermait pas. Donc elle était toujours alimentée de l'autre côté.
Regard par-dessus son épaule aux braves des deux armées. Leurs expressions froidement résolues trahissaient leur sentiment à cette idée. Résignation. Terreur, pour les plus jeunes, et leurs visages imberbes maculés de sang verdâtre encore chaud. Tous hésitèrent. C'était naturel. Une crainte instinctive de l'inconnu. Les deux lames runiques se frayèrent un chemin jusqu'aux poumons d'un Garde-Courroux, avant de lui retirer les cervicales d'un geste d'une souplesse insoupçonnée. Élan de bête enragée, Sthelios franchissait le portail en chargeant, brisant la stupéfaction générale, les forces alliées se ruant à l'intérieur à leur tour, chaque corps franchissant la barrière réalitique disparaissant dans une gerbe d'étincelles vertes.
Ce qui les attendait de l'autre côté les prit de court.
L'air était asphyxiant. Chaud. Brûlant, même. Le sol, à leurs pieds, se craquelait. Noirci, comme s'il avait été exposé à la proximité d'un astre pendant toute son existence. Des tempêtes de sable noir se profilaient, à l'horizon. Et une couche de nuage oppressante couvrait les cieux. Seuls d'aveuglants faisceaux de lumière gangrenée, sans aucun doute agissant comme des phares pour les vaisseaux de la Légion, les transperçaient. Il s'agissait, par ailleurs, de l'unique source d'éclairage de ce monde dévasté. Assassiné.  Et, devant le front allié s'étendait une armée gigantesque. Un coup au moral. Décisif. Leur volonté vacillait, pliait, et volait en éclats. Les deux Lieutenants encadrant le Marchemort baissaient leurs armes, désespérés devant la marée de démon qui approchait à cadence soutenue. Devant eux se profilaient une silhouette vampirique bien connu de tous. Un Seigneur de l'Effroi. Commandant de cette planète "purifiée". Tetricus, Intendant d'Hael. Il n'était pas aussi doué que ses congénères pour agir dans l'ombre. Mentir. Se dissimuler. Alors, Archimonde l'avait pris sous ses ordres. en tant que maître de guerre. Il n'était pas très futé, mais sacrément motivant. Et vicieux. Ses ailes s'étendant dans son dos dans un frottement de cuir, son visage aux traits émaciés s'orientait dans leurs directions, constatant l'évident déclin du bataillon azerothien face à sa titanesque force de frappe. Qui plus est, ils ne parviendraient jamais à détruire les cristaux stygiens qui maintenaient le portail en place avant d'être exterminés.
Mais Tetricus était joueur.
« — Quelle surprise. Le Marchemort nous honore de sa présence ! Ceci dit, tu as l'air d'avoir pris conscience de la situation. »
Ricanement. Salopard. Même Sthelios, en voyant l'écrasante supériorité numérique du régiment démoniaque, avait laisser la pointe d'Affliction et d'Angoisse s'enfoncer dans la poussière à ses pieds, son regard glacial rivé sur l'horizon. Il devait bien y avoir cent, deux cents, voire trois cents démons, pour un azerothien.
« — Voici l'ultime opportunité que la Légion t'offre pour rallier tes véritables Maîtres, Chevalier de la Mort. Tue tes deux acolytes. Tue tes soldats. Mets-toi à genoux. Et jure allégeance aux Destructeurs de Monde. Jure allégeance à Sargeras ! »
Tic. Le regard des Lieutenants se croisèrent, et ils brandirent leurs armes, par peur, vers Cendresang. Dont les réflexes surpassèrent sa propre conscience, ouvrant la gorge de ses deux opposants en l'espace d'un souffle, les yeux écarquillés, cherchant à s'extraire de ses orbites. Qu'avait-il fait ?
Derrière lui, les hommes de ses deux victimes paniquèrent tandis qu'une vague de mort et de décomposition se propageait dans leurs directions, émanant directement des runes gravées dans l'armure massive du Prince de la Non-Vie qui s'effondrait lourdement à genoux, d'apparence brisé en un instant, le rire démoniaque de Tetricus couvrant la cacophonie de cris et de râles d'agonie des Azerothiens trahis par l'ancien lieutenant de la Garde d'Os. Certaines choses ne changent donc jamais. Relâchant sa prise sur les lames runiques, l'élan assassin de Sthelios l'abandonna, comme ses convictions. Que venait-il de faire ? N'était-ce pas la mort dont il avait toujours rêvé ? Pourquoi retourner sa veste ? Craignait-il l'oubli, en fin de compte ?
« — Tu as fait ton choix, Chevalier. Quitter le côté d'Azeroth était une sage décision. »
Souriant, vainqueur, le Nathrezim s'approchait à pas lourds, en se posant, ses sabots soulevant des nuages de cendres noirâtres à chaque fois qu'ils s'apposaient sur la terre meurtrie d'un monde annihilé par la Légion, dominant le Chevalier de la Mort désormais agenouillé, ses deux immenses lames allongées dans la poussière, scintillantes d'appétit pour les âmes démoniaques qui convergeaient dans leur direction.
Au moment précis où ses lèvres violacées se tordaient en un rictus, s'apprêtant à s'adonner à la tirade finale, une des deux lames glaciales se fraya un chemin entre ses côtes.
Le Marchemort s'était redressé, et l'avait poignardé avec une vitesse d'exécution telle qu'il avait laissé figés sur place tous les spectateurs démoniaques, stupéfaits devant la prouesse martiale réalisée avec une aisance théâtrale. Ce simple geste, après avoir massacré tous les soldats d'Azeroth l'ayant accompagné dans le portail, avait été soigneusement mesuré, tandis que le sang inondait les poumons démoniaques du Seigneur de l'Effroi qui donnait l'impression de se rabougrir, se flétrissant avec une célérité inquiétante, sous le regard impavide du Chevalier de la Mort, dont la voix rocailleuse s'éleva, comme un glas funeste et inexorable.
« — Je ne suis pas de votre côté pour autant. »
L'épée se retournait dans la plaie, broyant les organes internes de la victime aux prises avec Sthelios, remarquant pour la première fois sa main libre oblitérant la palmure froissée de ses ailes de cuir, le gel couvrant progressivement ces dernières. Il n'y avait aucune échappatoire.
« — J'étais comme vous, autrefois. Comme eux. Avide de pouvoir pour certains. Étouffés par les normes sociales pour d'autres. Liés les uns les autres par des principes de coexistence écoeurante. »
Dans l'entrebâillement de son ventaille, on pouvait voir se dessiner sur les lippes blâfardes, décolorées, maladives, un croissant d'argent. Sourire malsain, ingénieuse alchimie de folie et de condescendance pure. Sa voix reprenait déjà, comme autant de coups de fouet inlassables, fracturant avec une violence inouïe la causalité de cette réalité, les certitudes de la moindre entité à même d'entendre son discours nihiliste.
« — Jadis, j'étais forgé du même acier que vous. Oui. De mon vivant, j'étais comme vous. »
Répétition frissonnante alors qu'Angoisse achevait d'ôter la vie au Nathrezim qui s'effondrait, réduit à l'état de coquille vide débarrassée de son âme et de sa vie, tandis que Sthelios achevait de se relever de ses deux mètres. Ses yeux de fer gelé se rivèrent sur la marée démoniaque, comme bloquée dans le temps, attendant la finalité de son discours, ou un ordre d'un commandant subsidiaire. Derrière lui, une épaisse brume noire s'élevait, l'englobant, réduisant son existence à deux flammes froides incandescentes, deux orbes de lumière azurée et impie subsistant au-dessus du sol, représentative de ses iris, son épiderme massif plaqué de saronite disparaissant, happé par les ténèbres qui se propageaient autour de lui.
Soudain, des râles d'outre-tombe s'élevèrent. Et à cet instant précis, une déferlante de morts-vivants se rua à la rencontre de la Légion, encore pétrifiée par l'infernale résolution habitant celui qui se faisait appeler le Marchemort. Les soldats de l'Alliance et de la Horde, rendus dégénérés par la résurrection, se relevaient un à un, fonçant à la rencontre de l'armée démoniaque avec une ferveur impie, menés d'une main de maître par le Champion de la Lame, qui, immobile, restait profondément dissimulé dans la pénombre magique.
Un second rugissement, bien plus puissant, retentit sur l'étendue assassinée de ce monde mort, envahi par Sthelios. C'était le terme. Il ne défendait pas Azeroth. Il envahissait Hael. Un cri d'une puissance telle qu'il se propageait à la manière d'une mur de son d'une force abrutissante, semblable à un blizzard oblitérateur qui réduisait toute forme de civilisation à néant.
Deux gigantesques ailes, grotesques assemblages d'os, de ligaments, et de muscles atrophiés, s'étendirent depuis les ombres, comme deux immenses étendards de la damnation. Et les deux orbes bleutées représentant Sthelios s'élevèrent progressivement du sol, jusqu'à ce que la brume magique le camouflant vole en éclats, estompée par un battement d'aile de ce qui s'avérait être un dragon mort-vivant si grand qu'il en aurait éclipsé les matriarches couve-givres. Hantise, dont le regard imprégné d'une lueur de vie fictive se portait sur la marée de conquérants démoniaques, se redressait, alors qu'un flot ininterrompu de non-mort se propageait depuis le portail, les soldats d'Alliance et de la Horde confondus sous forme de goules décérébrées engoncées dans des armures ridicules et déchirées de l'intérieur, formant une vague de destruction unique. Deux autres Chevaliers de la Mort franchissaient le portail à leur tour, sur le dos de leurs massifs destriers pestiférés, apportant toujours plus de morts-vivants avec eux.
Le Chevalier de la Mort, surplombant désormais le champ de bataille depuis la selle de sa monture, rendit Angoisse et Affliction à leurs fourreaux, son énorme main droite se refermant sur le cuir couvrant un manche d'acier noir forgé, soulevant avec une lenteur méthodique une hache de guerre runifiée haut au-dessus de sa tête, ornée d'un crâne à la gueule ouverte aspirant toute âme vagabonde rentrant dans son rayon d'action, sinistre augure de l'anéantissement, le tranchant de la tête rayonnant d'une énergie éthérée effroyable.
Une nouvelle fois, la voix du Chevalier s'éleva, couvrant le son des combats qui venaient de débuter tandis que les morts s'entrechoquaient avec les démons.
« — Aujourd'hui, je suis votre Mort. »
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I AM A WIND OF DESTRUCTION - Broken Shore. (3/5) CHAP 3 LIVE
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