La Garde Cendrée

S'ils se tiennent derrière toi, offre leur ta protection.
S'ils se tiennent à tes côtés, offre leur ton respect.
S'ils se tiennent sur ta route, ne montre aucune pitié.
 
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 Les Loups du Nord

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Keelën
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MessageSujet: Les Loups du Nord   Dim 10 Juil - 2:41

Chapitre 1 :
Vjesztra

On pouvait entendre des pleures sous le Chêne Hurlant. Un arbre qui portait bien son nom en cette triste période. Les immigrants à Darnassus ne pouvaient s'empêcher de hurler à Elune leur désespoir. 
Il faisait froid ce soir là. Les arbres ne laissaient passer que quelques rayons de lune, éclairant difficilement le nouveau refuge des Gilnéens. Heureusement quelques adultes avaient apportés des torches et de la nourriture. Les enfants s'attroupèrent les premiers autour du groupe. Certains espéraient que leur parenté leur offrirait un repas moins tardif, mais d'autres n'étaient plus permis d'en croire autant. 
Feggraï avait été dépêché par ses supérieurs pour aider à l'intégration des Gilnéens à Darnassus. Lui même avait été affecté par la malédiction des worgen, fléau responsable de la venue des ces réfugiés de l'Est. Gilnéas était tombé et les elfes furent les premiers à leur venir en aide, car les druides comme Feggraï voyaient dans le malheur des Gilnéens un signe du destin. Le mal du jeune druide était cependant bien plus ancien, mais la forme était la même. Les maudits se changeaient en loups garous de manière incontrôlée. La rage les envahissait, décimant tout être vivant à porté. Les druides connaissaient bien cette abomination puisqu'ils l'avaient eux même créée. Aujourd'hui, grâce aux elfes, les survivants du massacre de Gilnéas peuvent contrôler leur apparence à volonté.
Feggraï rendait régulièrement visite aux Gilnéens. Il discutait de la répartition des immigrés avec Genn Grisetête, le souverain des nouveaux Worgens. 
Un jour qu'il repartait chez lui, il entendit un cri grave suivit de petits fracas. Cela venait des échoppes. C'était un elfe qui poursuivait une petite silhouette plus rapide qui courrait à quatre pattes. Feggraï prit en chasse l'ombre qu'il rattrapa rapidement en se transformant en félin grâce à ses facultés de druide. Il rattrapa finalement le fugitif. C'était un worgen, jeune. Un enfant maudit, sûrement un orphelin. Il était terrorisé et tenait quelque chose dans ses mains si grandes pour son âge. Le druide s'apaisa et laissa l'enfant se relever. Il tremblait de tout son corps, sans détourner le regard de la bête qui l'avait plaqué au sol. 
- Qu'est ce que tu as dans tes mains petit loup ? demanda Feggraï calmement. 
Le garçon ne répondit pas. Il regarda par dessus le druide et détala en lâchant sa prise. C'était un limus, un fruit assez commun qu'on trouve dans beaucoup de plats elfes.
- Quel petit vaurien, râla le marchand essoufflé qui avait suivit le druide. 
Feggraï regardait l'enfant courir vers le Chêne Hurlant.
Il ne fallut pas longtemps au druide pour retrouver la trace du jeune worgen. Il était assis près de la rivière. Feggraï s'assit à coté du garçon, qui ne lui accorda pas même un regard. Le druide piocha dans sa bourse, creusa la terre et y planta une graine. Il tendit les mains vers le sol, ferma les yeux et marmonna dans une langue étrange. Une énergie d'un vert émeraude tournoyait autour de ses mains. Un bulbe de la taille d'un crâne humain apparu. Le bulbe s'ouvrit, laissant sortir de grandes feuilles grasses, puis des fleurs aux pétales blanc-rosés. Enfin, les fleurs perdirent leurs beaux pétales et laissèrent place à des fruits rouges vermillon. Feggraï avait fait naître un lavolca, l'arbuste sur lequel on peut trouver les limus. Keelen observait la scène avec un entrain contagieux. Jamais il n'aurait imaginé une telle chose possible. Sans plus attendre, il saisit un des énormes fruits et le dévora en quelques secondes. Après avoir englouti six limus, son museau était recouvert de la chair sucrée rouge sang des délicieux fruits et donnait l'impression qu'il venait de manger un homme, ce qui amusa le druide. 
- Comment tu fais ça ? Demanda le garçon.
Le druide ricana.
- C'est un don de Cénarius, le gardien de la Nature. Tous les druides ont ce pouvoir.
- Je veux être druide. Apprend-moi !
Feggraï secoua la tête.
- C'est impossible malheureusement.
Le visage du worgen s'assombrit. Il fixait l'eau sans rien dire. Le druide en avait presque le coeur brisé. Il avait déjà rencontré des orphelins Gilnéens. Celui là n'était pas le premier à voler dans les échoppes, et l'elfe comprenait bien ce qui poussait ces jeunes à commettre de tels actes. Il n'y avait pas d'orphelinat à Darnassus, alors les malheureux étaient laissés à la charge des Gilnéens, qui avaient déjà bien assez de problèmes. Mais Feggraï ne pouvait pas rester ici, et il ne pouvait pas non plus ramener un orphelin avec lui. Pas dans le Gangrebois, où la corruption de la Legion émane de la moindre parcelle de terre.
- Où sont tes parents ? Demanda le druide. 
Le garçon se raidit soudain et se mit sangloter en marmonnant : 
- ils les ont tués, ils les ont tués tous les deux. 
- Qui les a tués ?
- Les hommes, lança-t-il en désignant le Chêne Hurlant, ils leur ont tiré dessus alors qu'ils étaient malades !
Dans la panique, on avait exécuté tous ceux qui présentaient des symptômes de la malédiction. Les parents du pauvre garçons n'avaient pas échappés à ce sort. Il était le seul survivant de sa famille, car son mal s'était déclaré plus tard, au moment ou Genn avait reprit la situation en main et avait tenté de sauver ce qu'il restait de son peuple. 
Le malheureux était désemparé, impuissant et perdu au milieu d'une ville et d'un peuple qu'il ne connaissait pas, transformé en loup garou à voler quelques malheureux fruits. 
Feggraï ne savait pas comment gérer un enfant qui pleure. Instinctivement il l'aurait pris dans ses bras, mais il ne voulait pas créer de liens trop fort. Il ne pouvait pas s'attacher à cet orphelin. Il lui caressa la longue crinière qui descendait jusqu'au bas de son dos, avec un certaine hésitation, puis lui donna un autre limus, ne sachant quoi faire d'autre.

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Dim 10 Juil - 14:11

Je laisse ce message ICI parce que je veux la suite. Genre, dans l'heure.

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Lun 11 Juil - 4:03

Chapitre 2 :
Hejin Hroudczin

Le jeune worgen restait derrière Feggraï, intimidé par tous ces elfes qui allaient et venaient sur la Terrasse des Guerriers. Les elfes étaient connus pour leur discipline et leur implication dans les tâches qu'ils accomplissaient. Certains étaient occupés aux forges, d'autres s'entraînaient avec des armes en bois. Et l'enfant regardait ces grands êtres aux cheveux éclatants se battre avec des gestes maîtrisés et sereins. 
- Feggraï Brunécorce, cela faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu ici appela le capitaine de la garde. 
- Les druides n'ont pas leur place en ville capitaine. 
L'elfe en armure de plaques aperçu le worgen, qu'il dévisagea sans égard. 
- Et que nous amènes-tu là ? demanda-t-il d'un ton suspicieux.  
- Capitaine, vous savez qu'on compte parmi les Gilnéens plusieurs orphelins.
L'elfe coupa le druide.
- Ce n'est pas une garderie ici druide. Que veux tu que je fasse d'un enfant. Regarde le, c'est à peine s'il tient debout. 
- Il sera mieux ici que dehors à voler au marché.
- C'est hors de question ! Je ne ferai rien d'un... d'un sauvage dans mes rangs. Nos équipements sont trop lourds pour lui, et j'ai bien assez de feignants à gérer. 
Le druide n'insista pas et ils repartirent en direction du Temple. Peut être que les prêtresses seraient plus clémentes. 
- Dame Tyrande est très occupées en ce moment druide. Elle ne peut recevoir que peu de gens.
- S'il vous plaît, ces enfants on besoin d'aide.
L'elfe regarda le worgen avec embarras. 
- C'est aux Gilnéens de s'occuper de leurs orphelins. Le temple ne peut accueillir autant d'individus. Ils nuiraient à la paix de ces lieux. 
- Alors prenez le juste lui, je vous en prie. 
La prêtresse était gênée à la vue de cet 'enfant qui avait l'air inoffensif. Elle soupira : 
- Comment t'appelles-tu ? 
Le worgen regarda timidement l'elfe qui le fixait du haut de ses deux mètres dix. 
- Keelën...
L'elfe acquiesça et se remit à parler à Feggraï. 
J'en parlerai à Dame Tyrande druide, mais je doute qu'elle accepte. On ne peut pas sélectionner des orphelins et les distribuer aux quatre coins de la ville. Notre société n'est pas adaptée à des enfants. 
Les elfes, autrefois immortels, n'engendraient que très peu de descendants qui arrivaient rapidement à l'age mature. Trop vite pour qu'ils puissent avoir un impacte sur la civilisation elfique. On racontait même que voir un enfant elfe était un signe de bonne fortune. 
Alors le druide et le worgen errèrent sur les routes de Darnassus, jusqu'à ce que Feggraï se décide à accepter la situation. Il ne pouvait laisser Keelën recommencer les vols. Cela nuirait à la réputation des Gilnéens, qui étaient mal vus par beaucoup. Feggraï soupira : 
- On aura beau dire que les elfes sont un peuple altruiste, je peux te dire que nous ressemblons bien plus aux humains qu'on ne veut le croire. 
Keelën n'écoutait pas. Il regardait ses pieds, ou plutôt ses pattes qui présentaient déjà d'épaisses griffes. Ils arrivèrent au Chêne Hurlant, dont l'entrée était gardée par deux sentinelles elfes. 
Je reviendrai demain fit le druide au garçon, puis il s'en alla. 

Keelën n'avait pas d'ami. Il restait seul à chasser les grenouilles près de la rivière. On ne se souciait pas de lui, et il ne s'intéressait à personne, attendant seulement de pouvoir manger. Les repas se présentaient en une sorte de banquet sans table ni chaise où on s’assaillait en groupe d'une dizaine d'individus. La viande n'était plus qu'un rêve pour ceux qui avaient pu s'en offrir à Gilnéas. Il y avait des légumes, des feuilles et de la soupe. Beaucoup se plaignaient aux sentinelles du manque de chair dans leur assiette. Les gardes restaient impassibles, fidèles à leur réputation, et les plaignants s'en retournaient à leurs potages. Pour ce qui était de l'hygiène, on se lavait dans la rivière, sous le regard des passants choqués de voir des hommes-bêtes souiller leur eaux pures. Même les nombreux arbres et fleures aux odeurs délicieuses ne couvraient pas les effluves des fosses sceptiques qu'on avait rapidement creusé. La crise Gilnéenne révélait un aspect bien moins flatteur de Darnassus, et bien que les druides confirmassent l'importance des worgens pour les elfes, il n'empêche que nombre de ces derniers en voulaient à Malfurion et Tyrande, les dirigeants du peuple des elfes de la nuit. 
Outre les dîners pauvres et les odeurs, les Gilnéens avaient réussit à emporter plusieurs tonneaux de vins. Genn avait imposé un rationnement, et tandis que quelques uns s'accordaient des privilèges, d'autres faisaient circuler des alcools elfes, nourrissant un marché en plein expansion entre les réfugiés et des contrebandiers elfes. 
Keelën s'était isolé et s'amusait à dessiner dans la terre avec un couteau qu'il avait dérobé dans un échoppe (c'était bien la seule fois qu'il ne s'était pas fait prendre). Lorsqu'il entendit quelqu'un marcher derrière lui, il vit un worgen qui le fixait étrangement. Il respirait fort et empestait l'alcool. Keelën était à genou, figé par le regard fusillant de l'homme-loup. Ce dernier n'attendit pas et agrippa le garçon. Il le retourna et déchira ses vêtements, griffant le garçon qui se débattait. Mais que pouvait faire un enfant de dix ans face à un ancien garde. Et tandis que l'agresseur s’agenouillait derrière Keelën en défaisant son pantalon, l'enfant, dans un éclair de rage, attrapa le couteau et trancha la gorge du worgen d'un coup net. L'homme-loup tomba sur le dos, une main sur sa plaie qui couvrait son cou de sang rouge écarlate. Keelën regardait le worgen agoniser dans son propre sang, puis partit en courant. Il courrait sans but, juste pour s'éloigner le plus possible de cet horrible endroit ou il avait tué un homme pour la première fois. Il se dirigea vers la sortie de la ville mais fut vite rattrapé par des gardes qui, après avoir vu l'enfant avec un couteau taché de sang, l'emmenèrent à la prison où il passa la nuit, seul et désemparé dans une cellule qui sentait comme au Chêne Hurlant.

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Mer 20 Juil - 13:23

Chapitre 3 :
Otéreii

Keelën étant Gilnéen, on avait confié le problème aux Gilnéens. L'enfant avançait au milieu de la foule. Certains étaient transformés et portaient un regard haineux sur le jeubne worgen, d'autres avaient gardé leur forme humaine mais le dévisageaient le garçon tout autant. Keelën gardait sa tête baissée, rêvant de pouvoir s'enfuir en un claquement de doigt, comme les magiciens dans les histoire que lui lisait sa mère. Il retint ses larmes qui menaçaient de le ridiculiser encore plus. Samuel Godfrey présidait le procès. C'était un parent du seigneur du même nom, qui s'était suicidé quand il avait appris que le seigneur Genn était lui aussi un worgen. Samuel ne montrait aucune réticence à être dirigé par un maudit, mais il avait soigneusement choisit l'heure du procès. Lorsque Genn s'absentait, il confiait la direction des réfugiés à l'héritier Godfrey. En réalité, Samuel détestait Genn, comme tous ses parents, mais à leur inverse, il préférait user de la patience pour éliminer les maudits de son peuple. 
La scène rappelait à Keelën le jour ou Genn avait décidé de son sort. Comme ce jour, il était seul. Feggraï n'avait pas été autorisé à l'accompagner, mais le druide restait à proximité. L'enfant s'assit sur la chaise de l'accusé, en face d'une estrade ou était assis Samuel Godfrey, accompagné d'une femme et d'un homme tout aussi maussades. 
- Keelën... peu importe, vous êtes accusé du meurtre de Jonathan Machurard perpétré il y a... à peu près quarante-huit heures. Qu'avez vous à dire pour votre défense ?
Keelën hésita :
- Il... il m'a frappé, j'me suis défendu. 
- Et que faisiez vous avec ce couteau ? demanda la femme assise à coté de Samuel. 
- Je dessinais. 
- Vous dessiniez ? N'auriez vous pas pu prendre un bâton pour dessiner ?
Keelën ne répondit pas. Si sa défense avait été légitime, on pouvait au mieux accuser le jeune worgen de vol de couverts. 
L'homme à la gauche de Samuel Godfrey prit la parole. 
- Que faisiez vous à l'heure du crime Keelën ?
- J'étais à la rivière, et je dessinais avec le couteau. Et après il a essayé d'me... ! J'me suis juste défendu ! 
- Suffit ! haussa Samuel, qui regardait maintenant Keelën avec un air plus satisfait. 
Vous admettez vous être battu avec Jonathan ce soir là. Et vous l'avez tué avec ce couteau !
Keelën était désarmé. Il garda le silence.  
On le fit se retirer pour laisser place à la femme de la victime. Lana Machurard, elle aussi maudite, portait une robe tachée de terre et un vieux chapeau en cloche blanc. Après quelques questions, elle avoua : 
- Il est vrai que... mon mari avait un comportement très affectif envers les enfants. Nous n'avons d'ailleurs jamais pu en avoir... avoua la femme qui balbutiait.
Les juges ne semblaient pas convaicus. Tout le monde savait que la victime avait des pratiques douteuses avec les enfants, et ce n'était d'ailleurs pas le premier. Cependant personne n'avait jamais essayé de le prouver. C'était une rumeur de plus qui circulait parmis les Gilnéens, et à laquelle personne ne faisait vraiment attention. 
- Pouvez vous me dire ce qu'il faisait le soir du meurtre, demanda Godfrey. 
La femme mit un éternité à répondre, marquée par un long soupir de Samuel. 
- Il... il avait bu...
Godfrey s'éveilla soudain : 
- Qu'avait-il bu ? 
Elle hésita, cherchant ses mots entre ses doigts qu'elle craquait, serrait et desserrait, tremblant de tout son corps, prête à s'écrouler au moindre coup de vent. 
- Allons, qu'avait-il bu ce soir là madame Machurard ? 
- De... du vin...
- D'où venait-il ? 
La femme à la droite de Godfrey l'interrompit :
- Samuel, nous nous écartons du sujet. 
- J'aimerai régler cette histoire en même temps, fit-il en levant la main, cet alcool n'avait-il pas des origines elfes ? 
Lana ne pu répondre et s'effondra, cachant son visage de ses deux mains. "Tant pis" se dit Samuel.
On rappela Keelën. 
- Bien... repris Godfrey, dans votre cas Keelën, au nom du roi et de la loi de Gilnéas, je vous condamne à mort pour le meutre de Jonathan Machurard. La sentence s'effectuera en cette heure. 
Keelën était paralysé. Il allait mourir. Pendu ? non, ça serait trop long à construire. Décapité ? On avait bien des épées au Chêne Hurlant.  
On amena l'enfant près d'une des racines du Chêne Hurlant. On lui banda les yeux avec un vieux tissu, puis on le tourna face à l'arbre, le dos tourné vers la foule qui assistait à l'exécution. Godfrey se plaça à un dizaine de mètres derrière le condamné.
Avez-vous des dernières paroles Keelën ?
Le pauvre garçon ne répondit pas. Il tremblait, pleurait en silence, réalisant ce qu’il se passait. Godfrey haussa les épaules en marmonnant
Au moins ça ira plus vite.
Il chargea son fusil et pointa le viseur sur la tête de Keelën.
Il pressa la gâchette.
Rien ne se passa.
Il réessaya. Toujours rien. Il vérifia son arme. De la sève jaunâtre sortait du canon, tandis que des fleurs et des feuilles bourgeonnaient à travers le fusil. Godfrey regarda autour de lui avec effroi, lorsqu’un ours chargea dans sa direction. L’animal la plaqua au sol, assez fort pour l’assommer. L’ours rugit en direction de la foule qui s'écarta, puis il courut vers Keelën. La bête se changea en félin et, grâce a ses griffes plus fine, rompit les liens qui retenaient les mains du worgen. Keelën reconnu l’odeur de Feggraï. Il retira son bandeau et considéra son ami qui se tenait devant lui.
-      Monte ! fit le druide.
Keelën s’exécuta, et ils détalèrent jusqu’au portail qui les téléporta à la base de Teldrassil. Ils coururent jusqu’au rivage. Ils devaient traverser la mer qui séparait l’arbre de Sombrivage, mais la forme aérienne du druide était trop petite pour supporter le poids d’un enfant. La côte était bien visible depuis Teldrassil, moins d’un kilomètre les séparait.
Tu vas t’accrocher à mon aileron dit Feggraï.
Le druide se transforma en épaulard. Keelën agrippa l’aileron et ils traversèrent avant même qu’on puisse les retrouver.
Ils accostèrent sur une plage déformée par le récent Cataclysme, entre Lor’Danel et les ruines de l’ancienne Auberdine. La mère s’infiltrait à travers les multiples fissures causées par les tremblements de terres qui avaient détruit en bonne partie Lor’Danel. Mais malgré les séismes, cette ville était encore très fréquenté par les elfes. Il valait mieux ne pas être vu. Feggraï, haletant, s’adressa à Keelën :
-      On va descendre jusqu’à Orneval.
-      Et après ?
-      On verra sur place.
Le druide se changea à nouveau en félin, et fit signe à Keelën de monter sur son dos.
-      Je peux courir vite moi aussi, fit le worgen en se mettant à quatre pâtes.
-      Orneval est à deux heures de marche d’ici, tu ne tiendras pas.
Le druide chargea l’enfant avant même qu’il ne puisse protester, puis ils se remirent en route vers le Sud. Keelën se tenait à la crinière du druide, qui courait avec une telle légèreté que le worgen s’endormit sur son dos. 

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Ven 9 Sep - 19:47

Chapitre 4 :
Jastrouste

Feggraï n'avait pas de maison. Il vivait essentiellement dehors, sous sa forme d'ursidé ou de félin, selon ses activités. Ainsi le druide et l'enfant se déplaçaient régulièrement dans Orneval, à la recherche de nourriture et d'abris. Malgré le feu, les nuits étaient froides dans la forêt, ce qui obligeait les deux compagnons à dormir collés l'un contre l'autre, ce que le druide n'appréciait guère, habitué à la solitude.

- Keelën ?
Une voix douce, étrangement familière fit tressaillir les oreilles du jeune worgen. Elle soufflait son nom incessamment, sans qu'il puisse situer l'origine du bruit. L'enfant marchait dans le noir en suivant la voix qui parut soudain plus proche.
Il ouvrit les yeux.
Au dessus de lui se tenait une femme aux cheveux blonds, attachés en un chignon parfait. Elle souriait, dévoilant des dents d'une blancheur peu commune. Son regard sombre maintenait de Keelën dans une étreinte chaude et maternelle.
Le garçon gémit en considérant sa mère, qui attendait un signe d'attention de la part de son fils.
Elle s'éloigna en gardant son sourire. Elle tourna brusquement la tête vers la fenêtre, puis se rapprocha de son fils, en lui prenant la main.
- Tout va bien mon grand. Reste ici, je vais revenir.
Keelën regardait sa mère s'éloigner d'un pas pressé, comme hypnotisé par sa beauté.
Il y avait du bruit dehors. Une agitation anormale. Il était couché dans son lit, et il attendait, comme le lui avait demandé sa mère, en serrant un petit ourson en peluche noir. 
Soudain, un fracas, suivit d'un cri. Un gémissement inquiétant, puis le silence. Malgré les consignes de sa mère, Keelën descendit. Il faisait froid et le garçon ne portait qu'un vieux pantalon. Il trouva sa mère et resta paralysé. Elle était agenouillée au sol, et semblait chercher de l'air désespérément.
- Ne reste pas là Keelën, va...
Sa voix se coupa. Elle laissa sa tête tomber contre le sol. Ses mains se contractèrent et griffaient le sol. Son dos se courba. Ses bras se couvrirent de poils, alors qu'elle lançait un dernier regard à son unique enfant. Un regard de tueur.
VA T'EN !
La porte claqua soudainement, laissant entrer deux hommes, armés de fusils Gilnéens.
- Écarte-toi petit !
L'homme poussa Keelën sur le coté, arma son fusil et tira dans la tête du monstre qui se jetait sur lui.
La bête tomba devant lui, le visage déformé par le coup.
le second homme agrippa le bras de Keelën et le tira immédiatement à l'extérieur de la maison.
Dehors se tenait Godfrey, un fusil sanglé dans le dos et un sabre dans la main. Il regarda Keelën, qui était tenu par les deux hommes, sortit un pistolet et appuya le canon sur son front, en prononçant cette phrase : " Tous les maudits doivent mourir "
Un hurlement déchira le silence qui régnait à Orneval. Feggraï se leva en une demie seconde, prêt à bondir sur l'ennemi. Il ne trouva qu'un jeune worgen assis, haletant en se tenant la tête avec ses deux mains en répétant : "va t'en, va t'en !"
Le druide, encore sur ses garde, observait la scène, d'un air méfiant.
- Qu'est-ce qu'il te prend de hurler comme ça en pleine nuit !
Le garçon ne répondit pas, répétant incessamment les même mots. Feggraï, toujours sous sa forme de félin, s'approcha du garçon.
- Keelën ?
Le garçon sanglotait en répétant les même mots, sa voix déraillant progressivement.
Le druide l'appela en haussant le ton, et réussit à capter l'attention de l'enfant, qui le regardait, totalement perdu. Feggraï soupira longuement, puis le réconforta comme il pu.

- On chasse pas aujourd'hui ?
- Non.
Le ton était si sec que Keelën se tut. Les deux compagnons s'assirent en tailleur au pied d'un arbre.
Aujourd'hui, je veux t'apprendre à méditer précisa le druide.
Keelën fronça les sourcils.
Il faut remédier à ton problème de sommeil jeune homme, poursuivit-il. Avec ce qu'il s’est passé cette nuit.
Vexé, le garçon  baissa la tête.
- Désolé.
Feggraï accepta ses excuses, puis reprit.
- Je vais t'apprendre tout ce que je sais sur la nature, et le druidisme. Et pour commencer, je vais t'apprendre à écouter.
- Qui ?
Feggraï désigna tout ce qui l'entourait.
- Les arbres, le vent, la terre. Ils ne parlent pas comme nous, mais avec de l'expérience, on peut interpréter leur comportement, et obtenir des informations essentielles.
- Pour trouver à manger ?
Le druide leva un sourcil.
- Entre autre oui. Pour commencer, tu dois te focaliser sur une cible. Qu'est ce que tu vois autour de toi.
- Des arbres ?
- Quoi d'autre.
- euh... de l'herbe et... oh y a une chouette là bas.
- Mhm... bien, nous commencerons par les arbres. Ce sont les plus faciles à écouter. Allez, concentre toi. Ferme les yeux, et dis moi ce que tu entends.
Un long silence s'en suivit, et pour la première fois depuis qu'il avait quitté Darnassus, Keelën semblait apaisé. Mais cela ne dura pas longtemps. Une odeur alléchante attira l'attention son attention.
- Un ours... il est en colère.
- On chassera plus tard Keelën. Reconcentre-toi.
- Il est juste à coté.
- Fait ce que je te dis.
- J'entends rien de toute façon. J'dois entendre quoi ?
- Des grincements, le bruissement des feuilles.
Feggraï le regarda longuement. Les arbres étaient parmi les êtres les plus bavards de la forêts, ce qui les rendaient audibles même pour des druides néophytes.
Keelën râla :
- Moi j'veux apprendre à m'transformer comme toi.
- Plus tard, tu dois d'abord t'associer à la nature.
- Ça veut dire quoi ?
Le druide chercha ses mots.
- Les druides forment une sorte d'équipe, un duo avec la nature. Ils se respectent mutuellement, comme les chamans avec les éléments. Mais pour pouvoir utiliser les pouvoirs de la nature, il faut d'abord que tu la connaisses. Et pour ça, il faut apprendre à l'écouter.
Keelën regardait son tuteur d'un air interrogateur.
Mais tu ne sembles pas disposé à l'écouter aujourd'hui. Nous réessayerons demain.

Malgré les multiples tentatives du druide, Keelën n'arriva jamais à satisfaire ses attentes. Un jour de chasse, le jeune worgen se blessa à la cuisse, déchirant son pantalon déjà bien usé. La plaie sanglante lui valut quelques larmes, mais il resta silencieux. Feggraï saisit cette occasion pour l'initier au soins, et à son grand étonnement, Keelën parvint, au bout de cinq bonnes minutes, à refermer une partie de la plaie. Feggraï récompensa son succès en terminant les soins.
Ils passèrent par Astranaar, la capitale d'Orneval, pour vendre les peaux récupérées lors de leurs chasses, et trouver de nouveaux vêtements pour le jeune worgen. Ils repartirent le lendemain, avec assez d'argent pour survivre deux mois, et un pantalon pour Keelën. Ils  s'arrêtèrent à quelques kilomètres de la ville pour passer la nuit. Feggraï embrochait de la viande sur une pique, puis remarqua que Keelën, ainsi que le couteau avec lequel il coupait la viande, avait disparu. Il fit quelques mètres et trouva le garçon en train de lancer un couteau sur un arbre.
- Arrête ça !
Keelën sursauta.
- Pourquoi ?
- Comment veux-tu communiquer avec les arbres si tu les tortures avec un couteau ?
Le druide ramassa l'outil et prit un air grave.
D'ailleurs, il n'est pas fait pour être lancé. Si tu le casses, tu retournes à Astranaar m'en chercher un. Tout seul !
Keelën baissa la tête, sans rien répondre.
Feggraï remarqua un qu'il tenait un bâton dans la main.
Qu'est-ce que tu faisais au juste avec ça ?
Keelën marmonna une réponse incompréhensible
Quoi ?
- Je m'entrainais !
- A quoi ?
- A me battre.
Feggraï resta silencieux.
- Et contre qui te bas-tu ? Les arbres ?
Le garçon ne répondit pas. Le druide lui confisqua le couteau et le laissa seul.
Si tu veux manger, tu n'auras qu'à aller chasser avec ton bâton.
Feggraï avait fini son repas depuis un bon moment, et s'inquiéta de l'absence du garçon, qui n'avait pas donné signe de vie depuis une bonne heure. Il se se rendit à son terrain d'entrainement. Keelën n'y était pas, le bâton non plus.
- Oh non.
Le druide se hâta de se transformer en corbeau, puis s'envola à la recherche de son protégé. Keelën était un bon chasseur certes et même s'il avait des griffes, un ours pouvait facilement venir à bout du jeune worgen en un coup de patte. Le druide descendit et se changea en félin. Il bénit Elune pour la lumière qu'elle procurait cette nuit. Il suivit les bruits qui indiquaient un combat, et ses craintes se confirmèrent. Keelën faisait face à un ours, armé de son bâton. Feggraï n'attendit pas bondit sur l'animal et s'accrocha à son dos. Mais la bête était robuste et repoussa le félin en se secouant. Keelën en profita pour lui asséner un violent coup avec son bâton, lequel se cassa en deux contre le crâne de la bête. L'ours, légèrement sonné, se leva alors sur ses pattes arrières. Il faisait trois fois la taille de Keelën. S'il réussissait son coup, le worgen mourrait instantanément.
Keelën se jeta sur le coté pour esquiver, puis découvrit que l'ours était maintenant enchevêtré dans d'épaisses racines.
- COURS ! VA T'EN.
Keelën resta immobile, fixant la bête, alors que d'horribles souvenirs refaisaient surface et l'empêchaient de bouger.
KEELEN, COURS VERS LE CAMP, ALLEZ !
L'ours se débattait avec violence, mettant à mal les pouvoirs de Feggraï qui ne parvint pas à maintenir son emprise. L'animal déchira les lianes avec ses griffes. Il retomba sur ses pattes avant, faisant trembler, et chargea Keelën.
Au lieu de se faire propulser, le worgen entendit un sifflement, et la bête trébucha pour s'écraser devant lui, une dague planté dans le crâne.
Feggraï et Keelën resta stupéfait et mirent un temps à distinguer le responsable de la scène. Aïsla Coursombre, capitaine des sentinelles d'Astranaar, avançait sous la lumière de la lune avec une démarche gracieuse, vêtu d'une armure en cuir légère, tête nue. Elle ne vint cependant pas récupérer la dague. Le propriétaire était un worgen au pelage marron, vêtu d'une armure de cuir semblable à celle du capitaine, avec moins de décorations.
- Une chance que nous chassions cette nuit Feggraï fit le capitaine.
- Aïsla ?
- Commandant Aïsla, je suis monté en grade, druide.
Feggraï ne réagit pas à sa provocation et porta son attention sur Keelën.
- Toi ! fit-il en s'approchant dangereusement du garçon. Qu'est qu'il t'a pris de partir tout seul à la chasse espèce d'idiot ? Tu veux te faire tuer c'est ça ?
Le druide avait une apparence étrange, qui attira l'attention d'Aïsla. Il la regarda, puis comprit pourquoi elle le dévisageait. 
- Tu ne devrais pas t'énerver comme ça Feg', ça ne te réussit pas affirma-t-elle.
Le druide avait dévoilé son apparence lupine, qui ne se manifestait que lorsqu'il se mettait en colère.
- Toi aussi tu es maudit ? demanda Keelën.
- Tais-toi !
- Vous n'avez pas besoin de lui crier dessus Feggraï, intervint le worgen qui accompagnait Aïsla. Si vous voulez mon avis, il a déjà eu sa leçon pour ce soir.
Feggraï considéra le chasseur, qui nettoyait sa dague avec un chiffon.
- Voici Alex, précisa le capitaine, mon disciple. Et comme toi et ce jeune garçon, c'est un worgen.
- Alexander Wilde, ravis de vous rencontrer, fit-t-il en tendant une main.
Le worgen faisait preuve d'une assurance étrange pour son âge. Il était à peine plus vieux que Keelën. Feggraï serra mollement la main du worgen, puis demanda à Aïsla :
- Ton disciple ?
- Je l'ai trouvé à Darnassus. Il était emprisonné pour plusieurs vols à l'étalage et agressions armées. Alors je l'ai fait libérer en échange de m'occuper de lui. et je lui ai donné une occasion d'exercer ses talents à des fins plus utiles. Il est plutôt doué comme tu l'as vu.
Alexander savoura le compliment, puis s'approcha de Keelën.
- Eh petit, ça va ?
Keelën opina plusieurs fois du chef, sans rien dire.
Feggraï expliqua aux deux chasseurs comment Keelën s'était retrouvé à affronter un ours. Après un bref débat, Aïsla proposa à Feggraï :
- Tu devrais me l'amener demain. On devrait pouvoir tirer quelque chose de ce louveteau.
Puis les chasseurs s'en retournèrent à leur balade nocturne.
Feggraï retrouva sa forme d'elfe. Il soupira, prit un couteau accroché à sa ceinture et le lança au pieds de Keelën.
- Tu vas me découper la peau de cet ours, et ensuite tu la transporteras au camp. Sans discuter. C'est clair ?
Le garçon acquiesça et s'exécuta.
Le soleil se levait alors qu'ils rentraient au camp.

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Sam 19 Nov - 18:58

Chapitre 5 :
Aiveroka lèn


Les ours ont toujours été abondants à Orneval, et d’aussi loin qu’on se souvienne, les elfes et les trolls les ont toujours chassés, que ce soit pour leur viande ou leur peau. A cause de leur endurance, les chasseurs d’ours ont du apprendre à se faire discret, jusqu’au moment où ils pourraient lui sauter à la gorge et en finir rapidement.
-          Bon tu t’y mets ou bien ?
Alexar n’était pas réputé pour sa patience, et son regard en disait long sur ce qu’il voulait faire de l’ours que lui et Keelen traquaient depuis une bonne heure.
-          Ça fait haut quand même, hésita Keelen.
Alexar poussa un profond soupir et sauta de la branche. Il atterrit sur la tête de l’ours en lui plantant une dague directement dans le crâne. L’ours s’écroula sans résistance. Alexar retira son arme pendant que Keelen, qui essayait de descendre, se vautra par terre, comme un oiseau  tombé du nid.  Alexar leva les yeux au ciel, avant de commencer à découper la prise du jour.
Sur le chemin du retour, la pluie commença à tomber, le poids de l’eau s’ajoutant aux sacs remplis de peau et de viande, que les deux jeunes chasseurs portaient. Ils marchaient en silence, sans se regarder. Leurs pattes s’enfonçaient dans la boue et menaçaient de leur faire perdre l’équilibre. En se retournant, Alexar remarqua la distance qui le séparait de l’autre worgen.
-          Allez active là, j’veux pas crever d’froid !
Keelen ne dit rien, mais accéléra le pas, mais sa patte gauche s’enfonça plus profondément dans la boue et il chavira. Alexar jura discrètement et l’aida à se relever, puis ils se remirent en marche.
Ils arrivèrent à Astranaar à la nuit tombée, accueillis par deux gardes d'un ennui contagieux, qui les escortèrent jusqu’à la caserne. Aïsla les attendait à l’entrée :
-          Vous m’avez décimé tout le gibier d’Orneval ? Demanda-t-elle aux deux worgens sur un ton agacé.
-          Pas ma faute… répondit le plus vieux.
Keelen détourna le regard. Ses vêtements étaient trempés et tachés de boue, ce qui lui donnait plus l’air d’un mendiant que d’un chasseur.  Aïsla le considéra :
-          Grisegueule, vous irez me nettoyer les torchons qui vous servent de vêtements, puis vous viendrez me voir quand vous serez présentable. Quant à vous Wilde, vous rangerez la viande et vous irez donner la peau aux tanneurs.  
Elle se retira aussitôt, et les deux worgens s’exécutèrent sans discuter.
L’hygiène a toujours eu une place centrale dans le quotidien des elfes. Même les casernes avaient leurs propres thermes. L’eau y était régulièrement changée, et la température suffisamment élevée pour embuer la pièce. Les thermes de la caserne d’Astranaar étaient conçus pour accueillir une centaine de personnes, soit un peu moins d’un tiers de la garde. Keelen entra dans la salle discrètement, sous les regards inquisiteurs de quelques soldats venus se détendre. Ses habits de rechanges étaient beaucoup trop grands et lui donnaient un air ridicule. Il fila au lavoir où il trouva du sablon et frotta ses vêtements couverts de terre, jusqu’à rendre l’eau totalement opaque. Il se tourna ensuite vers les bains, encore occupés par des soldats. Il n’y avait pas que ses vêtements qui étaient sales, mais les elfes ne semblaient pas disposés à le laisser profiter de l’eau chaude. Il prit ses affaires et se rendit à son dortoir pour les étendre, puis alla trouver le commandant.
Aïsla l’attendait à l’entrée du dortoir. Elle mesurait bien deux fois la taille du jeune worgen. On se trouvait facilement intimidé devant cette femme au regard farouche et à l’armure imposante, bien que majoritairement faite de cuir.
-          Alexar m’a rapporté votre manque de talent au combat. D’après ses dires, vous faites exactement ce qu’il vous demande, mais rien de fonctionne.
Elle attendait une contestation de la part du Keelen, mais il resta silencieux. Elle soupira.
Que faisiez-vous à Gilnéas, avant de venir ici ?
-          Forgeron…
Aïsla chercha dans ses pensées :
-          Nous essayerons donc la forge, peut être que le vieux Lyrhalsthène vous trouvera une utilité. Rendez vous à la forge demain, et demandez-lui qu’il vous prenne comme apprenti.
-          Et… et si il me prend pas ?
-          Nous verrons cela demain.
Elle commença à partir, mais Keelen l’appela :
-          Est-ce que je pourrai encore me battre ?
Alors qu’elle avait pris l’habitude de garde une expression neutre, elle semblait éprouver de la pitié pour le jeune worgen.
-          Je ne sais pas si vous aurez encore le temps de vous entraîner, dit-elle avec plus de compassion qu’elle ne l’aurait voulu. Vous verrez ça avec votre nouveau maître. Elle partit, ses pas résonnant dans le couloir.
Keelen en était réduit à forger des armes et des armures. Non pas que ce travail lui déplaisait, mais il rêvait de pouvoir se battre comme un soldat, comme son père avant lui. Et depuis le Cataclysme, ce désir s’était intensifié. La décision d’Aïsla l’avait confronté à la réalité, qu’il ne savait pas se battre, et qu’il ne saurait jamais le faire correctement.
Il s’installa seul pour dîner, et mangeait lentement. Alexar était assis avec d’autres soldats, mais il ne parlait pas beaucoup. Il vit Keelen seul, et décida de le rejoindre.
-          Elle te voulait quoi Aïsla ?
Keelen se renfrogna. Il n’avait envie de parler à personne, et surtout pas à ce worgen. Agacé par le silence, Alexar lui effleura l’oreille pour attirer son attention, mais regretta vite ce geste. A peine ses doigts avaient-ils touchés Keelen que ce dernier lui agrippa le poignet et lui déroula un crochet assez puissant pour le faire tomber du banc. Comme il tenait toujours le poignet d’Alexar, Keelen exécuta une des prises que son adversaire lui avait justement apprise quelques jours plus tôt. Alexar était plaqué au sol, son bras droit dans une position telle que Keelen n’avait plus qu’à appuyer pour lui déboiter l’épaule. Les elfes s’étaient attroupés en cercle autour des deux worgens et scandaient le nom de Keelen. Alexar grognait mais ne pouvait pas bouger. Le moindre mouvement intensifiait la douleur. Mais Keelen était beaucoup moins fort physiquement. Alexar profita d’un court moment de faiblesse pour dégager son bras. Il se tourna et repoussa Keelen avec sa patte droite, le faisant tomber sur le dos. Keelen se releva rapidement et chargea Alexar, qui dévia son coup et plaqua Keelen à terre avec une autre prise.
Le combat fut interrompu par l’arrivée du commandant, qui attrapa le col d’Alexar. Ce dernier se calma aussitôt. Keelen était encore à terre. Sa mauvaise chute l’avait un peu assommé et il n’arrivait pas à se relever. Les deux worgens furent escortés jusqu’au bureau d’Aïsla, qui les reçu après avoir écouté le témoignage du sergent Valshir. Même Alexar était nerveux, lui qui affichait d’ordinaire une expression sournoise.
-          Wilde, pouvez vous me dire ce qui arrive aux mutins ?
-          Cellule d’isolement pendant quatre jours.
Aïsla faisait les cent pas devant les deux worgens, les mains derrière le dos, ne les quittant pas des yeux une seule seconde. Alexar avait encore mal au bras, et Keelen à la tête.
-          Je vais être très claire messieurs. Personne ne se bat dans MA caserne sans que j’en donne l’autorisation. Grisegueule (les oreilles du jeune worgen disparurent derrière sa crinière). Vous avez délibérément frappé un de vos frères d’arme. Vous avez une explication.
-          Non
Le ton était si ferme qu’Aïsla haussa les sourcils.
-          Dans ce cas vous savez ce qui vous attend.
Alexar afficha discrètement un air satisfait, mais son sourire en coin n’échappa guère à la vigilance du commandant.
Si cela vous fait rire Wilde, vous passerez les quatre prochains jours comme Keelen.
-          Quoi ?
-          Le sergent Valshir vous accompagnera jusqu’à vos cellules.
Elle ouvrit la porte pour laisser entrer l’intéressé, qui escorta les deux worgens dans des cellules adjacentes. Il ferma les portes et s’adressa aux deux prisonniers :
-          Un repas par jours, une carafe d’eau. Vous avez un sceau pour tout le reste. Wilde, tu devrais avoir l’habitude maintenant.
-          Ferme là ! Lèche-cul.
-          Tu sais que tu peux gagner un jour de plus pour avoir insulté un officier.
-          Et tu sais que j’peux filer les magasines de Vhurn à Aïsla, et lui expliquer c’que tu fais dans la cuisine avec le lieutenant Feuillelune.
Le sergent eut un petit rire malicieux, puis se retira. Alexar se permit un autre juron, puis s’assis dans un coin en croisant les bras pour faire la moue. Keelen fit de même. La cellule lui rappelait celle où il avait été incarcéré avant d’être sauvé par Feggraï. Le druide lui manquait cruellement.

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MessageSujet: Re: Les Loups du Nord   Dim 30 Avr - 16:12

Chapitre 6 :
Korkorov
 
De la sueur. Beaucoup de sueur. C'était tout ce que Keelen sentait. Il avait encore rêvé de la nuit où il avait vu sa mère pour la dernière fois, avant qu'elle ne devienne une bête aveuglée par la rage. Il ne se souvenait pas avoir crié comme la dernière fois, mais ses yeux étaient un peu humides. Il faisait si noir qu’un humain ne verrait rien, mais tous les worgens étaient nyctalopes, une des nombreuses aptitudes de la malédiction, qui permit à Keelen de remarquer Alexander qui le fixait avec un air confus. Il n’y prêta qu’une brève attention, avant de repartir se coucher plus loin.
-          Ça m’arrive aussi des fois, de me réveiller comme ça en pleine nuit.
Keelen l’ignora et s’allongea sur le sol de pierre glacé.
J’avais un frère, poursuivit Alex. Il s’appelait Brian. On s’disputait souvent, mais un jour j’ai voulu lui offrir quelque chose. J’avais volé un p’tit soldat en bois et j’lui avais donné le soir, sans que personne le voit. Un jour mon père l’a découvert et il l’a foutu au feu. Brian s’est mit à pleurer. Mon père lui a foutu un coup d’poing… ça l’a projeté à terre. Sauf qu’il s’est pas arrêté. Il a continué à le frapper, jusqu’à ce que ma mère le supplie d’arrêter. Elle s’est mangé deux baffes pour ça. Et après il a pris sa ceinture et m’a frappé avec.
Keelen se retourna vers Alex
Y a des nuits ou je rêve de tout ça. J’me réveille en sursaut, en train de chialer comme une gamine… 
Keelen resta interloqué dans le noir. Son histoire semblait bien moins cruelle face à ce qu’avait vécu ce garçon.
-          Je rêve de ma mère, avant qu’elle se fasse tuer.

Aïsla reconsidéra sa décision sur Keelen. Elle était sûr de pouvoir en faire un de ses « chiens de garde » comme elle avait l’habitude d’appeler ses gardes du corps. Alexander était une belle réussite, et Keelen serait du même niveau. Elle en était persuadée.
Il lui fallut du temps, mais Keelen se découvrit un certain talent pour le maniement des armes d’hast. Il en fit son style de combat favoris, jusqu’à atteindre le niveau du Sergent Valshir, qui se battait avec une hallebarde. Plusieurs années passèrent avant que les deux worgens puissent se considérer comme des amis. Alex avait sauvé plus d’une fois Keelen pendant des nuits de chasse, et ce dernier lui en était très reconnaissant, mais il ne l’avait jamais remercié.
Kemestan Valshir était un mauvais perdant. Keelen l’avait encore défié publiquement.
-          La hiérarchie ne s’applique peut-être pas aux chiens d’Aïsla, mais je te jure que cette fois tu vas le regretter, le clébard.
Keelen dévisageait Kemestan, n’affichant qu’une expression froide et impassible. Selon lui tout combat requéraient une extrême concentration, aussi ne devait-il pas réagir aux provocations. La patience. Aïsla disait que c’était sa plus grande qualité. Pour lui, c’était la façon la plus sûre de gagner un combat. De ce fait il n’attaquait jamais le premier. Il pouvait attendre le premier coup aussi longtemps qu’il le fallait.
Kemestan se lança. Il arma sa grande hallebarde sur sa gauche. Leur taille rendait ce genre de coup difficiles à esquiver. La parade était plus sûre. Keelen bloqua l’attaque, et abattit sa guisarme sur son adversaire. Sa lame était beaucoup plus grande que la normale. Il l’avait fabriqué lui-même, car les armes d’entrainement étaient en bois. Il continuait à apprendre la forge, mais son niveau ne lui permettait pas encore de forger des lances.
Les parades et contre-attaques s’enchaînèrent pendant quelques minutes. Keelen jouait sur la fatigue. Il était bien plus endurant dans ses premiers jours de soldats et pouvait faire durer les combats, ce qui agaçait souvent ses adversaires.
-          Tu continues à t’enfuir chien ? Tu vas toucher le mur.
Cette fois Keelen chargea. Kemestan s’attendait à un coup d’estoc et exécuta la parade. Le coup ne vint jamais. A la place, Keelen lui porta un coup à la tempe gauche avec le manche. L’elfe para de justesse, ce qui l’obligea à se déséquilibrer. Le worgen le savait, et il réitéra son coup, bien plus fort, alors que l’elfe préparait déjà sa riposte. Kemestan reçut le coup de plein fouet et tomba violemment au sol. Il voulut se relever, mais le worgen le bloquait déjà avec son arme. Pour la première fois depuis 500 ans, Kemestan avait perdu un duel. Il repoussa brusquement l’arme de Keelen et quitta l’arène en appuyant sur sa tempe qui saignait. Keelen se permit un léger sourire, chose de plus ne plus rare chez l’adolescent, qui devenait de plus en plus apathique à mesure qu’il grandissait. Personne ne vint le féliciter pour sa victoire. En fait, personne n’aimait vraiment les deux worgens. Les elfes les voyaient plus comme des armes dangereuses contrôlées par le commandant.
-          Grisegueule, appela un soldat qui s’avançait vers lui. Le commandant vous veut dans son bureau. Immédiatement.
Aïsla était assise derrière son modeste bureau en bois. Elle portait toujours la même armure de cuir décoré. Six années n’avaient rien changé à cette pièce si sinistre, où la lumière peinait à s’introduire à travers une fine meurtrière, pour se refléter sur des armures faites de cuir bouilli et de plaques de thorium. On trouvait de chaque côté de la porte deux râteliers où trônaient des armes que Keelen rêvait de manier un jour. Mais il s’agissait de la collection du commandant, et ils n’étaient là que pour décorer.
-          Vous avez demandé à me voir commandant ?
Keelen se tenait au garde-à-vous. Certains disaient qu’Aïsla l’avait bien dressé, mais pour le worgen, il s’agissait plutôt d’une marque de respect envers celle qui a fait de lui le guerrier qu’il avait toujours rêvé d’être. Il prenait presque goût à la discipline militaire.
 Le commandant l’autorisa à s’asseoir :
-          J'ai appris votre victoire face au sergent Valshir.
Keelen se contenta d’un simple hochement de tête. Ce n’était pas le moment approprié pour fêter cette victoire. Aïsla poursuivit :
Mais je ne vous ai pas fait venir pour vous féliciter. Il y a deux jours j’ai envoyé Alex en éclaireur avec deux hommes vers le camp Zoram’gar. C’est un avant-poste orc à l’Ouest. Astranaar est sur le chemin qui relie ce camp à Bois Brisé.
-          C’est une mission de sauvetage ?
-          Possible. Alex n’est pas rentré et cela m’inquiète. Vous partirez avec la druidesse Tamalia. Elle vous sauvera si ça tourne mal. N’attaquez que si nécessaire. Ces puants n’attendent qu’une bonne raison pour marcher sur ma ville. Ne la leur donnez pas.
-          Ils le feront de toute façon commandant.
-          Le plus tard sera le mieux. Tamalia vous attend à la sortie du fort.
Keelen salua Aïsla. Elle l’interpela avant qu’il ne quitte la pièce :
J’aurais préféré que Feggraï vous accompagne, mais il est introuvable en ce moment.
Il acquiesça et parti rejoindre la druidesse.

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