La Garde Cendrée

S'ils se tiennent derrière toi, offre leur ta protection.
S'ils se tiennent à tes côtés, offre leur ton respect.
S'ils se tiennent sur ta route, ne montre aucune pitié.
 
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 Codex Doom

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Doom
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MessageSujet: Codex Doom   Ven 4 Déc - 20:11

BACKGROUND

« Il vient d'où lui ?
- Une ferme à la con, pas loin d'Austrivage. Ses parents sont morts.
- Dur... Il avait quelque chose sur lui ?
- Juste ses fringues. Et encore, elles puent et elles valent que dalle. Les culs-terreux... »
Ma vraie vie a commencé ici. Deux gardes de Hurlevent qui m'tiennent la main pendant qu'ils me trainent à l'orphelinat. Enfer. Mes parents venaient de se faire bouffer par des goules, j'avais pas dormi depuis deux jours, j'avais faim et j'avais soif. Mes putains d'yeux étaient rouges à force de chialer. Ou alors c'était la crasse et la poussière...
« Comment s'appelle-t-il, fit une voix de femme, il me faut un nom pour l'inscrire.
- Un nom à coucher dehors.
- Virgile-truc... je sais plus. C'est écrit là. »
Virgile-Emmanuel Salomon Jr. Carrington. C'est un nom de merde. Mes parents aimaient les noms de merde... Et j'ai décroché le gros lot. La grande loterie de la vie. Si y'avait une case où faut pas foutre le pion, j'ai marché en plein dedans.
« Tu seras bien ici. C'est fini. Les goules ne viendront pas... »
La vieille peau qui servait de directrice de l'orphelinat me prend dans ses bras. Elle s'est agenouillée pour ça. Elle a beau être moche, elle sent bon. Je chiale. Des putains de larmes chaudes qui coulent le long de mon p'tit visage de morveux. Elle m'essuie les yeux avec son torchon crade. Puis elle me conduit dans un dortoir. Un dortoir mixte. Des gars et des nanas qui dorment, sans se soucier des autres. La pièce est tout juste éclairée par la lumière de la lune. Putain de lune.
Je remarque qu'elle regarde mes yeux. Mes yeux... Ils sont verts. Ma mère disait qu'ils étaient d'un joli vert. Enfer. Peu importe la beauté. Peu importe l'amour. Peu importe la gloire... Je fixe le vide. Je me concentre sur mes pensées. Ce que j'ai vu. Ce que j'ai fais... Peu importe. Je vais vivre.

Chapitre 1 : L'Armée

Je vais vivre. Peu importe comment, mais je vais vivre. Pour quoi, pour qui, je m'en fous. Mais par orgueil, pour narguer le Fléau, pour montrer à ces connards qu'à force de jouer avec les vies des gosses, y'allait en avoir un pour les défoncer tous. J'allais vivre, putain.
J'étais au garde à vous. J'avais froid. Et j'avais mal aux côtes... Mais j'étais en vie.
Le capitaine était venu nous causer en personne. Ce salopard avait foutu sa belle armure dorée, et était sur son beau p'tit ch'val, avec son tabard de pédale. L'Alliance. J'en avais rien à branler de l'Alliance. Tout ce que je voulais, c'était mettre la misère au Fléau. Avoir les mains autour du cou de cet enculé de Roi-Liche. Lui chier dans le cou que j'aurais découpé avec mes dents. Et si je devais tuer des orcs pour ça...
J'ai jamais détesté les orcs. Les Rochenoires ont peut-être merdé, mais ils avaient rien à voir avec les orcs de la Horde actuelle. Ceux-là sont bons. Je le sais. C'est tout. Toute la Horde est bonne. Elle essaie juste de survivre. Les trolls ? Ils ont failli tous crever sur une île au milieu d'la mer. Les taurens ? Ils connaissent le vrai sens du mot amitié. Les réprouvés ? Ils étaient comme nous avant. Des humains. Des elfes. Qui se sont battus et qui sont morts pour nous protéger. Et qui continuent de le faire dans la mort. Tout en se faisant oublier sévère par leurs familles planquées ici, et qui bouffent sur le compte des mecs de Hurlevent qui étaient bien sympa de nous accueillir alors qu'on les a snobé pendant des années.
Merde. J'veux pas tuer d'orcs...
« Votre escouade sera en première ligne pour appuyer un détachement d'artillerie. Vous ferez sortir les orcs pendant que nos alliés nains les pilonnent. Cela peut sembler être une mission suicide, vu que l'artillerie est peu précise, mais, si vous survivez, vous pourrez raconter à un paquet d'elfettes vos prouesses. »
Un caporal me file un coup dans l'épaule, avec un sourire de gros vicelard de merde. Tout le régiment sait pour Asyna Corbelune et moi. Merde. Une elfe pareille... Une sacrée sentinelle. Qui faisait exploser trois têtes de zombies avec ses glaives, avant de buter le nérubien d'un coup d'épée, pour finalement abattre le nécromancien qui se barre avec son arc. Elle avait un mental de rêve. Une nana comme on en fait pas chez les humains. Et un corps qui ferait tourner la tête du pédé consanguin noble du coin. Y'a fallu qu'elle soit gouine. Putain. Faut toujours qu'elles soient gouines.
« En sommes, évitez de vous attarder à les combattre. Vous les attirez, et vous courez. Des questions ?
- Violettes ou blanches, les elfettes ? J'ai pas de préférences entre les deux, juste pour savoir... »
Des éclats de rire. Même le capitaine se marre. Pauvre con. M'enfin, je m'attendais à quoi ? Y'a déjà pas de respect pour nos femmes, les humaines. Alors pour des elfes...
« Rompez, messieurs. »

« Petit, c'est quoi ton nom ?
- Carrington.
- Okay, gamin. Prend ce flingue, tu vas nous couvrir de loin. »
Le vieux vétéran borgne me refile un fusil de chasse, enfin, me le fout dans les pattes sans trop me demander mon avis, plutôt. Chambré en .38, il semblait assez robuste. Assez pour pouvoir cogner avec la crosse une fois que j'aurais plus de cartouches. Mais le corps à corps, c'est du suicide.
J'portais pas l'uniforme réglementaire, j'en avais pas encore le droit. J'étais trop jeune. J'étais conscrit, alors... Je portais juste un patchwork d'armures. Une épaulette en plaques de métal, une cotte de maille par dessus mon uniforme bleu. Et des bottes en cuir moisi que m'avait offert la vieille Palmer, la meuf de l'orphelinat quand j'suis parti pour faire l'armée.
Face à Joe le Borgne, le vétéran, j'faisais peine à voir. Il avait un œil en moins et une gueule à faire vomir les nénettes les plus désespérées, mais au moins son armure puait le respect et protégeait quelque chose.
« CHARGEZ ! »
Joe le Borgne est le premier à cavaler sur les lignes orques. Et est le premier à se faire mettre en pièces par la hache d'un grunt. Pauvre con. Même moi je l'aurais deviné. Il a pas volé ses cicatrices... J'en aligne un. Je ferme les yeux. Hors de question de voir ça... Je tire... Un cri. Un cri étouffé.
« Joli tir, p'tit gars ! Tu lui a niqué un œil ! »
Ça, c'était pour Joe, fils de pute.
Un camarade se fait tailler en pièces à côté de moi. Un bout de bras se retrouve sur mon épaulette unique. Au moins on peut dire qu'ils plaisantent pas quand ils ont la rage, les verts.
Je l'aligne, lui aussi. Je ferme pas les yeux cette fois. Et je tire. Je fais exploser le crâne de l'orc. Y'en a partout. Du sang, du cerveau, des bouts d'ossements. Même une dent.
« TENEZ VOS POSITIONS ! TIR D'ARTILLERIE ! »
Enfer. Ils ont même pas attendu qu'on se recule. Connards à barbe.
Les obus des chars de siège pleuvent. Y'en a partout. Et je parle des chairs carbonisées. Chair humaine, chair orque... Peu importe. Tant que le noble Hurleventin boit sa daube de prune dans son verre de cristal.
Jimmy « Branlette » rampe vers moi. Il a plus de jambes. Il gueule à l'aide. Le sergent me gueule dessus aussi. Il veut qu'on avance. Mais je laisse pas le copain au sol. Je le chope par les bras et je le traîne derrière un rocher. J'lui fous des bandages. En espérant que quelqu'un vienne le chercher.
J'me relève. Et j'me retrouve nez à nez avec une orque. Une chamane, vu la gueule de ses fringues. Une belle armure en mailles. Avec des figures d'animaux sur les épaulettes. Des loups avec des crocs géants. Des Worgs, si j'ai bien compris.
Elle bouge pas. Moi non plus. On s'regarde pendant bien deux minutes. Elle saigne. Elle veut pas se battre.
Moi non plus.
Elle me dit un truc en Orc. Je pige rien. Mais elle a pas l'air méchante. Elle s'approche de Jimmy « Branlette », incante un truc, et soigne ses plaies. Ses jambes repoussent pas. Mais au moins il gueule plus. On dirait qu'il saigne plus surtout.
Je la remercie comme je peux. Elle me sourit. Enfer. J'veux vraiment pas tuer d'orcs.

« Carrington, vous avez fait une belle prise, mon p'tit ! Ligotez-la messieurs. Ce soir, on va s'détendre les miches en pétrissant la pâte... »
Je lui lance un regard méprisant comme je savais pas encore les faire à l'époque. Ça le fait marrer. La défiance... On dirait qu'il aime mater les cabots. Surtout ceux qui sont pas d'Hurlevent. Enculé de merde. Deux gars, pas du bataillon, la ligote. Sûrement des policiers militaires, les mecs qui s'assurent qu'on fasse pas les cons entre deux batailles. Ils baissent la jupe de l'orque. Elle crie.
« Amuse-toi avec elle, Carrington.
- Va te faire foutre, mec, nan !
- C'est un ordre, soldat !
- J'ai dis nan.
- Tu veux vraiment passer en cour martiale alors que tu peux passer du bon temps avec cette pute verte ? »
Un type s'est pas gêné. Il commence à la violer. Comme ça. En plein milieu des cadavres, juste à côté de Jimmy qui a pas l'air trop emmerdé de voir sa bienfaitrice se faire enculer à sec par un salopard de compet'. Bordel de merde !
J'sens un truc qui remonte. De la haine. De la colère. J'ai envie de gerber. J'vais gerber du .38...
Je prend mon flingue et j'fais éclater la cervelle du violeur. Y'en a partout et c'est dégueulasse, mais j'me sens bien. J'actionne la culasse, je remet une cartouche dans le flingue, et j’abats l'officier. Lui aussi dans la tête. Boom.
C'est plaisant, putain. Les flics militaires se jettent sur moi. Ils me tabassent. J'perd connaissance en regardant cette orque inconnue s'en aller. Casse-toi, petite. Très loin. Azeroth, c'est l'enfer. Et l'enfer c'est qu'un mot...

Chapitre 2 : Prison

… ce qu'il y a réellement en dessous est encore pire.
« Engagé Virgile Carrington, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Que j'allais pas m'abaisser à violer une nénette parce qu'un connard m'a demandé de le faire.
- Restez poli en présence de la Lumière et de la figure du Roi, jeune infidèle ! »
Je soupire. Je déteste les tribunaux. Et là, c'est mon procès qui se tient. Pas mon premier bien sûr.
Jimmy « Branlette » est venu. Ah ça ouais, il est venu. Pour témoigner de mon refus d'obéir aux ordres. Pauvre sous-merde consanguine. Je t'ai sauvé la peau. Elle t'a sauvé la peau. Abruti.
J'allais me prendre trente ans de prison. Vingt pour les deux meurtres, cinq pour désobéissance à un ordre, et cinq de plus pour blasphèmes consécutifs. J'y peux rien si j'en ai rien à foutre de leur Lumière, de leur sainteté et de ces conneries.
Envoyez-moi au trou, ouais. Envoyez-moi au trou...

Un garde m'accompagne jusqu'à ma cellule. Il a pas l'air trop con. Il m'a même glissé un petit « Merci d'être resté digne jusqu'au bout, gamin. » quand il m'a récupéré, devant la prison. La prison de Hurlevent... Quand j'étais gosse, avec les copains, on se racontait des histoires à son sujet. Qu'il y avait des monstres enfermés dedans. Qu'elle était hantée par les fantômes de tous les mecs qui étaient morts dedans. Que quand on y entrait, on en ressortait jamais.
Enfer. On était loin de la réalité.
En prison, le plus dur, c'est la première semaine. Dormir dans la crasse et les cafards. Manger une fois par jour, si le copain de cellule te plante pas pour piquer ta bouffe. Une douche par mois, et faut pas faire tomber le savon. Et faut surtout pas être hétéro. Putain de vendredis « folies »...
Je m'en tirais à chaque fois. J'ai même pris deux ans de taule en plus, au total, avec tous les types que j'ai boxé parce qu'ils ont essayé de m'enculer pendant que je dormais. Si les voies du seigneur sont impénétrables, les miennes le sont encore plus.

La vie en cellule, c'est comme un petit ruisseau. Bosselé, mais relativement droit. Les jours passent. Personne vient me voir. Je me fais pas d'amis. Juste des ennemis. Des p'tits délinquants à la con qui vendaient de la dope. Des patrons de mafia à qui j'fais bouffer leurs chapeaux. Je me suis même mis à cloper. Les gens savaient qu'il fallait pas me faire chier...
Jusqu'à ce jour.

« Carrington, y'a un mec qui veut t'parler.
- C'est qui ?
- J'sais pas. Ramène-toi. »
Le garde me fout les menottes. On traverse les couloirs, sombres et crades, de la prison. Jusqu'au parloir. Un type en costume trois pièces est assis en face de la vitre. Une belle barbe bien taillée. Une belle gueule qui ferait chavirer les pédales de la taule et les nénettes de dehors.
« Vous êtes Virgile Carrington ?
- Ouaip. »
J'allume une cigarette, et j'approche mon visage de la vitre. Pour qu'on puisse mieux se voir.
« Monsieur Carrington, je me présente. Je suis Erik Prince. Président de la société militaire privée Eau-Noire. Votre profil nous intéresse. Nous ne recrutons pas le soldat lambda, mais ceux qui ont foi en leurs convictions. Or, votre injuste condamnation pour être resté humain jusqu'au bout nous indigne, le conseil d'administration et moi. J'ai décidé de vous acheter, de vous remettre en liberté, et de vous proposer un poste chez nous, dans la société. Accepteriez-vous d'être un des moteurs de Eau-Noire, monsieur Carrington ?
- Putain, ouais. Où est-ce que j'signe, m'sieur Prince ? »
Le mec sourit. Il semblait ravi. Il fait passer des papelards au maton, qui me les refile. Je signe, je les refile au maton. Même petit jeu.
« Vous êtes désormais libre, monsieur Carrington.
- Bordel, c'est pas trop tôt... »

Je sors de la prison. Une valise dans les mains. Je me suis fringué du mieux que je pouvais. Le chauffeur m'attend, dans une bécane hors de prix. Merde. Ils ont les moyens de me faire venir en bécane...
On traverse Hurlevent. Puis on sort. Le chauffeur me dit de foutre un sac sur ma tête, pour pas voir le chemin. J'obéis. J'veux pas froisser le nouveau patron.
Il se passe plusieurs heures sans que rien d'autre que le bruit du moteur passe dans ma tête. J'ai peut-être du m'endormir. J'en sais rien...
En tout cas, le chauffeur s'est arrêté. Il me prend la main, et on marche pendant cinq minutes. Je commence à flipper un peu.
Il me fait m'asseoir. Et finalement me retire le sac. J'suis ébloui, ces cons ont mis une lampe en plein dans ma gueule. Le type en face de moi attend que j'ai repris mes esprits, et finalement parle.
« Prince m'a prévenu. Vous êtes la nouvelle recrue, hein... Je suis le colonel. Vous ne connaîtrez pas mon nom. Sachez juste que là où Prince dirige officiellement les opérations, je suis le véritable chef de Eau-Noire. Et avant que vous ne nous serviez, vous allez passer une visite médicale... »

J'me retrouve sur une table d'opération. À poil. Il fait froid. Y'a que le colonel et un toubib. Ils parlent entre eux. J'entends quasiment rien sauf...
« Il n'est pas très malin, mais, n'oubliez pas. Il ne doit rien savoir. »
Le médecin acquiesce. Et les deux s'approchent de moi.
Ils m'attachent avec des menottes à la table. Je flippe un peu.
« Très bien, Virgile. Nous allons vous rendre digne de notre organisation. »
Le doc' met des gants et un masque. Il s'approche avec un scalpel. Là, je flippe pour de bon...

Il me taille dans le lard. Il me prend des échantillons. De peau, de muscles, d'os. Ça fait tellement mal... Pour « m'améliorer », qu'ils disent. Les fils de pute. Ils me prennent mon sang, maintenant.
« Ça suffit, docteur. Passez aux choses sérieuses.
- Oui, mon colonel... »
Le toubib chope une seringue qui traînait sur le plateau à côté. Y'a un liquide gris dedans, presque transparent. Il l'approche de mes testicules. J'ai beau gueuler et me débattre, il arrive à la rentrer juste à côté de ma couille gauche, dans le canal déférent. La douleur... putain, cette douleur...
Il arrête. Et la plante dans le canal droit. Même chose. J'arrive plus à crier.
« Nous sommes certains que votre patrimoine génétique ne tombe en aucune main que ce soit, monsieur Carrington. En d'autres termes, vous n'aurez jamais d'enfants. Vous castrer aurait été plus simple, mais... Peu esthétique. Poursuivez docteur. »

Ce boucher reprend. Il m'ouvre le bide. Il observe tout. Mes organes. Mes chairs. Mon cœur. Mes poumons. Ma façon de respirer... Tout.
« La vivisection est... formelle. Monsieur Carrington pourra servir. Il est... apte au service.
- Très bien, docteur. Recousez-le et faites-le passer devant le chaman. Il embarque bientôt... »

[Cette partie sera débloquée une fois qu'une certaine mission aura été accomplie par un membre de la guilde.]

Chapitre 3 : Cannibales sur le pont

« Larguez les amarres ! »
Bordel. C'est pas trop tôt. J'ai jamais été très proche de la flotte. Alors embarquer pour Kalimdor, c'était une première... Deux semaines sur un rafiot merdique, avec des marins, avec pour seul ami la bouteille de rhum qu'ils ont bien voulu me refiler.
La mission est simple. On transporte un artefact, d'Hurlevent à Cabestan. L'origine est inconnue, mais, honnêtement, je m'en fous. Ce qui compte, c'est la paie à la fin. J'suis sur le « Phobie », un bateau humain. Pas le dernier cri, mais ça en jette quand même...

Le capitaine du rafiot vient me voir. On se serre la patte.
« J'suis content qu'vous soyez là. Monsieur Prince m'a dit que vous étiez un bon élément. C'est vrai que vous avez tué des orcs ?
- Et pas que.
- Waah... C'est quoi votre histoire ?
- Y'a pas grand chose à dire. Orphelin, soldat, taulard. Mercenaire maintenant.
- Vous avez grandi où ?
- Hurlevent, dans la vieille ville surtout. Mais j'suis né dans une ferme pourrave à côté d'Austrivage. Parait que c'est les réprouvés qui tiennent la zone maintenant... »
Il incline la tête et retourne bosser. Enfer. J'savais pas que j'inspirais autant la... crainte ? Le respect ? Mais je m'en fous aussi. Je termine ma flasque de rhum. J'aime pas trop ça, mais, on fait avec ce qu'on a...
J'allume une cigarette en regardant le port d'Hurlevent s'éloigner au loin. Le phare, le château, la cathédrale... Enfer. J'aurais jamais cru dire ça. Mais Hurlevent me manque déjà.

Le rhum est bon deux fois. Quand on le boit, et quand on le pisse. Or, vient un moment où il faut pisser. Je cherche un coin dans le bateau. Les quartiers de l'équipage, la cale, la réserve... Pas un coin où me vider. Je me résout à entrer dans la cabine du capitaine pour lui emprunter les toilettes. C'est long, c'est bruyant. Et ça pue...
En sortant, je prend le temps de regarder les trésors que ce mec a ramassé. Des richesses, des livres. Des portulans et un sextant sur la table. Un globe du monde. Y'a que Kalimdor et les Royaumes de l'Est dessus. Le Norfendre y apparaît pas, alors que même moi je sais que ça existe.
Je tombe aussi nez à nez avec une créature de rêve. Comme on en fait pas ailleurs, comme on en voit que dans les magazines. Enfer.
Un fusil de chasse à deux canons juxtaposés. Calibre 12. Fait avec de l'acier trempé à Forgefer et du bois d'Orneval.
« Attend moi ici, beauté... »

Je ressors de la cabine. Je m'attendais à me faire incendier ou au moins engueuler par le capitaine. En fait, je m'attendais à tout. Sauf à ça.
Le capitaine se tient devant moi. Il a la tronche en vrac. Comme s'il s'était battu.
« Hey, mec. Ça va ? »
Il lève lentement la tête. Il pisse le sang. Il a des dents en moins. Et de la chair entre les dents.
« Y'a pas de viande fraîche sur un rafiot. Sauf de la viande humaine... »
Je sais pas ce que c'est que cet artefact. Mais il a du rendre dingue le capitaine. Et donc forcément les aut' marins... Je cherche pas plus loin.
J'entre dans sa cabine, je m'empare du fusil de chasse.
« Groovy... »
Je l'aligne... Deux cartouches vidées dans sa tête, broyée sous la volée de plombs. Y'a des morceaux partout. Le cadavre bouge encore un peu, réflexe nerveux. On dirait qu'il cherche sa tête. Pauvre bougre. Mais j'me sens étonnamment vivant...
Je fonce dans la réserve faire des... réserves de munitions. Plein de cartouches de calibre 12.
« V'nez prendre vot' raclée... »
Je défonce une porte. Et une autre. Je tire dans le tas. J'explose les jambes d'un mec. Le torse d'un autre. J'écrase la crosse sur un type. Je remonte sur le pont, à la hâte. Ils sont tous autour de moi. Ils me regardent comme je regardais une pièce de bœuf quand j'étais en taule.
Je tire, je tire, je tire. Du sang. Encore du sang. Des bouts de cadavres. Des morceaux de chair. De la tripaille. Le silence. Tout le monde est mort. Sauf moi.
Putain j'aurais pu être marin.

Chapitre 4 : Lidra Wyrtam

Je pose enfin pied à terre. Heureusement pour moi, ils avaient prévus de quoi bouffer à trente pour au moins un mois. À part l'ennui, rien à signaler.
Prince et le colonel m'attendait, accompagnés de gob' en armure de combat. Ils pointent leurs flingues sur moi.
« Vous êtes licencié, monsieur Carrington. Nous n'avons plus rien à nous dire. »
Ils entrent dans le bateau. Et en ressortent avec l'artefact. Un truc Qiraji. M'étonne même pas que ça ait déglingué le cerveau de ces pauvres trouducs. Je soupire. Je vais au bar.

Pas grand monde ce soir. Je sais même pas quel jour on est. Y'a une bande de fêtards qui squatte pas mal de tables. Je vais au comptoir, à côté d'une nénette qui a sa capuche sur la tronche.
Plutôt grande, élancée. Fine. Elle a des talons hauts sur des bottes en plaques de métal. J'avais jamais vu ça avant. Une armure en mailles. La capuche, évidemment. Une ceinture à laquelle pend un paquet de gadgets et d'explosifs en tout genre. Deux arbalètes de poings. Une arbalète harnachée dans le dos. Deux carquois avec des carreaux. Elle se tourne vers moi. Elle a un foulard rouge le long de son cou. Une mèche noire dépasse de la capuche et tombe. Elle a un nez tout fin, les traits fins. Les yeux vert gangrené. Une elfe de sang...
« Salut. »
Elle me dit ça avec sa voix grave, mais pas dégueulasse ou masculine. Une voix de meuf qui pourrait tuer tous les fêtards rien qu'avec une arbalète. Mon genre de meufs.
« J'vous avais jamais vu ici. Remarquez, j'passe pas souvent. Moi et les bars... » qu'elle dit.
« Ouais... J'aime bien, pour l'alcool.
- Pas moi. Je préfère viser droit.
- Ah ? Vous faites quoi comme genre de boulots, pour vous trimballer avec tout cet équipement ? Et les talons hauts c'est pour-...
- Je chasse...
- Le gros gibier ? À Cabestan ?
- Les démons. »
Un gros silence. Je rit. Elle rit aussi... Enfer.
« Je m'appelle Lidra. Lidra Wyrtam. Et vous ?
- Virgile... Carrington. Ouais, je sais, ça pue comme nom.
- Oh, ça va. Il y a pire.
- C'est rare de voir une elfe qui parle le commun. D'ordinaire, on s'fait tirer dessus à vue, du coup...
- Je suis neutre, dans toutes ces histoires. J'ai un ennemi bien plus important que l'Alliance.
- Les démons d'la Légion ? »
Elle acquiesce.
« Et vous... Virgile ?
- J'viens d'me faire licencier. Avant ça, j'étais soldat. Puis taulard. Puis mercenaire. Là, je cherche un job...
- Vous avez fait quoi pour vous faire virer ?
- J'ai buté une trentaine de zombies qui étaient mes collègues autrefois.
- Vous étiez sur ce bateau ? Le Phobie ?
- Ouais. »
Elle affiche un sourire. Enfer.
« Vous accepteriez de travailler avec moi ?
- Okay.
- Il vous faut un nom, par contre. Un pseudonyme...
- Doom. »

[Cette partie sera débloquée une fois qu'une certaine mission aura été accomplie par un membre de la guilde.]

« Ouais bah t'as pas dis où on irait...
- Chut, silence, Doom... »
Lidra et moi, on a traqué des bestiaux pendant des années. Le Roi-Liche, le cataclysme... On en a flingué des démons. Et ce soir, on allait tuer notre dernier démon ensemble. On traquait un garde funeste depuis une semaine. Et toutes les traces menaient à un village pourri en ruines tout au sud des Terres Foudroyées. Je sais qu'elle est née pas loin d'ici. Et je sais pas mal de trucs sur elle... En fait, j'suis tombé amoureux d'elle. Tombé amoureux de Lidra comme on tombe d'une chaise.
C'était soudain, pas au bon moment, pas au bon endroit, et ça a fait mal au cul. Mais une fois qu'on se rassied...
Elle pointe le démon avec son arbalète. Moi avec mon flingue, la fidèle. Chérie.
On tire en même temps. Le carreau de son arbalète vole et se plante dans son crâne, là où mes bastos lui plombent les ailes et lui arrachent un bras. Il gueule, il hurle, il profane. Il pisse le sang.
Lidra déteste les démons. Elle les hait. C'est son moteur.
Elle parle souvent de sa façon de combattre ; la haine et la discipline. Je pensais que c'était des conneries déblatéré par une ado elfe en manque de trucs sombres. Mais c'est bien réel.
Elle les hait. Et elle m'a transmis sa haine.
Elle calme ses nerfs en tirant dans le cadavre. Encore et encore. Encore... et encore...
Elle s'arrête enfin. Elle a plus de carreaux. Le cadavre est plus qu'une parodie macabre de porc-épic. Elle fond en larmes. Le stress qui retombe. Sûrement les souvenirs. Enfer. Je la prend dans mes bras. Elle approche sa tête de la mienne. Mon cœur se lâche, j'sens qu'il cavale comme si sa survie en dépendait. J'ai les mains qui tremblent, j'fais que balbutier des consonnes. J'ai les lèvres sèches.
Elle pose les siennes dessus.
Merde... Rouler une pelle à côté d'un cadavre. Si c'est pas le sens de la vie.
Elle se barre en remettant sa capuche. Lentement. Les petits « toc toc » de ses talons disparaissent au loin...
Enfer...
Je t'ai aimé, Lidra.
Mais faut passer à aut'chose.

Chapitre 5 : Mercenariat

J'me réveille avec le mal de crâne du siècle. Du millénaire, même, j'dirais. Je me suis tellement mis la misère... Soldat, taulard, mercenaire, tueur de démons. Maintenant tueur à gages. Enfer. J'ai vraiment tout fait dans ma vie.
Doom est devenu plus qu'un pseudonyme. Tout le monde me connait sous ce nom. Les contracteurs, les gens dans la rue, les mecs que je tue, les filles qui essaient de me draguer... enfin... dans mes rêves en tout cas. Avec ma tronche, c'est dur. Avec mon job et mon profil encore plus. Sauf si l'idée de sortir avec un assassin en enchante plusieurs. Et dans ce cas faut aller se faire soigner.
Je sors de mon pieu. Enfin, ce qui me sert de pieu. Un bout de carton plaqué à même le sol des quais de Hurlevent.
Tueur, c'est un boulot passionnant. On voit du pays. On rencontre des gens. Mais ça rapporte que dalle et c'est pas assez propre pour payer les factures.

Un café froid piqué à un docker plus tard, je met des fringues miteuses achetées d'occas'. Elles puent le mort. Mais chacun sa merde, pas vrai ? J'ai un contrat à exécuter avant demain. Et je pourrais faire ça que le soir. J'profite de la journée pour trouver des munitions et me prendre une armure pas trop naze. Va y avoir de la casse.

« Tu croyais peut-être que t'allais pas crever ce soir. … Surprise ! »
J'colle le canon d'mon fusil un peu plus contre la tête d'un fils de pute d'humain qui montait la garde pour son patron. J'attends pas sa réponse. Je l'bute. Point barre.
« Et les p'tits bouts d'os coincés dans la pierre, c'est du bonus... », que j'dis.
Je plie Chérie en deux, et je lui enfourne deux nouvelles cartouches de 12 dans la culasse. Je la referme...
J'enfonce la porte en bois d'un petit hangar sur le port. Pas le géant avec la canonière dedans, hein. Un petit. J'attends un peu que mes yeux se fassent à l'obscurité et... Un paquet de mecs me pointent avec leurs arquebuses de mes deux.
« Qui est-ce qui t'envoies ? » fait une voix au loin, avec un son trop aigu pour être humain.
Je répond pas. Je ferme ma gueule. Comme d'habitude. On me paie pas pour faire la causette avec ces fils de putes.
Un des gorilles, masqué mais sûrement orc, s'approche... Fatale et brutale erreur.
J'appuie sur la gâchette. Chérie crache l'intégralité des deux cartouches dans le ventre de ce connard. Il se tient les tripes, il s'est pissé dessus. Il appelle sa mère.
« C'est une façon d'étriper comme une autre, hein ! », que j'fais, en ricanant, avant d'abattre la crosse de Chérie sur sa sale gueule. J'fais voler des dents. Il arrête de geindre. Tant mieux. C'est chiant quand ils gueulent.

Deux nains avec des hallebardes essaient de m'arrêter. Pauvre cons. Le premier se prend une volée de plomb dans le crâne et termine comme son pote à l'entrée. Lui, à l'inverse, à gardé assez d'cervelle dans sa caboche pour gueuler à la mort aussi longtemps que ses poumons ont pu le permettre. Enfer. J'adore ça quand je repousse les limites du corps nain.
Le second a pas eu de chance. Il a essayé d'esquiver mon tir. Pauvre tâche de merde. On peut pas esquiver une balle. Y'a que dans les romans qu'ils y arrivent... Il se plante et se prend les plombs dans le bras. Bras qui vole, mutilé, pour aller atterrir pas loin. Il se tient le moignon, en rampant. Je lui enfonce le canon de Chérie dans la bouche. Il fait juste un « Gloups ».
« J'pourrais dire que j'suis désolé d'avoir à t'arracher la tronche, mais... Ça serait pas sincère. Bonne journée ! », que je dis avant de lui faire sauter le caisson.

Les moins cons ont compris qu'ils ont aucune chance. Ils se barrent en courant, pendant que j'abats ceux qui restent. Quand y'en a plus assez, je tire aussi sur ceux qui se barrent. Dans le dos. Ou en leur foutant des coups de pieds. Je chope le gnome qui gueulait tout à l'heure. Je connais pas son nom, je sais rien d'lui. Mais il m'a pas aimé toute la nuit, c'légionnaire...
Je le plaque contre le mur, je chope une lance qui traîne, et je l'empale avec contre le mur. Mon boulot et est mal rémunéré. Mais y'a des avantages en nature...
« Tu sais ce que je viens faire là. Dis-moi c'que tu sais...
- J'te dirais rien ! Attend qu'le SI:7 te tombe sur la gueule !
Et tu leur dira à eux ?
T'ira au trou ! Tu sais qui j'suis au m-... »
Il a pas terminé sa phrase. Je lui colle une tronçonneuse sur la gueule. Pas allumée.
« On fait comme tu veux, mais... Tu sais que j'ai pas mon brevet de secouriste. »
Il déglutit lentement. Avant de gerber cinq secondes après. Mais il parle toujours pas.
« Okay, dis rien. On va appeler le Docteur Doom. Chirurgie déréparatrice. »
J'souris, j'mets la tronçonneuse en route. J'approche lentement la lame de sa tronche.
« Terres Foudroyées ! Il est dans les Terres Foudroyées ! Me tue pas, j't'en supplie Doom !
- Bah tu vois, quand tu veux. Par contre, t'es inutile maintenant. Et j'ai pas envie que tu caftes. Salut ! »
J'retire la tronçonneuse de sa tronche, pour mieux la mettre au niveau de sa bite. Je remonte lentement la lame. Il hurle de douleur, il chie son âme par la bouche. Chaque goutelette de sang, chaque morceau de chair qui gicle est un vrai putain de cadeau.
Une fois coupé en deux, je refile un coup de pied à la moitié de gnome tranché qui traîne par terre. J'nettoie la tronçonneuse avant de la ranger. J'me prend une cigarette. Putain... Il a beau pas beaucoup payer, j'adore mon boulot.

J'ai rendez-vous dans un bar à Hurlevent, avec le contracteur. Une nonne. Prêtresse de la Lumière, tellement désespérée qu'elle a fait appel à moi. Elle cherchait son frère ou un truc du genre... Je m'en fous. Tant qu'elle paie.
Je m'appuie au comptoir avec mes bras. Quincy me refile mon classique. Un Strathofiddich 19, vieillit dix-neuf ans à Stratholme... Un putain de whisky rare. J'ai à peine le temps de boire une gorgée que la sœur se ramène. Elle faisait tâche dans ce trou à rats. La p'tite loupiote de la Lumière au milieu des fils de putes et des adorateurs de Sargeras.
Elle s'installe, toute propre et toute bonne, à côté de moi.
« Vous êtes une mauvaise personne, Doom.
- Bon, mauvais. Je m'en fous. J'suis le mec avec le flingue. Et les infos... Ça fera cinq-cent pièces d'or.
- Mais vous aviez dit trois-cent !
- Ouais, mais l'inflation, vous savez... Cinq-cent. Ou je garde cette info pour moi. »
Elle soupire, mais elle laisse quand même une bourse pleine à craquer sur le comptoir. Y'a pas cinq-cent pièces d'or. Mais je m'en fous...
« Vous savez être raisonnable, c'est bon de voir que la Lumière a pas encore effacé tout bon sens chez vous...
- Allez au diable, Doom. Dites-moi où il est !
- Terres Foudroyées. J'en sais pas plus. Démerdez-vous, j'ai rempli mon contrat.
- Mais ! Je... ne peux rien en faire ! Les terres foudroyées sont grandes !
- Ouais, et je m'en fous.
- Pour l'amour de Sa Sainteté la Lumière, vous devez m'aider !
- Devoir ? »
Je ricane, je termine mon verre.
Je me tire. J'la laisse avec ses doutes. Le boulot est fait. Point barre.
J'allume une clope. Il fait toujours nuit.
J'aime bien la nuit. C'est comme la neige. Ça cache la crasse et la misère. Ah ça, les héros, ils s'en foutent. Ils accomplissent des quêtes et s'enrichissent en combattant le mal... Par contre pour aider les aut', tu peux te brosser, c'est pas les marcheurs astraux, les régicides, les défenseurs d'un monde brisé qui vont t'aider.
Mieux. Si t'as pas de pièces d'or, tu peux te foutre l'aide au cul.

Dans la rue en sortant, y'a deux types qui parlent. J'comprends pas tout. J'suis bourré t'façons... Juste des bribes de phrases.
« … Garde Cendrée. Ils cherchent... renaissance... Légion Ardente. Mon cul. Ils reviendront pas de sitôt. »
J'y aurai pas prêté attention, d'ordinaire. Mais là, j'sais pas pourquoi. J'me sentais... concerné. Sans savoir pourquoi. Une sensation, une prémonition comme ils disent dans les bouquins. Une boule au ventre. C'était soit les nerfs qui me lâchaient, soit l'alcool qui remontait la pente, soit la sensation d'un truc à accomplir.
Mais je m'en fous. Je veux juste dormir. Je verrais demain.

J'suis réveillé par un putain de cafard qui se frotte contre moi. J'me lève de la paillasse que j'ai foutu dans un coin pas trop crade. Je râle, forcément...
« Putain de blattes de merde... », et évidemment le légendaire coup de fusil.
Une fois ce fils de pute éparpillé aux quatre coins de la ville, j'me remet les idées en place.
Pas de contrats aujourd'hui, j'ai faim que depuis huit heures...
Enfer. J'vais m'renseigner sur cette Garde Cendrée.


Je fous Chérie dans son harnais, dans mon dos. Je porte des fringues pas trop crades.
J'vais dans une taverne et...


(La suite est située plus bas. Vu qu'il y a une limite à la taille d'un post...)

Les listes en dessous s'étofferont au fil des découvertes, aventures et cadeaux.

ARMEMENT

Chérie

Fusil de chasse à canons juxtaposés (« Coachgun »)
Calibre 12 (Recul moindre, portée faible, dégâts faibles, augmentés à courte portée, médiocres à longe portée)
Culasse surpuissante (Dégâts augmentés, surchauffe augmentée)
Garde-main renforcé naphte (Précision augmentée)
Compensateur tactique « Kipik » (Précision augmentée, peut être utilisée pour poignarder l'ennemi)
Crosse en noyer (Standard)
Deux canons (Standard)
Cartouches chambrées dans les canons manuellement, 2 cartouches.

Chérie est le fusil de chasse qui a sauvé Doom sur le « Phobie », le navire de la société Eau-Noire où il risqua de perdre la vie. Il semble s'être attaché à l'arme, au point de la baptiser de ce petit sobriquet amoureux.
Bien que d'une conception standard et datée, le fusil fait preuve d'une étonnante puissance de feu...

Sophie

Carabine de chasse (Fusil à lunette)
Calibre 0.308 (Recul important, portée longue, dégâts importants, portée sans influence sur dégâts)
Culasse précise (Précision augmentée, dégâts diminués, cadence de tir diminuée)
Garde-main renforcé ébène (Précision augmentée, recul diminué)
Canon allongé (Précision augmentée, dégâts augmentés, stabilité amoindrie)
Crosse en naphte raffinée (Précision augmentée, stabilité augmentée)
Canon unique (Standard)
Chargeur 10 cartouches (Standard)
Pointeur laser (Portée 100 mètres, couleur rouge)
Lunettes x4 à x16 (Augmente la portée, améliore la précision quand utilisée)
Visée nocturne (Améliore la précision et annule la pénalité de combat de nuit)
Affichage sur ATH possible (Améliore grandement la précision si utilisé avec des lunettes d'ingénieur)
Baïonnette en ectofer (Permet de poignarder l'ennemi)

Nommée en l'honneur de la bien-aimée Sophie McIntyre, une actrice de charme, cette carabine de chasse a été « trouvée » sur le cadavre d'un tireur d'élite de l'Alliance qu'il a assassiné il y a longtemps.
Bénéficiant des meilleures technologies de l'Alliance à l'époque, ce fusil est incroyablement cher, et incroyablement puissant...

Doomstick

Fusil de combat à pompe (Fusil à pompe)
Calibre 12 (Recul moindre, portée faible, dégâts faibles, augmentés à courte portée, médiocres à longe portée)
Culasse ventilée professionnelle plaquée titane (Dégâts améliorés, surchauffe amoindrie)
Poignée professionnelle naphte raffinée (Précision augmentée, stabilité augmentée)
Fragmenteur tactique (Précision augmentée, portée augmentée, plus de plombs)
Canon allongé (Précision améliorée, dégâts améliorée, stabilité amoindrie)
Crosse tactique à compensateur de recul (Précision augmentée, stabilité augmentée)
Canon unique (Standard)
Chargeur étendu 12 cartouches (+4 cartouches dans le chargeur)
Module tactique militaire Pointeur Laser / Lampe Torche (Permet d'annuler la pénalité de combat de nuit OU pointer laser portée 75 mètres couleur rouge)
Viseur XPS2 (Améliore la précision quand utilisée)

Originellement, Doomstick était un simple Grinsky 880, lui-même une version militaire du Grinsky 800. Acheté pour quasiment rien à un marchand gobelin ivre, Doom le fit modifier par un maître-armurier avec des pièces trouvées sur des armes ennemies, ou offertes, afin d'en faire une arme au potentiel de destruction légendaire. La seule chose qu'il reste du fusil d'origine est le tube du canon.
Totalement modifié avec des matériaux originaires de Draenor, ce fusil compense son grand âge, en délivrant une volée de plomb à la seconde, rivalisant avec les arquebuses et même certaines carabines chambrées en 5,56mm quant à la précision. Si Doom pointe son Doomstick sur vous, vous savez qu'il faut courir. Vite.

Guerrier de la Route

Fusil de chasse à canons juxtaposés sciés (Lupara)
Calibre 20 (Recul nul, portée faible, dégâts faibles, augmentés à courte portée, médiocres à longe portée)
Culasse « Kitir plus » (Augmente la vitesse d'attaque et de rechargement)
Poignée en érable (Standard)
Canon scié (Précision amoindrie, dégâts affaiblis, stabilité grandement augmentée)
Pas de crosse (Précision amoindrie, stabilité augmentée)
Deux canons (Standard)
Cartouches chambrées dans les canons manuellement, 2 cartouches.
Utilisable en combat monté

Pillé sur le corps d'un chef de gang minable, le Guerrier de la Route est un fusil que Doom utilise rarement, principalement parce qu'il est faible à moyenne et longue portée, et aussi parce qu'il déteste quand il n'y a pas de crosse. Cependant, et grâce à ce manque de crosse, le fusil est maniable -comme son nom l'indique- en combat monté, donc à moto. Il aurait déclaré « Deux bastos dans la tronche depuis une bécane, ça se refuse pas ». Nul doute que les joutes avec Doom prendront une toute autre tournure...

Meilleur ennemi de l'homme

Fusil d'assaut
Calibre 5.56mm (Recul faible, portée moyenne, dégâts moyens)
Culasse ventilée à corps fondu (Recul affaibli, risques d'enrayement affaibli)
Poignée bois érable (Standard)
Canon allongé (Précision améliorée, dégâts grandement améliorés)
Crosse bois érable (Standard)
Canon unique (Standard)
Chargeur étendu large capacité (60 cartouches, stabilité amoindrie, précision amoindrie)
Module tactique militaire Pointeur Laser / Lampe Torche (Permet d'annuler la pénalité de combat de nuit OU pointer laser portée 75 mètres couleur rouge)
Viseur XPS2 (Améliore la précision quand utilisée)

Offert par Alyona, ce fusil d'assaut a rapidement trouvé une place de choix dans l'arsenal de Doom. Compact, efficace, précis, mortel. Rien à rajouter.

"Doom"

Fusil de chasse à canons juxtaposés
Calibre 12 (Recul moindre, portée faible, dégâts faibles, augmentés à courte portée, médiocres à longe portée)
Culasse ventilée professionnelle plaquée Veridium (Dégâts améliorés, surchauffe annulée)
Poignée professionnelle naphte raffinée (Précision augmentée, stabilité augmentée)
Fragmenteur tactique professionnel (Précision augmentée, portée augmentée, plus de plombs)
Canon ultra-allongé (Précision extrême, dégâts améliorée, stabilité amoindrie)
Crosse tactique à gyrostabilisateur pour recul (Précision extrême, stabilité grandement augmentée)
Canon double (Standard)
Cartouches chambrées dans les canons manuellement, 2 cartouches.
Module tactique militaire Pointeur Laser / Lampe Torche (Permet d'annuler la pénalité de combat de nuit OU pointer laser portée 75 mètres couleur rouge)
Viseur x16 avec vision nocturne intégrée et affichage ATH par signal externe.

Conçu par la mercenaire Elfe de la Nuit Isha'riel, "Doom", dont le nom a été gravé sur le canon, est un concentré des meilleures technologies actuelles, le tout conçu à partir des meilleurs matériaux trouvables en Draenor. Offert pour une raison obscur, il semble être bien plus qu'un fusil de chasse aux yeux des deux tueurs...

Le Trouve-Têtes

Carabine de chasse (Fusil à lunette)
Calibre .50BMG (Recul extrême, portée extrême, dégâts importants, portée sans influence sur dégâts)
Culasse Match (Précision augmentée, dégâts augmentés, cadence de tir améliorée)
Garde-main renforcé ébène (Standard)
Canon Anti-Matériel (Précision grandement augmentée, dégâts augmentés, stabilité amoindrie)
Crosse en naphte raffinée (Standard)
Canon unique (Standard)
Chargeur 5 cartouches (Standard)
Pointeur laser (Portée 800 mètres, couleur rouge)
Lunettes x4 à x16 (Augmente la portée, améliore la précision quand utilisée)
Visée nocturne (Améliore la précision et annule la pénalité de combat de nuit)
Affichage sur ATH possible (Améliore grandement la précision si utilisé avec des lunettes d'ingénieur)
Pin-up Elfe de la nuit gravée sur la coque, basée sur Vhurn Ae'sland (Aucun intérêt. Chance améliorée ?)

Un Grinsky G88, conçu par l'ingénieur réprouvé de renom afin de permettre aux tireurs d'élite de pouvoir détruire du matériel ennemi. La cartouche de .50BMG, bien que dotée d'un recul monstrueux, permet de perforer à coup sûr n'importe quel blindage, même les plus épais. Chars d'assaut, démolisseurs de sièges et catapultes ont trouvés leur némésis. Les guerriers n'ont qu'à bien se tenir, et à distance.

Valria

Mitrailleuse lourde à rotation (Minigun)
Calibre 5mm (Recul mineur, longue portée, dégâts mineurs)
Poignée antidérapante (Stabilité améliorée)
Canon six tubes (Standard)
Alimenté par bandes de munitions, habituellement des bandes de 800 cartouches (Standard)
Moteur surcadencé (Cadence de tir triplée. Stabilité amoindrie, portée amoindrie)
Pin-up draenei gravée sur la coque du moteur (Aucun intérêt. Chance améliorée ?)

Originellement conçu pour du tir anti-infanterie depuis un poste fixe ou un gyrocoptère, ce minigun "tombé du camion" a rapidement trouvé sa place dans l'arsenal du soldat. Baptisée du nom de "la seule et vraie héraut" de la Garde Cendrée, l'arme n'a pour le moment servi qu'une fois. Avec succès.

SR9000-H

Fusil de combat semi-automatique
Kit Heavy (Rechambrage en 7.62x51mm)
Calibre 7.62x51mm (Recul important, portée longue, dégâts importants)
Garde-main renforcé ébène, recouvert de fourrure arctique (Sans influence)
Poignée naphte pro (Stabilité améliorée)
Canon raccourci (Précision améliorée, dégâts affaiblis, stabilité améliorée)
Compensateur tactique (Précision améliorée, dégâts améliorés)
Crosse en acier-titan (Standard)
Canon unique (Standard)
Chargeur 20 cartouches (Standard)
Pointeur laser (Portée 800 mètres, couleur rouge)
Lunettes x4 à x16 (Augmente la portée, améliore la précision quand utilisée)
Affichage sur ATH possible (Améliore grandement la précision si utilisé avec des lunettes d'ingénieur)

Le fusil SR9000 a été développé suite au siège d'Ulduar, avec le peu de technologie récupérée à l'époque. Conçu comme une arme de combat, elle est modulaire et peut être utilisée en trois version : Le SR9000-L, utilisant le calibre .22LR. Le SR9000 basique, utilisant le calibre 5.56mm. Et le SR9000-H, utilisant le calibre 7.62x51mm.
Offert par Valria "pendant cette putain de fête", le fusil a été modifié en version H, afin d'en faire un fusil semi-automatique capable à la fois de tirs de précision ou de tirs de soutien.

Harry

Revolver à barillet
Calibre .44 Magnum (Recul majeur, portée longue, dégâts très importants)
Canon allongé (Portée améliorée, dégâts améliorés, stabilité amoindrie)
Crosse en bois, noyer laqué (Standard)
Barillet six coups (Standard)
Structure renforcée, Acier-Titan (Stabilité amoindrie, précision améliorée, poids augmenté)

Un simple Grinsky Mark 29, très peu modifié, chambré en .44 magnum, ce qui lui confère une très bonne puissance de feu pour une arme de cette taille. Volé par Satina, cette dernière a bataillé avec des contrebandiers et des receleurs pour pouvoir le récupérer et le rendre à Doom.

Sic Semper Tyrannis

Revolver à barillet
Calibre .500 Magnum (Recul extrême, portée longue, dégâts extrêmes)
Canon allongé (Portée améliorée, dégâts améliorés, stabilité amoindrie)
Crosse en naphte raffiné (Recul amoindri)
Barillet six coups (+1 cartouche dans le barillet par rapport au modèle standard)
Queue de détente sensible (Cadence de tir augmentée)
Organes de visée lumineux (Précision augmentée quand organes utilisés)

Un légendaire Grinsky Mark 500, modifié pour le rendre encore plus performant. Connu pour être le revolver le plus imposant et puissant du monde, sa cartouche de .500 magnum peut perforer tous les matériaux connus. Cependant, son coût élevé fait que Doom s'en sert rarement, uniquement en dernier recours. La phrase "Contre tous les tyrans" a été gravé sur le canon, en lettres dorées.

EQUIPEMENT

Armure de combat

Une solide armure de combat. Basée sur un modèle orc, elle a été renforcée avec de la maille, des plaques et du kevlar aux articulations. Il ne porte pas de casque. Ce qui est est stupide. Stupidement téméraire. Témérairement Doom...

Tenue d'infiltrateur

Une tenue d'infiltrateur standard, noire, avec des sangles en cuir pour pouvoir y accrocher des armes et des munitions, ainsi que de l'équipement. Il la porte souvent avec des bottes et des mitaines en cuir.


Tenue de tueur de démons

Une solide armure en mailles de gangreacier noircies, renforcée par des plaques de gangreacier noircies elles aussi. Les "trophées" de chasse son affichés sur les épaulières, avec des ossements de gangregardes, épaulières forgées pour imiter la forme du crâne d'un Annihilan. Une petite note a été glissée entre deux plaques de métal, sans qu'il y ait fait attention : "Reviens en vie, abruti. -Lidra".

Plaques d'identification

Deux plaques en métal, gravées à son nom. Elle semblent vieilles et usées. On peut facilement dire qu'elles ont dix ans d'existence. Et qu'elles ont bien vécu. Elles comportent le sceau de la marine de l'Alliance sur une face, et le nom sur l'autre.

POSSESSIONS

Les autres trucs, trouvables facilement dans son sac et son casier. Ou pas.

Bécane de Mekgénieur

Une moto hors-de-prix offerte par Valria, pour remplacer définitivement celles qu'il volait pour pouvoir se déplacer. Neuve, elle n'en est pas moins épargnée par les cadavres de bières, les cassettes de groupes de rock -forcément les ETC, et évidemment le sidecart modifié pour des jambes plus longues que celles d'un humain...

Collection complète Playgob Ae'sland

Tous les numéros du célèbre magazine pour gentilhomme gobelin comprenant la baronne du crime. Contient, notamment, l'introuvable « Ae'slandphilie », le légendaire « Ae'sland au pays du naturel » et le très prisé « En prison avec Vhurn ». Il y a même un exemplaire dédicacé de « Beauté de la Nuit ».

Bouteille de whisky « Strathofiddich » 21 ans d'âge

Un whisky extrêmement rare car libéré à la consommation quelques jours avant que Stratholme ne soit rasée par Menethil. Un verre vaut plusieurs dizaines de milliers de pièces d'or. N'étant pas riche pour autant, on peut supposer que Doom l'a « trouvé » chez une personne richissime, pendant un contrat. Il dit ne l'ouvrir que pour les très grandes occasions. Et ne l'a ouverte que deux fois...

Histoire Draenei pour les nuls

Le titre est trompeur, puisqu'il s'agit d'une encyclopédie simplifiée sur les Draeneis. Comprenant des témoignages de survivants, des cartes, des descriptions d'Argus, Draenor et des terres Draenei en Azeroth, il y a en plus des parties sur la culture et la biologie de cette espèce de chèvres bleues de l'espace, ainsi qu'un lexique et quelques règles de grammaire.

Paquet de cigarettes Blacky Strike

Un parmi tant d'autres... Les cigarettes Blacky Strike constituent un compromis parfait entre dépendance, maladie pulmonaire et petit prix. Exportées majoritairement depuis les Tarides, elles sont trouvables facilement partout dans le monde. Doom se trimballe souvent avec plusieurs paquets de celle-ci, qu'il fume à une vitesse alarmante.

Fleur sauvage

Une petite fleur sauvage, originaire du Fjord Hurlant. Il semble y attacher une importance particulière, presque fanatique. Au point d'avoir pris soin de la faire sécher correctement.

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Dernière édition par Doom le Jeu 7 Avr - 18:20, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mar 8 Déc - 20:54

Hrp
J etais partie sur le forum avant de bosser un peu...j ai lu ton histoire très bien ecrite, vraiment sympa.
En revanche le moment ou il bute des nains....pff..alors les orcs non mais les nain oui ?!!!! 
Merci pour cette lecture sympathique
Hrp
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Sam 2 Jan - 15:07

Un bon gros boulot de malade et une qualité d'écriture aux petit oignons.
Une lecture "à expressions faciales", qui ne laisse pas indifférent.

Du Doom grand cru ! (avec un bonus parce que mon nom figure dedans ! Même si, hélas, il n'y figure qu'une seule fois... héhéhé)
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Sam 2 Jan - 21:23


Merci beaucoup, vous deux.

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Lun 4 Jan - 19:56

PERFECTO


  
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 14 Jan - 2:39

Les deux autres chapitres, étant donné qu'il y a une limite à la taille d'un message...
J'ai aussi mis à jours les possessions de Doom, sur le premier post.

Chapitre 6 : À l'essai

« Si vous croyez que vous serez payé pour pouvoir aller boire à la taverne du coin, vous vous êtes trompé d'endroit. »
Borgne, barbu, accent Gilnéen. Ce mec a rien pour lui. J'le plains. Il est assis à côté d'une Draenei un peu bizarre, qui se marre de temps en temps quand j'en place une. Merde, c'est ça la Garde Cendrée ? Bah putain.
« Vous refuser de nos jours serait contre-productif. Mais il va falloir que vous fassiez vos preuves. On vous met à l'essai. »
Je serre la patte du Gilnéen et de sa pote bleue.
« Mes potes m'appellent Doom. Faites de même, que je leur dis.
- Willdan, tout court.
- Nareida.»
Bordel de Dieu, j'ai même pas provoqué d'incidents diplomatiques. Une première, pour un entretien d'embauche aussi stressant. Putain... putain... Bon, mes preuves.
Je sors de la taverne. Je grille une clope. Tanaan, ça fait loin. Et l'Alliance me laissera pas passer, même si j'passe devant eux avec la bouche en cœur et le cul en levrette. Va falloir que je trouve du démon ailleurs... Et pour le moment, faut que j'aille pioncer. Ça sera infernal demain. Et il me faut des forces.

J'me réveille avec l'autre mal de crâne du millénaire. Je me suis mis la misère pour fêter ça. De l'alcool de patate merdique acheté trois fois rien à un clodo. Je perds deux ans d'espérance de vie à chaque gorgée. Et tant mieux. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la vieille Palmer. La meuf de l'orphelinat. Jusqu'à mes dix-sept piges elle a été là. Et j'ai même pas pu la remercier...
Je pique des fleurs au magasin, sur les canaux. Le type voit rien. Ils voient jamais rien. Bande de cons. Elle a été inhumée sous la cathédrale, dans les catacombes donc. C'est là où j'vais.
J'fais putain de tâche au milieu de ces culs-bénis. De belles robes en étoffes rares, de beaux vitraux, de belles armures de paladins, un carrelage parfait sur lequel mes bottes en cuir pourri laissent la trace du malin. Hé, rien à foutre. J'suis pas la soubrette. Et j'suis quasiment certain que c'est tant mieux. Dans le genre vision d'horreur, moi en p'tite robe de satin avec des collants et des talons hauts...

Dans le caveau, y'a deux nénettes. La Draenei de l'autre soir, Nareida. Et une autre, en armure de plaques, avec une masse à deux mains. Elles se bastonnent.
« Oui, continuez comme ça... »
Nareida, si c'est bien son nom, a l'air vachement plus calme et carrément timide. Comme si c'était pas elle.
« Okay, c'est quoi ce bordel ? »
Je les interrompt avec mon vers si raffiné. La petite recule sous le coup, mais tient bon. Avec un putain de bâton pour lutter contre une putain de masse d'arme géante. Il n'empêche que voir deux Draenettes se tabasser la gueule à l'arme contondante dans des catacombes c'est pas banal. Même pour mes standards.
« Carrington, je présume ? Vous allez être utile », me fait la nénette en armure.
« Doom. Appelez-moi Doom, pour l'amour du calibre 12... »
Elle hoche la tête. Mais j'sais pas en quoi je vais être utile. Tirer dans la petite pour voir ce que ça fait ? Me tirer dessus ? Tirer dans les murs ? Bordel. Si c'est aut' chose, j'espère qu'elle sait ce qu'elle fait.
« Doom vous avez des cheveux, me fait la petite.
- Ouais, les gobelins font des miracles... »
Je m'étais fais refaire des tifs et la barbe par un gobelin, au salon de coiffure. Ça m'a coûté un bras. Mais ça en valait la peine. Quitte à crever, autant le faire de façon à avoir une assez belle gueule pour amadouer le diable.

« Vous allez aider Nareida à viser avec ses sorts. »
Dans le genre inédit. Je m'exécute. Je fous une peluche à l'autre bout du caveau, et je me met à côté de la Draenei en robe. Je lui montre comment faire, comme quand je jette une grenade. Les p'tites patates chaudes... Elle incante. Le coup part. La p'luche est brûlée sur place. Y'a plus rien. Mais elle a pas l'air heureuse. Elle se sent même... mal ? Bien la première chose que je croise dans ce monde et qui se laisse pas aller au plaisir simple de tout détruire. S'il me restait une once d'humanité, j'suis sûr qu'elle serait contente de voir que ça existe encore, les gens biens.
« Aidez-la à viser en mouvement. En lançant un sort de soin. »
Même topo. Les patates chaudes, en se focalisant sur une cible mouvante. Donc faut prévoir. Comme le recul d'un flingue. Comme le défaut d'un viseur...
Elle est douée, la p'tite. Très douée. La draenette en armure se prend tous les sorts de soin. Comme ça. Même chose ensuite avec le bâton. Mon office est finie. Pas trop tôt... J'ai jamais été bon pédagogue. Enfin, si. Aussi bon qu'un vieux vétéran de la deuxième guerre.

« Je voudrais que vous laissiez Shade sortir... »
Je pensais qu'elle allait libérer une mascotte. Un familier. Ou n'importe quel truc chiant pour gamine de seize ans en manque d'histoires à se raconter, en fait. Mais pas qu'elle change de couleur, comme ça. La Draenette en robe se retrouve entourée d'ombres. Et pour le peu que je vois de sa gueule, elle a bien changé aussi. Un p'tit sourire narquois. Ce regard... Elles se bouffent du regard. J'me sens pas à ma place ici... Merde...
Elles font des trucs dans leur coin. Avec de la magie de l'ombre. J'comprend que dalle. J'me lève, l'arme pointée sur celle en robe. Ça a pas l'air de plaire à celle en armure qui m'dit poliment d'aller me foutre mon flingue au cul, et à sec. Okay, ma pote. Fais-toi cramer le crâne par une chtarbée. Faudra pas se plaindre après.

Ça se termine sans encombre. « Valria », vu que c'est son nom, s'approche de moi. Elle est vachement plus grande que moi, comme toutes les Draeneis. Mais là, en plus, elle lévite... pas pour longtemps. Elle se retrouve donc sur ses pattes, mais toujours une tête de plus que moi. Je lève la mienne pour la voir. … Merde. Elle a de ces yeux... Le genre d'yeux que t'as juste à les poser sur un conseil d'état pour faire arrêter les guerres. Le genre d'yeux qui ferait basculer le Roi-Liche de ton côté. Les yeux qu'un ange porterait si ça existait. Bordel. Ces yeux...
« Ouais, je comprend la chtarbée... »
Elle reste de marbre. Elle se contente de me demander de la suivre. On remonte les escaliers. Je grille une clope. Elle m'en fout une pour la faire tomber. Je la ramasse.
« Pas dans une église, enfin ! »
Je t'emmerde. J'ai pas attendu ton aval pour me faire une place au chaud en Enfer...
On sort donc de la cathédrale. Je m'attend à me prendre une beigne. À la place de ça, elle me félicite. Parait que j'ai une bonne influence sur la p'tite. Que j'pourrais l'aider.
« Vous êtes bien la première personne à me demander de me comporter comme un connard, en toute conscience.
- Les connards n'aident pas leur prochain. »
Elle me sourit. … Merde... Ces yeux...
J'me contente de cloper sans rien dire. Y'a pas grand chose à dire. J'me casse.
Dans le genre truc inattendu...

Chapitre 7 : Traque en eau sombre

« Vous êtes parti bien vite ».
Valria... Encore. Elle occupe 75% de mon temps de cerveau disponible. Les 25% restant étant occupés à trouver comment y inclure Valria... Notre petit couple qui en est pas un puisqu'il ne s'est jamais rien passé -hormis quelques phrases qui réchauffent le cœur d'un vieux tueur- commence à faire des vagues au sein de la garde. Les petits vannes vaseuses, les rictus quand je hasarde un regard dans sa direction... Merde. Je me ramolli.
« Ouais. Les infos dont j'vous ai parlé. Et... vous aviez l'air d'être occupée avec la pirate. J'ai préféré m'en aller et vous laisser votre intimité. »
Elle me sourit et me remercie. Si les anges existent et qu'ils ont un visage, ça doit être le sien.

J'allume une cigarette. Une pas trempée, offerte par -t'as deviné- Valria. Elle n'y a pas touché. Mais impossible de pas espérer sentir son odeur à la place de celle du tabac. Dans le genre connerie grotesque fleur bleue... Vhurn Ae'sland m'avait rencardé sur Eau-Noire. Si je devais crever aux côtés de la Garde, autant le faire les idées claires. Et ces fumiers me hantent depuis mon... licenciement.

Tout était indiqué. Tout. Leurs bases, la liste du personnel et leurs statuts actuels. Hopkins était officiellement décédé. Mais des rumeurs parlent d'une liche qui se planquerait sous Collines-aux-corbeaux. J'y irai pas seul. Pas maintenant...
Ma première visite concerne un autre transfuge. Un autre survivant. Un certain Sinas. C'est son pseudonyme, comme Doom pour moi. Il vit dans une ferme paumée, dans la Marche de l'Ouest.
Je mets la bécane en marche. Je prend un nouveau paquet de clopes pas mouillées. Je mets Mégamort. Prêt à partir.

Petit à petit en approchant de sa ferme, j'entends un truc. Comme une voix. Je coupe la musique. C'est bien une voix. Un hurlement. Ce qu'il dit est incompréhensible. Mais un hurlement quand même. Au bout de cinq-cent mètres, je comprends enfin. Enfer. J'aurais aimé pas entendre...
« Lumière ! OH LUMIERE ! Aaaaargh... agh... Aaaaaaaargh... Par pitié arrêtez ça ! MAMAN ! »
Ça continue, encore et encore. Un mélange de hurlements de douleur, de pleurs et de cris d'agonie.
Je défonce la porte d'un grand coup de pied. Et je trouve le gueulard.
Un type à genoux, avec d'énormes clous dans les deux cuisses, qui le maintiennent au sol, en perforant ses chevilles au passage. Il a les deux bras arrachés. Et la tronche mutilée. Le nez explosé, les globes oculaires retirés façon barbare. Les oreilles découpées avec la trace caractéristique d'un coup de machette. Il s'est aussi fait passer à tabac, vu les bleus et les hématomes... Toutes les blessures ont été cautérisées, comme s'ils voulaient pas qu'il se vide de son sang. Mais qu'il crève d'une crise cardiaque à cause de la douleur. Ou pire... À l'odeur, il s'est chié dessus. Impossible de donner un ordre d'idée précis, mais je pense que ça fait bien deux jours qu'il est là. Il a pas l'air de savoir que j'suis là. Il se contente de continuer à hurler et à chialer -sans pouvoir faire couler une larme donc. Sans paupière et sans globe oculaire...
Je fais ce que tout bon soldat ferait à un camarade dans cette situation. Je lui tire dessus. Un tir net et précis. En pleine tête. Eau-Noire a toujours été une compagnie d'enculés. Et ce type mutilé et laissé agonisant aurait pu être moi...

Le lendemain, j'suis au QG. Celui de Hurlevent. Je passe la journée à étudier les plans et les cartes. Les documents. … Collines-aux-Corbeaux.
Juste quand je veux me retourner, y'a cette présence réconfortante.
« Virgile ? »
Ce nom. Je déteste ce nom. Je le hais. Il me rappelle mes parents... Il me rappelle l'enfance. Toute ma vie avant la chasse aux démons. Il est naze. Et les gens se foutent de ma gueule avec. Mais dans sa bouche, c'est presque agréable. C'est quand elle te fait accepter ce que tu es que tu peux dire que t'es amoureux. Si j'suis tombé amoureux de Lidra comme on tombe d'une chaise, j'suis tombé amoureux de Valria comme on tombe dans son pieu : On retarde l'échéance, et au final on veut plus se relever.
« Salut... Toute cette paperasse, c'est les fameux trucs dont je vous ai parlé hier. Eau-Noire. »
Elle penche la tête sur le côté. Comme si elle voulait en savoir plus. Tant mieux.
« J'vais aller leur rendre une petite visite. À Collines-aux-corbeaux.
- Vous n'irez pas seul. »
À cet instant, Willdan entre dans la pièce. Il a l'air de déjà savoir ce qu'on va faire. Ce type est... Il me fait peur. Et en même temps j'sais que j'ai rien à craindre.
« Collines-aux-corbeaux. Action. »

J'ai pas la tête à mettre la musique. Pas la tête à parler. Rien. On échange une ou deux phrases. Rien de plus... Et on arrive au fameux cimetière.
Les locaux sont encore là. Je m'en souviens parfaitement. Les cris. Les séances avec le médecin. Les geôles. Tout. Tout me revient dans la gueule comme une gueule de bois un matin alors que t'avais tout oublié six heures plus tôt...
On fouille les bâtiments. Minutieusement. On trouve pas grand chose. Je montre à Valria la cuve dans laquelle ils me plongeaient. La salle de torture. La salle du docteur. Elle a l'air d'avoir envie de tuer quelqu'un. De tous les tuer. Je l'avais jamais vu dans cet état. Même pas quand est allé tuer du démon tous les deux en Outreterre. Merde...

Rien d'intéressant dans les bâtiments. Il nous restait plus qu'à nous salir les mains. Dans le cimetières. Piller des tombes, c'est vraiment le truc de base dans le milieu. Retirer un cadavre innocent pour en mettre un autre... Alors juste ouvrir un cercueil ou deux et prendre le contenu, ça devrait pas être dur.
On cherchait la tombe du doc' Hopkins. Si tant est qu'il soit vraiment mort, et enterrés sous ce nom. Pour protéger les secrets de la compagnie, Eau-Noire avait pris soin d'incinérer les corps. Ou de les foutre dans la fosse commune, sans étiquette, en retirant tout ce qui pouvait compromettre : Tatouages, bijoux, dents en or, particularités physiques... Tout devait être maquillé. On était des éléments. Remplaçables. Et pas humains. Des armes de forme humaine.

On décide qu'explorer le caveau principal est une bonne idée. Sacrée putain de bonne idée. On tombe nez à nez avec un squelette géant. Pendant que Willdan découpe du zombie à la pelle, que je défouraille à tout va, Valria combat le mastodonte d'os toute seule. Elle fait voler sa masse, et l'abat sur le tibia du gros mort. Pour le faire tomber. Et lui écraser le crâne. Et faire voler les côtes.
Elle a un sacré style de combat. Un mélange de discipline sainte, et d'effusions de sang et de chair...
La voie étant libre, on progresse dans la tombe.
À l'intérieur, un paquet de zombies. Des escouades entières. La légion des morts à elle seule...
Deux-cent. Huit-cent. J'ai arrêté de compter. On a passé une heure à se frayer un chemin en tailladant les rangs ennemis. C'était beau. C'était presque agréable. Y'a rien de plus relaxant que de tuer du démon aux côtés d'un pote et de la femme de sa vie.

Valria avance devant nous. Et elle tombe sur une liche. Hopkins. J'en suis certain. Les tables d'opérations alentour sont les mêmes que celles sur lesquelles ils nous plaçaient, les autres sujets et moi. Pour leurs expériences. Pour leurs carnages...
On se bat contre elle. La liche. On lui botte aisément le cul. Entre un assassin du SI:7 et une paladin Draenei... Y'a de quoi faire.
On explore, on se perd, on se planque, on évite des zombies et des fantômes... Rien d'intéressant.
Jusqu'à ce que Valria trouve le journal de Hopkins. Pas le temps pour lire ça. On rentre. Et vite.

Dans le journal, y'a un tas de notes sur les sujets encore en vie. Les expériences poussées sur la Joie. Les regrets du docteur. Pas des regrets sur l'éthique. Des regrets sur le fait qu'il ait pas pu se créer une armée de bêtes comme eux... Quelle enflure. Le monde le regrettera pas.

Extrait du journal du docteur Cornellius Hopkins :
«  … Phobos. Expérience numéro 001... …brute épaisse, faible intelligence. Exposition à Joie conforme à prévisions. Devenu mastodonte. Comparable à berserkers Trolls. Relâché en mer. Laissé pour mort. »

«  … Mars. Expérience Souche... ...Soldat parfait. Agressif. Violent. Exposition à Joie n'a pas modifié physique. Créé à partir de sujet Alpha Doom. … Fils. … Laissé pour mort. Hélas. »

«  … Déimos. Expérience 057... Assassin parfait. Agilité et dextérité sup. à elfes, singes, félins. Exposition à Joie modifié physique. Semblable à squelette. Laissé pour mort. »

Et ça continue. Encore et encore...
J'en parle à Valria et Willdan. Ils semblent pas prêts à me lâcher. Direction le Vash'jir.

Un chaman nous a béni. On peut parler et respirer sous la flotte. Et même être téléportés. Si c'est pas le grand luxe. Dans les abysses, personne peut nous entendre crier.
Sauf cette chose. Cette chose qui rôde dans le noir. Cette chose qui bouge lentement... Aux formes tentaculaires...
On explore bien vite une forêt de coraux morts. Y'a rien dedans. Pas un poisson. Pas un mollusque. Pas un crabe. Juste le vide et cette chose au loin.
Et Phobos.

On tombe sur un truc massif. Trois mètres de haut, deux de large. Que du muscle. Le machin qui devait être humain au début joue avec une carapace de crabe. Il semble pas méchant. Il a un scaphandre vissé à même la chair, sur le crâne. Un mutant Joie qui a terminé sa phase de transformation. Il est plus qu'une coquille vide. Un réceptacle dont l'âme a été aspirée dans le néant comme j'aspire mon alcool pour me faire oublier les problèmes.
Je charge le fusil harpon... et suis arrêté par Valria.
Cette chose va vivre. Enfin, vivre... Paisiblement. Dans son coin.
J'arrive pas à me détacher ce monstre du regard. Si on part... Je reviendrais.
Et je veillerais sur toi, Phobos.


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Dernière édition par Doom le Jeu 14 Avr - 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 14 Jan - 16:33

Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Je suis cité dans le background de Doom ! Embarassed

Sinon je vois que tu te démerde vraiment bien dans la construction d'une histoire, enfin, dans la retranscription plutôt. C'est du beau boulot, bravo.
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 14 Jan - 18:19


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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mar 19 Jan - 18:51

DOUBLE POST !

J'ai rajouté deux armes à l'arsenal. :3

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mer 20 Jan - 19:20

Putain ! J'avais pas vu l'ajout de la fleur dans le Codex! ... Je suis plus émue que je ne saurais le dire ! :3
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mar 16 Fév - 15:25

Rajout de deux nouvelles armes dans l'arsenal. Rien que ça.

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 3 Mar - 3:38

NOUVEAU CHAPITRE PLUS MINI-CHAPITRE BONUS
SORTEZ LES MOUCHOIRS !

Chapitre 8 : Vengeance en eau trouble

Owain. Alyona. Valria. Moi.
L'équipe de choc. L'équipe de rêve.
Lidra me disait souvent qu'on devait coopérer qu'avec les meilleurs. Et je pense qu'elle a raison. Et que j'ai raison de coopérer avec les meilleurs...

On est parti pour un coin pourrave. Des ruines. Tout au Sud des Maleterres de l'Est, pas loin de l'ancienne enclave écarlate. D'après les registres, Richmond Locke y est. Le colonel Locke. Locke... C'est cette enflure qui dirigeait réellement Eau-Noire. Erik Prince était que la figure publique, celui qu'on pouvait se permettre de montrer. Et de perdre en cas d'attentat.
On arrive sur place. La proximité d'Achérus fait flipper Alyona. Les deux autres essaient de la réconforter. Elle parle d'une femme. J'en sais pas plus. Je suis pas vraiment là pour ça. Ce soir, c'est fini de jouer dans la cour des autres. Ce soir je danse pour moi. Ce soir. C'est ma danse de mort.

On explore les bâtiments en ruine. Un par un. Chacun de notre côté. Valria est avec moi... On rentre dans la cave de l'ancienne auberge. Ils ont foutu les mêmes cuves que la première fois. Elle a la même réaction que la dernière fois. C'est réconfortant de voir quelqu'un avoir envie de me venger plutôt que de m'humilier un peu plus en se foutant de moi. Surtout venant d'elle... Je pourrais passer des heures à parler de Valria. Mais c'est pas vraiment le moment.
On remonte. Les deux autres sont là.
« C'est pas des tonneaux pour foutre de la bière, Owain. Mais pour nous... préparer. Ils foutaient de la merde et des bouts de cadavre. Pour nous habituer à notre condition. »
Alyona semble horrifiée. Owain dit une blague, il est nerveux. Ça se sent.
On monte à l'étage. Une mine est posée sur le sol. Le coup classique... On passe à côté, comme pour le narguer. On entre dans la plus grande chambre.
Au sol, Vhurn Ae'sland. L'elfe de la nuit, la criminelle. Elle est bien amochée. Ses cheveux roses, d'ordinaire bien coiffés, sont en vrac, répartis entre son visage et le sol. Elle a un superbe revolver dans les mains. Un G-330 modifié. Gravé sur le canon. Des gravures la représentant elle, nue... Elle doit être dans les petits papiers du vieux réprouvé pour avoir ce genre de jouet sur elle.

Valria fait ce qu'elle peut pour la ranimer. Owain et Alyona se contentent de se poser des questions.
« C'est moi qui l'ai faite venir. J'avais besoin de renseignements, du coup... La voilà. Et je comprends mieux pourquoi elle est pas revenue. Bordel. »
Au moment même où je termine ma phrase, un mec passe le pas de la porte. Locke.
Armé d'un lance-roquettes, il nous barre le passage. Une seule explosion et on y passe tous. Il a rien à perdre. Nous en revanche...
« La fameuse Garde Cendrée... Acoquinée avec cet espèce de... »
Il me fusille du regard. Moi aussi j'suis content d'vous revoir, enflure. Toi et le balai que t'as dans le cul.
« … ce tueur. Vous valez mieux que ça. Pas vrai ? »
Alyona dégaine son arme. Owain se met en position. Valria est en rogne... J'espère pour ce type que son lance-roquettes est chargé. Parce que sinon il va passer un sale quart d'heures, le genre que tu censure en règle générale, pour pouvoir vendre le bouquin autobiographique.
« Ne faites rien d'inconsidéré. Je vous propose bien plus. La technologie, le pouvoir, l'argent, mon concours face à la Légion. Réfléchissez. Allez-vous aider ce résidu alors que vous pourriez avoir bien plus pour votre guerre ? »
Valria prend les devants.
« Pas un tueur. Doom.
- Peu importe les noms qu'il se donne, il n'est rien de mieux qu'un vulgaire chien. Un cabot de pacotille, sacrifiable, remplaçable. Comme tous les autres. Pas comme ce monde... Prenez la bonne décision. »
Il a pas l'air de les convaincre. Alyona fait craquer ses poings. Il sourit, ricane. Il a un truc derrière la tête. Il a le même regard que quand il a ordonné à ses gorilles de me foutre dans la cuve. Il rouvre la bouche...

Et sa tête explose.
« Personne me fait chier ! »
Vhurn s'est relevée et lui a tiré dans la tête. Quarante-quatre magnum en plein crâne. Y'a des p'tits bouts partout. Un morceau d'os planté dans le sol, des dents qui ont volé. Un œil a giclé sur le plastron d'Alyona en laissant une petite tache. Mélange de larme, de bile et de sang chaud...
Visiblement ça met tout le monde de mauvaise humeur. Chacun d'entre nous ayant sa raison d'arracher la peau du derche de cet enfoiré. Ae'sland se fait engueuler par Alyona, qui se barre en râlant...
Plus mon problème. Locke est mort, pour de bon. Valria s'en assure plusieurs fois en frappant le cadavre, réduisant les restes en charpie. Bon dieu de merde. Le corps humain est plein de surprises...
Une fois calmée, je peux fouiller le cadavre. Son arme était pas chargée. Il bluffait, comme d'hab'. Il a aussi un journal sur lui. Journal personnel, pas des rapports. Ça parle d'une de leurs expériences. Visiblement la mieux réussie. Mars...

On sort de ce trou à rat. Je brief Owain et Alyona. Direction les Steppes Ardentes. Leur petit champion de mes deux y est. Et je compte bien lui botter le cul.
Mars. T'es foutu.
Valria insiste pour rester avec moi. Aucune objection à ça... J'veux juste explorer la dernière résidence connue de Locke. Petit logis cosy comme on aurait jamais pu en trouver dans des ruines de ce genre. Il se payait même le luxe d'avoir du vin et un feu de cheminée. Putain...
Y'a son bureau. Un meuble en bois vernis. La grande classe. Il manque que le cigare dans le cendrier et t'as la totale. Mais c'est pas ça qui m'intéresse. C'est ses rapports. Ses documents.
Tout un tas de paperasse. En fouillant, je tombe sur mon dossier.

« … Virgile-Emmanuel Salomon Jr. Carrington. Vendu à l'âge de huit ans par Kaitlyn Carrington née Mitchell et Salomon Piers Jr. Carrington. Huit-cent pièces d'or. Transaction refusée. Assassinés par Locke. Sujet récupéré d'une autre façon. Hopkins voudrait s'essayer au clonage avec lui... »

J'ai toujours eu une certaine dent contre mes parents. Jeune, je leur en voulais de m'avoir abandonné. Adolescent, je leur en voulais d'être juste des fermiers. À l'armée, je leur en voulais de m'avoir affublé de ce nom pourri. Maintenant, j'ai une bonne raison de les détester. Vendre leur propre gosse... Merde. Mais qui serait assez taré pour l'envisager ? J'ai du sang d'enflure dans mes veines, et je sais d'où il vient maintenant.
Je range le dossier dans mon sac. J'ai besoin de voir les yeux de Valria...

Les Steppes Ardentes. J'ai jamais trop eu l'occasion de me pointer dans cette région du monde. Il fait trop chaud pour moi. Trop sombre. Trop de magma et de lave aussi...
Je regarde ma cigarette se consumer. Consommer, consumer...
Je balance le mégot. Je charge mon arme.
Allons botter des culs.

Le dénommé Mars est planté comme un con en plein milieu d'une sorte de ruine démoniaque, elle même entourée de lave. Des cercles d'invocations. Des trucs sacrificiels... Tout est tellement cliché. Owain s'approche de lui.
« On cherche un type qui s'appelle Mars, vous l'auriez pas vu ? »
Alyona passe sa main sur sa figure. Valria soupire. Je mets le mec en joue...
« Te voilà enfin. »
Il se retourne, en faisant balancer ses cheveux en même temps. Il a la même gueule que moi.
« Mais qu'est-ce que t'es, bordel ? »
Il ricane. Il pousse Owain. Il ouvre sa sale gueule...
« Je suis ce que tu aurais du être, Virgile... Toi, sans tes faiblesses. »
Il désigne Valria, puis il me pointe avec son fusil. Il me tire dessus. J'suis projeté contre un pylône...
J'arrive à peine à distinguer ce qu'il se passe. J'ai trop mal.

Owain l'insulte. Lui colle une grande claque dans la tronche. Ça occupe Mars qui se concentre plus que sur le nain. Valria en profite pour lui coller un coup de masse dans les rotules. Alyona lui tranche les jarrets. Owain est touché, le casque est cabossé... Je ferme les yeux...
Un bruit de métal entrechoqué. Un autre d'os brisé. Un râle d'agonie.
Je rouvre les yeux. Mars gît au sol, dans son propre sang. Il s'est fait décrocher la mâchoire inférieure. Sa langue pendouille dans le vent en laissant traîner avec elle de la bile et du sang. Plus loin, le morceau de mâchoire décroché, pratiquement intact. Un coup net, précis.
Ils ont pas pu faire la peau à Locke. Ils se sont bien vengés, ces cons là.
Mes cons.

Bonus : L'once d'humanité

Les grandes pontes font avancer les petits nouveaux. La petite Anwyn, qui a finalement décidé de nous rejoindre, grâce à Owain. Y'a pas Neissa ce soir, mais elle aurait sûrement eu son grade. Shanashy. Un par un, ils sont remerciés. Ils gagnent leurs galons comme j'ai eu les miens.
Ma famille.
Ouais, ça fait très cucul de dire ça. Je m'étonne même de pouvoir le dire. La famille, on la choisit pas. On la subit. Elle et ses emmerdes. J'peux pas en blairer certains. Je me fous pas mal de la Lumière, des territoires et de l'histoire de certains. Je suis sûr que ça va finir en drame, et que je les maudirais tous comme je maudis l'armée de l'Alliance et les blaireaux qui bossaient avec Lidra. Malgré ça... Malgré ça c'est ma famille. Je prendrais une balle pour chacun d'entre eux. Et plus s'il le faut. Je suis né à Austrivage...
« Alyona, je... voudrais me charger de celui-ci. »
… élevé en plein air à Hurlevent...
« Virgile-Emmanuel ''Doom'' Carrington. Si vous voulez bien avancer et vous agenouiller... »
… mort pour l'Exodar.
La voix de Valria qui m'appelle. Je m'agenouille, pas rassuré. Encore moins quand elle dégaine sa masse d'armes. Je ferme les yeux. Elle pose sa masse sur mes épaules.
« Relevez-vous, chevalier. »
Je rouvre les yeux. Je me lève. Elle me sourit. Ce sourire... Ces yeux...
Pour un instant. Pour un instant seulement je suis redevenu humain.
Ouais.

C'est bien ma famille.

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 3 Mar - 19:03

Je crois que je vais pleurer tellement c'est émouvant. C'est fou comme à relire tout ça, nos events RP prennent une toute autre tournure, une sorte de consécration... Bref un sentiment comme quoi on est content d'avoir pu réaliser ça ensemble.

Encore du bien beau boulot, mon salaud! Va falloir que je m'y mette aussi... Je réserve l'escapade "OP PJ mode" lors de laquelle on a affronté le Docteur et sa monstruosité de femme!
Bon si jamais je laisse trop traîner et que tu veux t'en charger... Tiens-moi au courant ^^

Encore un bon gros GG.

PS : L'Exodar n'oubliera pas ses champions Wink
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Sam 5 Mar - 4:34

EXPLOSION DU COMPTEUR DE FOIS OÙ J'AI ÉCRIS LE MOT VALRIA !

Chapitre 9 : Io Anomaly

« Ce soir, on en termine avec ces fils de pute... »
Je pose les documents sur la table, comme à chaque planification depuis le temps...
Moi, chevalier. Bordel. Je me suis découvert une passion pour les plans et les recrutements. Manager niveau professionnel...

Je refile les rôles à chacun des types présents.
Shynrage, la gnome chtarbée, et son hélico vont nous couvrir depuis le ciel ravagé de Raz-de-néant. Alyona, Owain et Valria au contact. Naaruk et moi à distance. Le petit nouveau, Kyrli et une gnome recrutée pour l'occas' vont nous couvrir avec leurs sorts. Anwyn aussi. Et vu ce qu'elle a mis à l'élementaire, j'suis confiant sur le succès de la mission. Reste la worgène bizarre, Ynaizis. Elle... Elle et ses démons vont nous aider comme elle le peut. Là pour le coup, j'ai pas confiance.
« Des questions ? »
Le flot habituel de questions sur la logistique, sur l'ennemi. Sur ce qu'on va abattre.
« On va aller faire la peau à une expérience que je croyais perdue. Io. Ce truc est capable de changer de forme et de sexe suivant le type en face. Si vous aimez les meufs, elle sera une meuf. Si vous aimez les mecs, il sera un mec. Et plus précis encore dans vos fantasmes... »
Je saurais pas expliquer comment. Enfin, si. Mais c'est qu'une supposition.
Io était un elfe. Ou une, suivant les versions. Or, la Joie a pas été conçue pour être utilisée sur autre chose qu'un humain. Les tests sur nains et elfes ont donnés... la mort des cobayes. Rien de plus.
Sauf Io. Ça a tellement bien marché qu'il et elle a été gardé pour servir d'unité d'infiltration d'Eau-Noire. Jusqu'à ce qu'il et elle se barre.

On traverse les plaines dévastées de ce qui était autrefois Gorgrond. Raz-de-néant... L'espace au bout des doigts, les étoiles dans les cheveux. Et des doses mortelles de radiation d'après les gobelins de la zone 52. Mais au point où on en est...
« JE N'RECONNAIS PLUS PERSONNE AVEC DOOM CARRINGTON ! »
J'ai eu la bonne idée de laisser monter Owain à côté de moi sur la bécane. Il beugle des chansons...
« Hé ! Doom, c'est quoi le plan d'infiltration ?!
- Tu viens d'le faire foirer, frangin ! »
Entre le bruit du moteur et Owain, je sais pas ce qui nous a le plus fait repérer...
On arrive dans des ruines de ce qui devait avoir été un village Draenei. Y'a des démons partout. On les élimine rapidement et sans perdre plus de temps en bavardages. On a du beau monde, faut dire. Et je parle pas que de Valria...
On arrive finalement sur la partie surélevée par le relief des ruines... Elles et leur occupant envahissant...

Io est juste là, à... glander au milieu de la caillasse défoncée et des squelettes de Draeneis. Il ouvre les yeux et change d'apparence, celle d'une elfe.
« Des visiteurs ? Vous ne vous êtes pas annoncés... »
Je charge mon arme, j'allume une peut-être dernière clope... Et Owain charge. Il écrase son marteau sur Io, qui esquive, et esquive la masse d'arme de Valria, suivie de l'épée d'Alyona. J'arrive à lui tirer dans la jambe. Ça l'affecte pas plus que ça...
Anwyn lui envoie cinq boules d'arcane pure dans la tronche. Io titube et recule. Elle change de forme et devient une gnome à moustache, fixe Owain.
« Viens avec moi, Owain Double-Emeraudes... Nous serons heureux quand ils seront morts... »
Que dalle. Owain lui envoie deux mandales. Avant de s'en prendre une à son tour. Un sacré coup qui explose son casque et le laisse inconscient. C'est à ce moment que le gyrocoptère arrive...
Deux miniguns de cinq millimètres plus tard, Io est en morceaux de chair déchiquetée au sol. Les autres aident Owain à se relever.
Pour une fois que c'est simple...

Mais je comprends pas. Pourquoi Io ici ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi même l'endroit le plus reculé du monde ? C'est une unité d'infiltration, pas de combat... combat... Infiltration... Diversion.
« Doom ! Magnez-vous de dégager ! Y'a une centaine de commandos qui se rapprochent ! »
Shynrage crache l'info dans la radio. Et on se fait pas prier pour se tirer de là. Enfin, on tente...
On allait franchir un pont pour passer sur une autre île. Et on aurait pu, s'il n'y avait pas eu cet énorme char d'assaut.
Deux tourelles gatling, un canon géant. Blindage en acier-titan. Deux paires de chenilles.
On se met vite à couvert. Et on échafaude un petit plan...
Rapidement mis à mal.
« J'suis touchée ! »
Le gyrocoptère de Shynrage est touché. Elle saute en parachute. J'en vois qui courent l'aider...
« On a deux minutes pour péter ce machin avant que les commandos débarquent ! ACTION ! »
Owain fonce dans le tas, évidemment... Il attire les feux ennemis en cognant comme un demeuré sur la coque du monstre d'acier. Valria l'y rejoint rapidement, suivie d'Alyona. Naaruk se met à couvert en planquant son tigre... Il a bien raison. Les gnomettes préparent un explosif. Tandis que Kyrli et Anwyn font ce qu'ils peuvent pour attaquer la carcasse métallique de la chose...
Un premier obus est tiré, qui rate bien heureusement Owain.
« Il faut se magner ! … Cognez au niveau du carburateur ! Faites une brèche ! On doit le faire exploser ! »
Owain s'exécute et fait voler le cache blindé du carburateur. Valria tente d'y mettre le feu, sans succès... Un tir de gatling. Alyona est au sol. Naaruk en profite pour la trainer à couvert.
« J'vais vous défoncer, bande d'enfoirés... »
Je charge une cartouche incendiaire dans mon fusil... Je vise, je tire... Cinq secondes de suspense. Les cinq secondes les plus intenses de ma vie... C'est long, je vois l'obusier pointer sur moi. Je jette un dernier regard à Valria... Je ferme les yeux.
Une explosion intense. Une sensation de chaleur horrible... J'suis mort ?
« DOOM ! CRÉTIN DE... »
Owain s'approche de moi, furieux. Il a été touché par l'explosion du char. Valria revient, indemne. Alyona s'approche, rétablie... Pour mieux constater que ce n'est pas encore terminé.

« Ce char était la propriété personnelle du colonel Locke ! » fait la meuf au centre, avec les galons de capitaine... Ouais, je la reconnais. Le capitaine Matsuo. Salope parmi les salopes. Commandant-adjoint des unités de combat de Eau-Noire.
Elle est accompagnée des rares survivants. Quatre commandos de Eau-Noire, qui s'équipent assez vite de fusils d'assaut. Pas assez pour esquiver un coup envoyé par Alyona. Elle en éventre un.
Valria à son tour arrache la tête d'un autre...
Matsuo en profite pour me pointer avec son arme. Le métal du canon brille. Elle sourit... Elle met son doigt sur la gâchette et tire. Salve de trois. Trois cartouches de 5,56mm partent. Et s'écrase sur moi. Deux dans le poumon droit, une dans l'estomac.
Je serre les dents. J'ai du sang dans la bouche. Je tombe au sol... J'ai mal... Cette douleur...
« VIRGILE ! »
La voix de Valria... merde... pas elle...
Elle se fait tirer dessus aussi... Elle s'écroule...

Je suis désolé...

Je me réveille dans une pièce sombre et puante. Pleine de crasse. Une pièce rectangulaire, fermée, sans aucune fenêtre, sans aucune porte. Y'a juste des boîtes en carton dans les coins derrière moi, et des arbres morts dans des pots dans les coins en face de moi. Je suis attablé... Une table qui comporte quatorze chaises. Une pour moi, douze pour les cadavres, et une pour le mec en face de moi. Il reste dans l'ombre. Puis approche sa tête dans le peu de lumière ambiante. Il incline sa tête sur le côté, son visage caché par un masque de coq.
« Alors tu es revenu ? ... »
Il me dit ça, en ouvrant son bec plein de dents. Il a pas un masque de coq. C'est un coq. Un coq qui parle et qui a des dents.
« … où est-ce que j'suis ?
- Je pensais que tu le saurais, depuis le temps. »
Visiblement, c'est pas la première fois que je visite ce coin...
« Cette fois c'est différent. Tu as amené des amis avec toi, Virgile. »
Il montre les sièges, un à un. Un à un rempli de cadavres. Alyona, carbonisée. Willdan, dépecé. Owain, dont il reste que le squelette. Anwyn, la tête éclatée. Kyrli, le ventre ouvert. Lidra, les viscères à l'air, les os dépassant de la chair ouverte. Valria... Valria transformée par la Joie, le crâne ouvert sur le dessus, avec un entonnoir en métal dans lequel coule de l'acide. Je distingue Shanashy décapitée... Et d'autres cadavres méconnaissables.
« Tu les as amené à... leur perte... en même temps que toi. Virgile. Et ceux-ci ne sont que ceux qui avaient acceptés.
- J'en ai marre, j'me casse...
- Tu ne peux pas, Virgile. Pas encore...
- Et encore quoi ?
- Tu dois me promettre une chose.
- Qui est ?
- Tiens-les à l'écart. Et ne touche plus à ça. Sous aucun prétexte. »
Il dégaine une seringue pleine de Joie. … La Joie...
« J'ai la Joie tout au fond de moi, disais-tu. En effet. Tu es joyeux, n'est-ce pas ? »
Je baisse la tête... Peu importe qui est ce type, il a raison...
« J'accepte. Plus de Joie.
- Parfait. J'aimerais avoir plus de temps à te consacrer, mon cher, mais... les affaires... Puisque tu ne te souviendras pas de cette rencontre, je peux te le dire. J'ai rendez-vous très bientôt avec la prophétesse Kathyr. Vous allez avoir de ses nouvelles, toi et tes amis ! »
Il me fait coucou de la main, comme si tout ce qu'il venait de me dire était qu'une formalité. Comme s'il s'amusait de la situation. Il appuie sur un genre de télécommande. Une machine se met en route. Et tout devient noir.

Je me relève. À la cathédrale de Hurlevent. Aucune idée de ce que je fous là. Après Raz-de-néant, noir complet. Que dalle. Y'a des mecs autour de moi. Kyrli. Owain. Naaruk... Aucune idée de ce que je peux bien branler en plein milieu de l'autel de la cathédrale.
Ça blablate. Je pige pas trop. Je fais genre tout va bien... Bordel. C'est dur d'avoir un trou dans la mémoire. Et de quelle taille ? Combien de temps j'ai passé là ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? … Merde. Valria.
Je rentre dans le QG. Valria est allongée au sol, sur la peau d'ours. Je m'approche d'elle, à l'instinct. Rien de calculé. J'ai besoin de sentir son souffle... Besoin de voir ses yeux... Sa peau, ses cornes, ses cheveux. Tout. J'ai besoin d'elle.
Je la prend dans mes bras. Je l'emmène avec moi, pas très loin, au bord du lac.
Je la serre contre moi avant de la poser lentement sur l'herbe à peine mouillée par la rosée. Valria...
Elle semble anxieuse. Tiraillée par son rêve, sûrement un cauchemar.
« Hey, j'suis là... »
J'approche mes lèvres de sa tête. Je sais pas trop c'que je fais... Lui parler ? L'embrasser ? La caresser ? Attendre comme un con la bouche ouverte que quelque chose se produise ? Enfer.
Elle ouvre ses yeux, lentement, pour les planter dans les miens. Repéré et pris pour cible. Valria a pour habitude de rater ma bouche avec la sienne. Cette fois, c'est différent. Elle touche la cible en pleine tête. Une fois. Et une autre. Et encore. On est balancés aux flics par la lune qui se réfléchit sur l'eau du lac. Les conventions demandent d'arrêter, mais je les emmerde. Toutes.
Des larmes roulent le long de ses jolies joues.
« Virgile, j'ai eu peur de vous perdre. »
Enfer. Moi aussi... Tu sais que t'es amoureux quand t'as plus peur de rien, de personne, que tu pourrais tout faire et tout tenter pour éviter de la voir crever.
Elle recommence. Une rafale de mitrailleuse. Une cadence infernale. Divine cadence infernale.
Mais elle est pas faite en carton, ma Valria. C'est un concentré d'espoir en boîte de saronite raffinée, bénie huit fois par les Naarus, livrée avec son écrase-merde et son cœur fondant, le tout sur pattes à sabots et cornes de bataille.
Ouais. Je l'aime ma Valria.

Chapitre 10 : Odeur de bile

J'ai tous les documents nécessaires pour péter la gueule à Eau-Noire. Quelque chose de grandiose. Ils se sont réinstallés dans une de leurs anciennes bases, un peu plus au Sud de la dernière fois, avec Locke. Et on va aller leur péter la gueule sévère...
Je me retourne. Mes champions sont là. Alteas, l'éclaireur. Kyrli. Anwyn. Valria, évidemment. On aura pas besoin de plus que ça. Surtout avec ce qu'Ae'sland m'a refilé...

Ae'sland. Cette fille est étonnante. Comment un bout de femme pareil peut rester seul et abandonné ? Sous ses airs de salope violente et psycho, qui tourne des pornos pour s'amuser et qui pense qu'à la thune, elle a un cœur. Un cœur gelé et plein de haine. Mais un cœur. Elle m'a refilé gratos les informations. Et des armes lourdes pour le combat à venir...
Un libram saint -va savoir comment elle l'a chopé. Des tomes de mages. Un pointeur laser dernier cri... Et un minigun.
Une fois la fine équipe réunie, équipée et briefée, on se met en route. La fine stratégie ? Mec, ma stratégie à moi, c'est de tout faire péter. Et c'est exactement ce qu'on va faire.
Les Réprouvés nous laissent passer sans trop poser de questions. En tout cas pas vocalement. Ils doivent quand même se demander ce qu'un elfe, deux nains, une draenei et un salopard de mon genre font avec ce matos... Et en direction des maleterres. On franchit le pas du portail d'entrée.
« PARC D'AMUSEMENT »
C'est écrit en gros, en fer forgé, planté au dessus du portail. Amusement... Ouais. Ça pour s'amuser.

Des types nous tombent dessus. Valria s'élance sans trop demander son reste et fait voler sa masse, à une vitesse ahurissante. Elle écrase la tête d'un des mecs, donne un coup à l'horizontale, et casse les mecs en deux. Littéralement. Ils volent dans des particules de chair broyée et de sang chaud. Kyrli en possède un et en tue un autre avec. Ce qui laisse Anwyn liquéfier le dernier. J'ai même pas pu tirer ! On continue de progresser. On fouille les petites maisonnettes. On flingue les occupants sans trop se poser de questions ni attendre leurs réactions. Oeil pour œil, les mecs.
On se dirige ensuite vers l’hôtel et restaurant du coin. C'est écrit en gros sur le bâtiment, peint directement sur le mur. Y'a le menu du jour affiché sur une pancarte. Ils aiment la viande...

J'entre le premier. Je fais tourner le minigun. Je tire dans le tas. Quinze morts. Deux-cent cartouches vidées. Et j'suis pas encore prêt à m'arrêter. On descend au sous-sol, pendant qu'Alteas monte la garde. On trouve ce que je supposais mais osais pas vraiment confirmer. La viande... De la viande. Ouais, ça, de la viande. De la viande humaine. Des tas de cadavres plus ou moins en bon état, accrochés à des crocs de boucher. Des hommes, des femmes, des gosses. Ils sont sales, maigres, et morts. Éventrés, décapités, mutilés. Y'en a un qui bouge et gémit dans le fond. Il est salement découpé, au niveau de l'épaule jusqu'au début de l'abdomen. Ce qu'il raconte est incompréhensible. Mais on peut pas le laisser là... Je dégaine mon revolver, je le vise. Je tire. Une victime de plus de ces enflures.

On remonte et on fouille l'étage. Rien de glorieux. Jusqu'à tomber sur un autre truc fantasmé. Un mutant, comme tant d'autres. Mais salement muté. Le docteur Hopkins les appelait les « Moutons », dans ses notes. De parfaits spécimens dociles. Ils servent de... de moutons. Leur chair pousse et continue de pousser, comme des poils. Ils sont donc « tondus » et ce qui est récolté sert de nourriture de base. Le machin dégueule et s'assied dans son vomi. Il est totalement inoffensif. C'est comme s'il avait même pas conscience de ce qu'on pouvait bien penser. Comme un chiot. Malgré les protestations, on le laisse... On redescend et on sort.
On avance vers une chapelle, enfin, les ruines d'une caserne qui sert de chapelle.
Un tas de moutons sont rassemblés. Ils sont amassés autour d'une trompette géante, toute cabossée et tordue, presque rouillée. Le truc est inutilisable. On dirait qu'ils... vouent un culte à la trompette ?
Y'a un mouton qui a un chapeau sur la tronche, chapeau recouvert de gerbe. Un autre, à côté de lui, a une sorte de ruban rose dans les « cheveux »... Un mariage ?
Ces trucs étaient humains avant. Des hommes et des femmes. Des gosses. Y'en a même des petits...
Ils vomissent tous. Comme ça. Comme si c'était naturel. Comme pour communiquer. Y'en a partout autour de leur lieu de culte. Ça pue la gerbe. Cette odeur de bile...

On se barre. Très vite, en les laissant à leur fête. Dans la forge, pas loin, deux esclaves bossent. On les interroge, façon musclée. Ils crachent le morceau assez vite.
« Le docteur Yado est sur la plage avec sa femme et sa fille... »
Parfait. On les laisse se barrer. Valria les menace... Merde. J'aurais jamais cru qu'elle ferait ça.
Ces mecs sont comme moi. Des victimes de ces enflures. Des victimes du profit sur la guerre. Des victimes de la guerre en elle-même. Ils sont encore utiles sinon ils seraient mutés. Ou dévorés...

On se dirige vers la plage, en silence. Rien sort de l'ordinaire... Jusqu'à ce qu'Alteas lève la main pour nous arrêter.
« Il y a quelque chose... d'immense. »
Putain. Manquait que ça. Au loin, on peut observer une forme grotesque, géante. Un corps autrefois humain, à quatre pattes, qui se tient comme une araignée. Avec des bras et des jambes affinés, comme des lames... Je prend les devants. On descend la pente comme si on avait Sargeras au cul.
On fout les pieds dans le sable refroidi par la nuit, humidifié par la flotte. On se prépare...
Sous le mutant, un type, en blouse de labo, une chemise à pois par dessous, lunettes sur la tronche. La caricature du rat de laboratoire. Il tient un bébé dans ses bras.
Valria s'approche de lui, arme à la main. Alteas se met en place derrière un tronc d'arbre. Je fais tourner mon minigun. Ce type, c'est le docteur Yado. L'apprenti d'Hopkins. Encore plus barré que son maître. La chose au dessus de lui. Le monstre. Le mutant... C'était sa femme. J'en déduis donc que le bébé dans ses bras, c'est sa fille. Nancy Yado. Pauvre petite...

« Vous ne devriez pas faire ça... »
Valria tend la main pour prendre l'enfant et la sauver des griffes de son salopard de géniteur. Elle l'extirpe et me l'envoie. Je laisse tomber le minigun dans le sable et je récupère la petite balancée comme on balancerait un sac de farine.
« Je l'ai... Je l'ai. »
Je relève la tête. Un peu plus les yeux. La chose a levé un bras... en direction de Valria. Elle plante sa lame dans le ventre de Valria, l'éventrant et la projetant contre un tronc d'arbre échoué ici.
Alteas se lève et tire plusieurs fois sur la chose. Sans succès. Il subit le même sort que Valria.
Saloperie... Saloperie.
« Kyrli ! Occupez-vous d'Valria ! Anwyn, sur l'Elfe ! »
Je laisse la petite au sol, à côté du minigun. Je me relève, en craquant des poings. Le monstre me lance un regard de défi, mélangé à un espèce d'instinct maternel. J'y arriverais pas sans aide. Pas sans... Je fouille dans mon sac médical. Pour y prendre une seringue remplie de Joie. Le liquide bleu parfait semble m'appeler. Comme s'il voulait à tout prix couler dans mes veines.
Comme s'il savait. Putain de tentation...
« Virgile... non... »
Valria crache du sang.
« … j'suis désolé, chérie. »
Je retire le capuchon de la seringue. Je la plante dans ma cuisse, à travers une plaque de kevlar. Je m'injecte ce foutu poison... Mais j'ai la Joie. La Joie tout au fond de moi. Tout au fond de mon cœur, pour toujours.

Je m'approche de la chose. Je lui arrache un bras pour lui planter dans la tête. Facilement. Sans forcer. Rien de tout ça... C'est même naturel. Grâce à la Joie. Le sang coule à flot, rapidement absorbé par le sable qui devient rouge. Le mutant s'effondre, la tête transpercée, en laissant couler tout ce qu'elle pouvait avoir dans la boîte crânienne. Cerveau, liquide, Joie à l'état brute... J'ai les mains couvertes de sang. Le miens. Le sien. Peu importe.
Laissons couler le sang.
Je m'approche de Yado. Il reste impassible. Comme s'il acceptait ce que j'allais lui faire...
Je lui arrache un bras. Puis un autre. Je le mets à genoux. Je lui casse les tibias d'un grand coup de pied. Il bronche pas. Il se contente de saigner et de se laisser faire. J'en profite pour empoigner son crâne. Je le serre fort. Pas assez pour l'écraser dans ma main comme on écraserait un œuf. Mais bien pour lui arracher la tête en embarquant un bout de colonne vertébrale au passage. Je garde la tête sans expression et sans vie dans ma main, une minute. Je la contemple. Mon œuvre. Mon chef-d'oeuvre... je la laisse tomber dans le sable. Je me retourne.
Anwyn secoue la tête. Déçue, dégoûtée, consternée...
« Valria ! Vous allez bien ? »
… comme Valria.
« … Et v... et vous, pauvr... pauvre fou. »
Je suis désolé, chérie. … J'ai encore merdé.
Mais pas le temps pour l'autoflagellation. Il faut les guérir, tous les deux.
« Anwyn ! Un portail pour Forgefer ! MAINTENANT ! »
La mage s'exécute. Elle incante. Je reprend le minigun et la petite Nancy, et en peu de temps, nous voilà dans la sécurité relative des murs de la cité naine. Kyrli nous conduit chez lui. Je porte Valria... son corps. Celui qui se vide de son sang. Par mes conneries. Par ma seule faute.
Le remord. Ce combat a été un exutoire à ma haine et ma colère. Mais l'a remplacé par le remord...
Je suis désolé, chérie... J'ai encore merdé.

« Elle va s'en tirer ? Kyrli, elle va s'en tirer. … Hein ? »
J'essaie de rester affirmatif dans ma question. Comme si j'y croyais. Comme si je le voulais. Mais y'a rien que du doute et de la peur dans ma voix. Si elle... si elle venait à claquer, par mes conneries, je pense pas m'en remettre. Tu parles d'un héraut.
Le worgen s'est sacrifié pour sauver Shanashy. Sous mon commandement. Par ma faute, par ma seule faute, un gardien est tombé. Et là... Valria. Nan. Si elle venait à crever, je veux que le monde s'arrête. Comme ça. Sur le champ. Y'aurait plus aucun intérêt.
« … je fais ce que je peux, Doom. Je vous promets que je vais la sauver. »
Kyrli a l'air bien plus sûr que moi. Ce petit a les épaules larges et bien alourdies par les charges que je lui refile en plus de son rôle de gardien, et en plus de sa relation mouvementée avec Anwyn. Owain n'est pas spécialement... ouvert à l'idée que sa nièce se marie avec Kyrli.
S'ils se marient, d'abord.
Anwyn. Elle fait ce qu'elle peut de son côté, avec des bandages et ce qu'elle sait pour soigner Alteas.
« Doom, il lui faut des soins ! De toute urgence !
- Valria est prioritaire... »
C'est sorti tout seul. J'aurais jamais cru mettre un ordre de priorités entre les personnes, mais... mais... mais ouais. Valria passe avant tout.
La naine me dévisage. Depuis que j'ai été gradé Héraut, j'ai pas arrêté de prendre des décisions et de faire des déclarations pragmatiques, coupantes. Une lame à double tranchant que je sais très bien magner. Mais qui me reviendra dans la gueule comme une vieille querelle de bar.

« Doom ! Elle ouvre les yeux ! »
Je m'approche du lit dans lequel j'ai posé Valria cinq minutes plus tôt. Mon cœur cavale comme quand j'étais petit et que j'espérais trouver le Père Hiver -le côté agréable en moins, l'anxiété en plus. Elle a effectivement ouvert ses beaux yeux d'ce bleu pâle inimitable que je croyais que c'était du blanc au début. Ils brillent bien...
« Elle est fatiguée, il va lui falloir du repos. Restez ici pour la nuit, Doom. Avec elle. Anwyn et moi serons à l'étage. »
J'remercie Kyrli. Pas assez pour ce qu'il a fait. Il a sauvé Valria, moi par extension, Alteas... et le monde, à son échelle. Nan, j'pourrais jamais assez le remercier.
Je m'approche de la Draenei. Ma petite Draenei... Elle est toute faible, mais elle me tend sa main. Je retire mes gants pour la prendre dans les miennes. Machinalement, je pose mes lèvres dessus. Elle sourit...
Je passe la nuit chez Kyrli. Appuyé contre le mur, un bébé sauvé des griffes du mal dans les bras, à regarder dormir la femme de ma vie, une clope au bec, en fredonnant une chanson d'amour.
Merde. Cette brûlure au second degré au cœur... C'est ça le bonheur ?

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Dernière édition par Doom le Mer 16 Mar - 1:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mer 16 Mar - 0:01

J'avais pas vu les derniers chapitres sortis dans le sillage de leurs prédécesseurs.

Encore une fois que dire à part "waow". Surtout que comme d'hab, mon perso est sur-chouchouté, donc ca fait très plaisir!
Mais au-delà du plaisir basique de recevoir des compliments, il se dégage vraiment quelque chose quant à leur formulation et leur sens profond quand ils sont remis dans leur contexte, que ce soit par rapport aux situations ou aux personnages... Bref, tout ce qui est dit me touche énormément.

Après, bien sûr, toutes les notes d'humour (notamment le disclaimer en début de pos, ou les blagues d'Owain retranscrites) sont toujours aussi agréables à voir!

Seul petit bémol histoire de faire chier: j'ai pas les yeux blancs; même si ils sont très pâles, j'ai les yeux bleutés :p

Encore GG , même si à ce niveau-là, ce qu'il convient plutôt de dire, c'est... Merci.

(Et j'assume totalement mon statut de quasi unique fanboy sur ce topic ^^ )
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mer 16 Mar - 1:11

C'est corrigé, merci de l'info.

*crève en toussant et retourne se faire guérir*

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Ven 21 Oct - 20:09

Chapitre 11 : Daemoncula

Caleb me refile une pile de documents. Des rapports, des cartes, des photographies... Tout ce qu'il faut pour planifier la future opération.
« Bon. Bah j'y retourne. J'vais nettoyer la zone. On s'revoit avec tes copains. »
Il sort ça en s'en allant, d'sa voix caverneuse de réprouvé sans foi ni loi. Il ajuste son chapeau, son trench, vérifie son arsenal. Sacré putain d'arsenal. Je me damnerais pour avoir le même que lui. Deux fusils à canons sciés, sans crosses, qu'il utilise comme des revolvers. Un pistolet automatique chambré en .45... De la dynamite. Même une putain de poupée vaudoo. Ouais, y'a pas à dire. Ça doit être mimique. Je lui ressemble...
« Caleb. Gaffe là-bas.
- Gamin, je sais comment ça marche...
- On sait jamais. T'as été assez con pour te jeter tête la première dans cette secte de merde... »
Il me sourit, de ses dents jaunes pourries. Une mèche de cheveux, sale, pendouille dans le vide. Il se retourne et s'en va. Ouaip. J'suis téméraire, mais y'a bien plus téméraire que moi.

J'ouvre les enveloppes. Je fais passer les documents. Les cartes indiquent Collines-aux-corbeaux. Là où tout a commencé. Une autre enveloppe, avec des photographies. Matos employé, sécurité... Puis viennent les lieux. Les expériences. Et le clou du spectacle.
Une photo prise visiblement par les scientifiques directement. Y'a des petites notations à portée. Une date, une heure. Des détails techniques... Deux femmes, obèses morbides, une avec un masque à gaz greffé sur la tête, une autre à nue. Elles ont le crâne rasé, visiblement. Elles gueulent, de douleur. Elles sont ligotées sur une table d'opération. Leurs vagins mutuellement cousus ensemble, pour en former un seul, plus grand. Un truc en sort. Un humain. Adulte, sans peau, juste la chair à vif. Il gueule aussi.
Caleb a pris soin de me détailler l'utilité d'cette horreur dans une petite note.

Daemoncula.
Machine biologique utilisée pour faire renaître les troupes et les améliorer avec la Joie, directement incluse dans leur code génétique. Deux femmes sont capturées, « volontaires » selon les termes administratifs, et engraissées pendant plusieurs semaines avant de servir de machine. Des soldats, adultes, « volontaires », sont plongés dans les utérus surdimensionnés et y restent pendant une semaine. Ils ressortent mutés. Soit parfaitement, et sont ainsi des soldats parfaits, sous Joie en permanence sans les effets secondaires. Soit avec les effets classiques... et sont ainsi éliminés.
Si les femmes survivent à une naissance, elles sont recousues et continuent de faire naître des soldats parfaits, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le nom viendrait d'un sort utilisé par la liche pour « bénir » les troupes qui sortent du ventre infernal.


Je ravale ma bile, j'allume une cigarette. Eau-Noire est allée trop loin. Beaucoup trop loin...
Va falloir prévenir les troupes de mon absence. Un lundi soir, les rares pas en mission doivent être en perm' et se payer du bon temps en taverne.
Je traverse Hurlevent à la hâte, armé et en armure lourde. Les gardes semblent pas à l'aise en observant mon Trouve-Têtes. J'peux pas les blâmer. Un fusil anti-matériel, aussi bien customisé, chambré en .50MG à têtes explosives, dans mes pattes... Ils savent ce que j'ai fait. Mais ils font que leur job. Trop bien à mon goût.
Je pose le pied dans ce foutu rafiot. Le temps de m'habituer à la luminosité, et j'reconnais quelques têtes. Des têtes sympas. Et une plus agréable encore dans le lot...
« J'venais juste prévenir que j'allais en opération... seul. »

Seul. Mon cul. Pas moyen de faire quoi que ce soit sans avoir la clique avec moi. Tant mieux. Si on doit tout saccager, autant faire comme avec la chtouille, en faire profiter les copains.
Beaucoup de bleubites, des recrues, que j'ai juste recruté et croisé une ou deux fois... Ce sera le baptême du feu, pour eux. En espérant qu'il y ait pas de pertes, cette fois.
Pour d'autres, m'aider contre ces salopards est qu'une formalité.
En moins d'une heure, j'ai toute une escouade sous mon commandement. Des recrues, donc, qui attendent le briefing sans en pousser une. Des vétérans, sur qui je peux compter. Et Valria. Mec, tu t'attendais quand même pas à ce que je l'oublie ? …
Je les brief donc sur la mission. On entre, on fait péter leur labo, on défonce les plans du Daemoncula, et on ressort. Sans aucune perte.
« C'est un ordre, et il vient pas de moi. », que je précise, en montrant la photo d'Alyona.
Valria insiste pour voir les photos du Daemoncula. Ma pauvre... Si elle pouvait devenir blanche, elle l'aurait fait. Pâlir est un euphémisme dans son cas. Mais dans un sens, tant mieux. Si elle avait pas bronché, j'me serais posé des questions...

Direction les Bois de la Pénombre. Là où tout a commencé... De nuit, cet endroit est parfait pour ravitailler les peurs si jamais t'as plus rien pour tes cauchemars. Un cimetière aussi grand que Hurlevent, avec des zombies et des squelettes qui se baladent entre les tombes. La lumière bouffée par le plafond en feuilles et branches d'arbres. Et un cadavre crucifié sur le portail du cimetière qui leur sert de base d'opération.
On s'approche. C'est le corps de Caleb. Ces salopards l'ont pas raté... La gnome se marre. On dirait que ça fait plaisir à certains... Bande de cons. Il a pris des balles pour vos petits culs.
Je le détache de là. Valria prie pour lui. Les rares malins observent un silence, en respect. Pour lui, ou pour moi, je m'en fous.

Mais plus tard, pour les sentiments... J'allume une énième cigarette. Une de plus ou de moins, pour c'que ça va changer. On nettoie les allées, on vide les chargeurs sur les zombies, on abat les épées sur les cadavres marchants. Y'a des tombes encore fraiches, des charniers même pas recouverts. Des cadavres écorchés, même pas encore bouffés par les rats... Et pourtant... et pourtant.
Trop de tombes vides.
Je fais exploser le squelette gigantesque qui garde l'entrée du complexe scientifique de Eau-Noire. Un coup de fusil de chasse dans la tronche. Deux cartouches de calibre 12 vidées dans son sale crâne blanc nacré. Il s'écroule en tas d'os. Je jette mon mégot dessus. Je les hais... tous.

On descend les marches du complexe, on arrive à ce qui sert de pièce d'accueil... Une crypte. Une putain de crypte. Ils ont rien changé, pas un coup de peinture, que dalle. Une putain de crypte. On fait le ménage. Scientifiques, soldats, zombies, mutants... Tout y passe. Tout se fait méchamment déglinguer la tronche. On tombe rapidement sur la salle de torture. Qu'ils voudraient nous faire appeler salle d'expérimentation A. Des cadavres encore frais sont accrochés à des tables de dissection. Y'en a même un qui bouge encore... Une des bleusailles, le worgen psycho, le termine. Dommage. Un bon employé d'Eau-Noire est un employé torturé. Longtemps... très longtemps... J'aurais voulu leur faire ce qu'ils ont fait à Sinas.

Dans la salle suivante, on trouve enfin ce qu'on était venus chercher. Le Daemoncula. Enfin, un des Daemonculi. En chair et en os... Littéralement. On dirait que pour se barrer, le type a du grignoter la chair. De l'intérieur. Pendant qu'elles étaient encore en vie. Bordel de merde... Mais quel espèce de cinglé pourrait même voir ce genre de connerie lui traverser l'esprit et se dire que ça serait une bonne idée d'le faire ?
Je jette une grenade incendiaire dans la fosse. Les corps de ces deux pauvres femmes brûlent lentement, comme si même le feu refusait d'avoir un quelconque truc à voir avec tout ce concentré de cruauté humaine. Je sais pas qui est le génie qui a dit un jour que l'homme était un loup pour l'homme, mais en tout cas je suis pas sarcastique en l'appelant génie. Il a tout compris.

« Doom, y'a un passage, là ! »
Une des recrues a pété un mur -je sais pas trop pourquoi, et a découvert un genre de passage secret, creusé dans la terre. On l'explore, minutieusement, pour tomber dans une énième fosse commune. Habitée par personne d'autre que...
« … Hopkins. »
La putain de Liche qu'est devenu Cornellius Hopkins flotte tout au fond du caveau.
« De tous ceux que je ne voulais plus revoir... Vous êtes un échec cuisant. Vous auriez pu être notre plus grande réussite, Sujet Zéro, si vous aviez été utilisé à des fins moins conventionnelles. Vous êtes un gâchi de chair vivante. »
Avant même que j'puisse en placer une, il me chope, me plante sa main dans le bide, m'arrache des bouts de chair et me balance au loin, dans la fosse. Merde... … pas encore...

« Ah, bon sang... Carrington. Encore vous. »
Cette putain de pièce sombre. Cette putain de chaise. Ces putains de cadavres. Ce putain de poulet humain parlant. ... Merde, pourquoi un poulet d'ailleurs ? …
« Virgile ! Cela faisait longtemps. Je ne vous attendais pas, à vrai dire...
- Le poulet ? … Euh, j'dois vous appeler comment ? »
Il penche la tête sur le côté, lentement, puis hausse les épaules en souriant. Un sourire de poulet.
« Mon nom importe peu.
- Okay. Mais je fais quoi ici ? … Et pourquoi je me souviens que maintenant de la dernière fois ?
- C'est... complexe. Voyez-vous, si vous aviez le souvenir de m'avoir rencontré, vous parleriez de moi. Et je n'ai pas très envie d'avoir un culte de ceux assez crédule pour croire à tout ça.
- Un culte ?
- Il y en a bien qui vénèrent les Naarus, alors... »
Il désigne le cadavre de Valria. Toujours aussi insoutenable de voir ça... putain...
« Enfin ! … Sachez que je suis ravi de vos progrès, mon cher. Vous n'avez effectivement plus touché à la Joie. C'est très bien.
- Ah ? Euh, bah. Cool. Merci ?
- Pour la peine, vous avez mérité de... de survivre, tout simplement. Vos amis vont croire que la Divine Providence lumineuse les a aidé. Mais, j'espère que... votre ami à face de corbeau aura une autre idée de la chose. Bien ! … C'était agréable de vous avoir là, mais, vous devez repartir maintenant ! … Je veille ! »
Je fais genre j'ai tout pigé à ce qu'il vient d'arriver. Nan, franchement, me taper la discute avec un homme à tête de poulet dans l'au-delà, assis à une table morbide où y'a les cadavres de mes copains. C'est vraiment, vraiment, VRAIMENT bizarre, même pour mes standards.
Je me réveille, en toussant. Du sang dans la bouche... mais en vie. Y'a les yeux brillants d'un paquet de filles à... bah, yeux brillants. Une elfe -sans doutes Séline. Une draenette, une des bleubites. Et Valria...
Elles m'aident à me relever. Et m'apportent la grande nouvelle.
Ils ont eu Hopkins... Tant mieux. Ce fils de pute l'a bien mérité.

« Avez-vous vu leurs visages quand vous êtes revenu à vous ? »
Valria me pose c'te question pendant le trajet de retour.
« Nan. »
Elle sourit. Pas recommandé de m'exciter les battements du cœur après c'que je me suis mangé, chérie...
« Ils étaient heureux. Soulagés. Et fiers.
- Fiers ?
- Fiers de vous. »
Haha... Ha... Elle est marrante. Visiblement j'ai rit trop fort.
« Ils vous suivraient jusqu'au bout de l'enfer.
- J'suis un soldat, Valria. Pas un politicien.
- Justement. Vous, ils vous font confiance. »
Définitivement. Je les plains.

Chapitre 12 : L'Hérétique

« Aidez-moi je vous en supplie ! »
La petite rouquine déboule de nulle part et s'agrippe à mon bras. Derrière elle, des bruits de pas. Des bottes en plaques. Les gardes de Hurlevent...
Sans trop réfléchir, j'enlace la rouquine, je la colle contre le mur. On feint d'être un de ces petits couples merdiques qu'on lit dans les romans d'amour de merde. Elle met sa capuche au moment où un des flics s'approche de moi.
« Hé, vous, là. Vous auriez pas vu une sorcière passer ?
- Nan. Désolé, officier.
- Mouais... Si vous voyez une sorcière rousse, avec des tatouages sur le visage, venez immédiatement au poste le plus proche. Elle est dangereuse.
- Reçu, m'sieur. … Hé, bonne soirée hein ! »
Il incline la tête, humble. Ils font juste leur boulot, inutile d'être désagréable avec le flic de base. Eux comme moi, on est que des pions sur l'échiquier taille réelle des grands... des élites...
« … ils sont partis ?
- Ouaip. »
Je lâche la petite sans trop me ménager pour allumer une clope. En espérant aussi que personne nous a vu... Si Valria apprend que j'enlace de la minette dans une ruelle sombre... Ouais, dit comme ça, c'est franchement louche.
« Merci. Merci beaucoup. »
Elle lève la tête. Elle a des tatouages sur la tronche. Trois lignes rouges, comme une parodie de cicatrice, ou de moustaches de chat, sur chacune des deux joues.
« Z'êtes la sorcière qu'ils veulent choper ? »
Elle incline la tête.
« Je m'appelle Macha. Et vous ?
- Doom. Et j'ai soif. »

Je commande les verres. Quincy m'apporte mon whisky, et le lait-fraise de la rouquine.
On aurait pu passer une soirée tranquille à siroter des trucs. Mais c'était sans compter sur ces consanguins...
« La voilà ! C'est elle ! L'hérétique ! »
Le cureton s'approche d'elle en faisant des gestes avec ses mains. Les deux templiers baraqués l'empoignent et la soulève. En un clin d'oeil elle est emmenée, suivie par une foule qui gueule en levant des torches. Ouaip. Bienvenue à Hurlevent, la cité qui a pas évolué depuis la première guerre.
« Brûlez la sorcière ! »
« Tuez cette catin ! »
« Femme de Sargeras ! »
Je les suis, en chargeant mon revolver. Comme le disait la pub : Contre tous les tyrans, Calibre cinq-cent...
Ils l'attachent à un poteau, planté en face de la cathédrale. Ils commencent à foutre du bois sous ses pieds. Les templiers restent impassibles pendant que le prêtre lui fait la morale.
« Tu as renié notre mère la Très Sainte Lumière en t'adonnant à des rituels impies. Pécheresse, la mort est ta sentence. Ton seul salut est entre mes mains. Avoue tes fautes, renie ton faux dieu et implore Son Pardon Divin. »
Elle soupire, garde la tête baissée... La relève. Ouvre la bouche et...
Je tire. Dans le crâne du prêtre. Un bout de cervelle gicle depuis le trou causé par la balle quand elle est sortie. Le morceau gris s'écrase sur l'armure dorée d'un des deux templiers.
La foule se tire apeurée. Quelques péquenauds brandissent leurs fourches sur moi. Rapidement démoralisés par la vue de mon gros calibre.
J'actionne le chien du revolver. Je le pointe sur un des deux bourreaux.
« Relâche la rouquine, branleur. Ou tu finis comme monsieur connard. Lobotomisé au plomb. »
Il s'exécute. Macha avance vers moi, sans trop piger ce qu'il vient de se passer.
Chaos total, éclairé à la torche.
On fait une centaine de mètres en essayant de semer les gardes lancés à nos trousses. À jongler entre les mouvements de foule et les ruelles sombres et désertes. Pour finalement piquer une bécane... notre seule porte de sortie.
« Vous savez piloter cet engin ?
- Macha, j'suis sorti du bide de ma mère avec une bécane ! »
Le proprio a eu la bonté de faire le plein.
« J'vous dépose, rouquinette. Vous vivez où ?
- Terres foudroyées.
- Oh, j'adore ce coin... »

Une fois passée la porte de Hurlevent, je me permets de mettre une cassette des ETC. Si on doit aller jusqu'aux Terres Foudroyées, autant le faire en se marrant.
On passe près de Collines-aux-corbeaux.
« Hé, vous voyez ce trou à rats ? … Si vous voulez choper des âmes en peine, c'est le coin rêvé.
- Pourquoi ? Il n'y a qu'un cimetière et des ruines.
- Et vous savez ce qu'ils ont enterré ici ? »
Je souris, clope au bec. Elle me lance un regard interrogateur.
« Eau-Noire. La société militaire privée. … Ils ont fait des expériences sur des bonshommes ici. Des trucs pas nets. Et jusqu'à y'a encore pas très longtemps, ils en faisaient toujours.
- Comment le savez-vous ? »
Je souris, toujours, en cachant comme je peux mes cicatrices.
« Mais avec de bons potes à moi, on leur a fait comprendre qu'on aimait pas leurs trucs de fils de putes. Vous auriez du voir comment ma fem... euh... Bref. »

On arrive enfin aux Terres Foudroyées. L'endroit était déjà pas très accueillant à l'époque. Avec l'arrivée de la Horde de Fer, ça a été encore pire. Rempart du Néant en lambeaux. Le Fort Okrilon aussi. La porte des ténèbres explosée... Les ogres du coin massacrés... Des cadavres. Encore des cadavres. Et une tente en peaux qui trône au milieu du carnage.
« C'est ici ! »
On s'arrête. Elle descend à la hâte. … Pour se retrouver pointée par plusieurs pointeurs laser.
« Oh non, pas cette fois... »
Elle incante. Y'a un éclair aveuglant. Je me couvre les yeux... et quelques secondes plus tard, un tas de chair carbonisée nous entoure.
« Ils foutaient quoi ici, ces mecs ?
- Ils sont là pour m'abattre.
- Et c'est qui au juste ?
- Catégorie Six. »
Merde... J'espérais ne jamais avoir affaire à ces enflures.
Catégorie Six, comme Eau-Noire, est une société militaire privée. Mais en encore pire. Eau-Noire recrute des rebuts de la société pour les transformer. Catégorie Six recrute les criminels de guerre les plus dégueulasses qui soit. Et les envoie utiliser leurs « talents » contre de l'argent...
Ouais, t'as bien compris. Des violeurs de gosses payés pour continuer à faire ça.
« Eh bien... merci, Doom. Vous êtes de cette espèce rare. Ceux qui réfléchissent.
- Pariez pas trop là-dessus, rouquinette. Avec c'que je me suis mangé, m'étonne encore que j'ai de la mémoire fonctionnelle... »
Je met le contact.
« Vous... ne restez pas prendre un thé au moins ?
- Désolé petite. Mais j'ai un compte à régler. À Austrivage. »
Si je déteste Catégorie Six, c'est en grande partie pour les raisons citées plus tôt. Mais surtout parce qu'ils ont eu l'idée d'installeur leur quartier général à Austrivage.
Chez moi. Et ils vont dégager de ma pelouse.

Chapitre 13 : Running From Evil

Dernière nuit avant le départ pour Austrivage. Dans une maison que je loue. Sans pour autant que ça soit « mon chez moi »... Nan, ça le sera uniquement une fois qu'on aura inauguré la maison avec Valria. Des burgers, les ETC et elle. J'ai pas besoin de grand chose d'autre. J'suis un mec limité, que voulez-vous...
Un bruit derrière moi. De pas. Personne était attendu, et à part Nick, personne connaît l'endroit.
« Nous vous cherchions monsieur Carrington. »
Fait chier...
Je me retourne, arme au poing. Une dizaine de gars en armures lourdes, noires. Avec des masques. C'est à peine si on reconnaît qu'ils sont humains... Si ce n'est pour leurs écussons. Catégorie six.
Merde, va lutter avec la lie du genre humain en calebard et avec un six-coups.
Le plus petit m'envoie une droite monumentale. Le gros me plaque au sol. Un dernier me fout un sac sur la tête. Ils me menottent. Me soulèvent. Le dernier truc que j'entends avant qu'ils m'assomment est un cri de corbeau.

« Debout. »
Je grogne. Le type m'envoie un seau d'eau à la gueule. Pauvre tâche.
On est dans un bâtiment dégueulasse. En ruines. Avec de la gelée verte un peu partout, qui coule des murs, du plafond, remonte du sol... Autour de moi, un paquet de fils de putes qui pointent leurs fusils sur moi.
« Vous nous avez causé du tort, monsieur Carrington.
- C'est mon boulot, connard. T'as un truc que j'sais pas à m'dire ? »
Il m'envoie une droite. En plein sur le nez. Le liquide rouge préféré de nos dictateurs coule comme pas permis...
« Nous allons vous laisser avec notre opérateur médical. Messieurs. Retournez à vos postes. »
Ils se barrent tous, un par un en rangs bien serrés. Opérateur médical... Je tourne la tête. Un type entre avec une scie à amputation, le visage caché par un masque à gaz. Il approche sa putain de scie rouillée de ma jambe...
« Enculé, fais pas ça. »
Il commence à taillader dans ma chair.
« J't'ai prévenu fils de pute ! »
Avec la douleur, j'arrive à me défaire des liens. Pour lui choper le visage. Et l'exploser contre le sol. Il perd deux dents, coincées sur le parquet dégueulasse. Je me lève. Je lui saute sur la tronche.
Des petits bouts partout...
J'attrape un fusil de chasse qui traînait sur le bureau. Deux cartouches calibre douze... Ça fera l'affaire.
Je m'enfuis discrètement, et tout nu, dans la nuit... Austrivage. Austrivage n'a pas changé.
Toujours un tas de saloperies gluantes et vertes sur les bâtiments en ruines. Mais le pire ? … C'est que quand j'étais petit j'aurais adoré voir ça.
Je pars vers l'Est, du côté de la ferme de mes enfoirés de géniteurs. À peine cent mètres faits, je tombe sur un gars de Catégorie Six. Occupé à se vider la vessie.
« T'as vraiment pas de bol, salopard. »
Je lui colle les deux canons dans le dos. J'appuie sur les deux gâchettes. Deux coups de feu plus tard, ce trou du cul est plus qu'une moitié de tronc, plein de bouts de chair et une tête... introuvable. Vu le bruit que ça a fait, elle a du voler et s'écraser au fond du puits. Deux points au basket...
« Vous pensiez pouvoir nous échapper ? … Méprisable rebut de l'espèce humaine. »
Bordel, mais pas encore...

Je me réveille dans une pièce humide. Sombre. Un carré de merde en pierre dégueulasse, avec de la flotte -espérons que ça soit de la flotte- dans un coin. Un cadavre dans l'autre. Le truc se fait bouffer par les vers. Je sais pas qui tu es, mec. Mais j'compte pas finir comme toi...
Le coin est à peine éclairé par une torche qu'ils ont du oublier ici. Y'a des cafards qui se baladent. Des caillasses qui s'ébranlent. Putain, où est-ce que j'suis encore tombé ?
Une succube entre. Accompagnée de l'officier de Catégorie Six. Ils discutent cinq minutes en me fixant. Je pige rien à ce qu'ils racontent. Puis le mec repart, satisfait, vu la tronche qu'il tire. La porte blindée se referme derrière lui. Y'a donc plus que moi, un cadavre et une Sayaad dans une cellule paumée je sais même pas où. Le rêve.
« Doom, tueur de démons. Bourreau des Sayaad... »
La succube s'approche, lascive, évidemment. Elle est un peu plus recouverte de vêtements que la majorité de ses frangines. J'essaie de lui attraper le crâne pour lui éclater sur le sol. Sans succès. Ils ont eu la bonne idée de m'accrocher au mur. Le cul vissé sur le sol, les pieds enchaînés à deux boulets, et les poignets liés à même le mur. Le genre de situations qui feraient bander les bizarres du club au sous-sol de Marge...
« Syona.
Quoi ?
C'est mon nom. »
Syona la succube. En général elles séduisent d'abord et parlent ensuite. Enfin, font parler ensuite.
« Pourquoi tu me donnes ton nom, petite ? »
Elle se contente de me sourire. Un sourire avec des dents trop parfaites pour être réelles. Un sourire aux yeux trop bleus pour que ce soit sain...
Elle se redresse et fait quelque pas -en tortillant du cul forcément- en direction de la porte.
Elle s'arrête. Se tourne vers moi.
« J'espère qu'on s'entendra bien. »
Puis elle se barre. Faut toujours qu'ils soient tous énigmatiques. Mais putain c'est quoi leur problème à tous ces cons ?

Ça fait combien de temps que je suis là ? Dix jours ? Semaines ? Années ? J'en ai aucune putain d'idée. Aucune notion de temps, aucune notion d'heure. Les repas infects se succèdent, comme les victimes dans le couloir de ma cellule. On voit tout à travers ces barreaux.
Tout. Y compris elle. Foutue succube. Dans quel camp t'es, bordel ? Elle m'observe depuis que j'suis là. Jour et nuit, si j'peux dire. Au réveil, elle est là. Quand je bouffe, elle est là. Quand j'me fous dans ce putain de coin pour chier, elle est encore là...
J'ai du penser trop fort. Elle s'approche. Elle ouvre la porte, la referme aussi rapidement. S'approche de moi, un petit sourire au coin de ses lèvres... succulentes lèvres... elle a du en faire tomber des clampins avec des armes pareilles.
« La Prophétesse va bientôt vous faire évader. Ils sont en route... »
Elle se redresse, rapidement, dans ce bruit caractéristique du cuir qui frotte.
Ouais. Maintenant je pige pourquoi. Syona la succube. Agent de la Dame aux Corbeaux...
Bien la première fois que je regrette pas de pas avoir tué quelqu'un. Kath... Je savais bien que vous alliez pas me laisser tomber. Pas comme certains.

Une heure plus tard, la porte se fait défoncer. Y'a eu un vacarme pas permis avant ça. Comme si le monde était en train d'éclater de l'intérieur et qu'on allait tous y passer. Crever enchainé au fond d'une cellule merdique, je sais même pas où... Enfer, sans moi.
Sans me poser plus de questions, je saisis l'occasion. Je pète mes chaînes et je cours en direction de la sortie. Il fait sombre dans ce couloir trempé... humide... et plein à craquer de gens que j'espérais revoir. Peut-être pas en portant le même calebard depuis tout ce temps, mais... ça fait plaisir quand même.
« Owain, mon frère, t'étais où bordel ? J't'ai attendu dans cette putain de cellule comme une putain de princesse ! »
Je tourne la tête un peu plus à droite.
« Traynia ? … J'aurais jamais cru que vous seriez venue. »
La sorcière me fusille du regard. Mais c'est vrai. J'aurais vraiment jamais pensé qu'elle serait venue avec eux. Et encore moins de son plein gré.
Ils sont tous venus. La putain de Garde Cendrée débarque comme une saloperie de cavalerie pour sauver le condamné à mort par pendaison. La corde se fait descendre, le prisonnier est sauvé. Direction Hurlevent pour un petit résumé des opérations...

Je peux enfin remettre mon armure. Cadeau de Lidra...
Ils m'ont tout raconté. Le fric claqué par Owain pour me retrouver, les infos données par Vhurn, Austrivage, le Clan, la baston contre les merdes de Catégorie Six, Eau-Noire par la suite, le coup de poker dans la Péninsule, Nagrand... le tas de cadavres déchiquetés par l'éternelle Lidra...
Tout.
Bordel. Si on reconnaît quelqu'un à ses copains... on va me siffler dans la rue.

_________________
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Doom
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Mer 26 Oct - 18:12

Bonus : Commandant Doom

Pas mal de trucs peuvent être corrompus. Le lait peut tourner, les fruits pourissent, l'âme du péquenaud du coin peut être gangrenée par les conneries lumineuses.
Mais ce soir... ce soir c'est notre patronne qui se fait corrompre.
C'est après une traque relativement courte qu'on en arrive à ça...

« Foutez-la dans le bureau, ce sera plus simple de la guérir. Et Kyrli... te plante pas, mec. »
Le nain acquiesce, monte les escaliers, suivi de ses médecins. Je me tourne, pour bloquer l'escalier. Ça se lit dans leur visage. Ils ont peur... La Garde a peur de ce que Alyona a pu choper. De ce qu'elle va faire, ou devenir. Bon dieu... personne le sait en théorie. Mais elle a un lardon dans le caisson qui va donc en chier. L'exorcisme...  Traynia monte à son tour, pour leur filer un coup de main.
Ils auront besoin de quelqu'un qui s'y connaît. N'en déplaise à beaucoup, Traynia est la meilleure chose qui soit arrivée à la Garde ce mois-ci.

« Alyona veut te voir, Doom. »
Je monte donc à mon tour cet escalier. Je retire mon casque pour m'approcher de la blessée, affalée sur le bureau. Crevée, lessivée, ce que tu veux sera jamais assez pour qualifier son état de fatigue.
Elle baragouine des mots en parlant de nouveau commandant. Son remplaçant.
« Okay, pas de soucis, j'vais chercher Valr-... »
Elle m’interromps. En me pointant du doigt.
« Hors de question, j'suis un soldat, pas un politicien ! J'ai rien pour diriger ces gens. »
Les petits mensonges qu'on se fait à soi-même sont les pires... surtout quand on y croit même plus.
Les médecins se mettent au garde à vous. Devant moi.
Ça va pas plaire à tout le monde. Un tueur qui dirige une organisation qui a pour but de sauver le monde, un agnostique pur qui va devoir collaborer avec des croyants et des religieux, un vétéran qui doit y retourner, contre son gré.
Mais j'le ferais.
Je prendrais une balle pour vous tous, maintenant. Et plus s'il le faut.
Je serais votre commandant. Je serais celui qui vous dirigera vers les portes de l'Enfer, et celui qui vous montrera comment faire péter leurs gonds.
Comptez sur moi.

[Tout ce qui a eu lieu entre les deux sera traité dans des one shot, qui seront publiés à part, une fois que les auteurs des events concernés auront développés leurs versions.]


Chapitre Final : Le Sacrifice

« … quitte à ce que ce soit ma dernière nuit, j'aurais préféré la passer avec Valria. Ou Traynia. Ou Lidra, à choisir. Mais... pas avec vous...
- Les femmes avec un nom qui termine en A, c'est un thème chez vous ?
- Seulement celles qui éclatent des gueules pour moi.
- Je devrais être en tête, sur votre liste alors. »
La Prophétesse se fout de ma gueule. Encore. Elle a insisté pour que je passe à Jorune, après la mission dans le cauchemar d'émeraude. Bon dieu... j'ai jamais vu autant de nuances de rouge.
Et pourtant j'en ai étripé des trucs avec le sang de cette foutue couleur.
« Vous savez... je pourrais être jalouse du lien qui vous uni à ces femmes. Mais je le comprends. Wyrtam vous a donné cette hargne et une raison de vivre. Valria vous a rendu votre humanité. Et Traynia a bataillé contre vents et marrées pour vous ramener et vous guérir... Oui, je suis jalouse. De la chance que vous avez de pouvoir à ce point compter sur des personnes comme elles. »
Ce moment gênant ou une presciente te reproche d'avoir plus de choix qu'elle. Y'a une justice, faut croire.
« Mouais... si j'dois crever demain, j'aurais justement aimé aggraver mon cas vis-à-vis de mon ticket VIP pour l'Enfer. Et pêcher, de nouveau. La luxure, c'est tentant... »
Elle me lance un regard, ce genre de regard dont t'es jamais trop sûr. Perplexe ? Dubitative ? Intéressée mais faussement choquée ? Faussement choquée et juste amusée ? Un truc pire encore ? J'en sais foutrement rien.
« C'est une proposit-...
- Nan. Oh que nan. Désolé, Kathyr. J'en sais trop sur vous pour avoir envie de... ça. »
Elle sourit. Là, c'est un sourire amusé. Cette folledingue joue avec moi. Bordel.
Je savais que j'aurais du aller me planquer chez Owain. Pas de nénettes, pas d'emmerdes, pas de métempsychose. Juste un tonneau de bière, mon frère nain, et l'ivresse de la future victoire.
Oisiveté. Là aussi j'aurais pêché. Mais... une fois de plus ou de moins. J'me demande vraiment ce qu'ils me préparent, en bas...

« ILS SONT LÀ ! »
Le pan de muraille s'effondre. L'alarme grince. Les différentes escouades sortent, armées jusqu'aux dents des équipements offerts par Vhurn. On a assez de munitions et d'armes pour tenir un siège. Enfin, je l'espère.
Pour citer Kathyr. Victoire, défaite, cette bataille est déjà mon triomphe. Reste à savoir si je survivrais pour célébrer.
Les premières vagues de démons sont rapidement éliminées par notre artillerie, puis par notre infanterie. Du sang et des tripes démoniaques, c'est exactement comme ça que je voulais redécorer le fort. Si on accroche une tête de garde-courroux à chaque coin de mur, peut-être que ça les fera réfléchir ? …
Un infernal nous tombe sur la gueule. Puis un second. Et encore d'autres... Rapidement, les troupes sont submergées. L'artillerie est démantelée. Le fort est foutu. Il faut sonner la retraite. Mais certainement pas donner l'impression d'avoir abandonné notre chez-nous.
« On se barre sur la plage ! Le Clan a besoin d'aide ! »
Le Clan a besoin d'aide, mon cul. On peut voir Gar'thok au loin s'amuser à éclater des diablotins par paquets de douze. Mais plus on approche, moins ça semble gagné d'avance.
Un Nathrezim tient entre ses pattes la plus étrange, mais la plus compétente des réprouvées marins du monde, Arlene Sanders, capitaine du Clan Brisecrâne. Des voix s'élèvent pour qu'on la laisse là... mais il en est hors de question.
« Ah, la Garde Cendrée, je me demandais combien d'orcs je devais encore tuer pour que vous daigniez sortir. »
Na-Krul, lieutenant de Nilathak. En personne. Un Nathrezim connu pour être l'archétype parfait de sa race. Un salopard qui vendrait son patron pour survivre. Ce qu'il tente de faire.
« J'ai une proposition, voyez-vous... »
Il s'arrête pour bloquer la charge d'un Grunt, qui se fait éviscérer en quatre secondes.
« … j'ai la non-vie de cette réprouvée entre les mains. Et voyez-vous, je suis d'humeur joueuse. Répondez à mes énigmes, et elle survivra. De plus, je retirerais toutes mes troupes ! »
Elune, des énigmes, mais c'est quoi la suite ? Être pénible ?
Valria s'avance. Si quelqu'un peut déjouer des trucs tordus, c'est bien elle. Elle a bien délié le truc le plus tordu que je connaisse : mon esprit.
« Dites-moi, Draenei... Quel animal possède quatre pattes et deux yeux ? »
… Elune... Elune. Elune. Quand Kathyr me disait que ce type voulait la place de son chef, j'pensais pas que c'était à ce point. Valria, perplexe, répond ce qu'il y a de plus logique face à une « logique » de questionnement aussi... aussi... aussi...
« … bien que cela puisse décrire un bon nombre d'animaux et autres créatures de ce genre, je vais partir sur un druide en forme de félin.
Correct ! »
Le démon semble ravi. Il est bien le seul.
On se fait ainsi chier pendant les énigmes à deux balles auxquels répond sans problème Valria. Jusqu'à la question finale... La question piège. Ah il va gagner son coup et devoir retirer ses troupes. Mais moi j'vais m'en prendre plein la gueule quand la mission sera terminée.
« Dernière question. Quel est le véritable amour de Virgile Carrington ? »
Il sourit, sadique, fier de son effet. Enflure. Quand j'te retrouverais tu me paieras ça...
Valria hésite, longuement. Les gens me regardent. Certains amusés, d'autres vraiment emmerdés. Si elle se plante...
« J'aurais apprécié pouvoir dire qu'il s'agissait de moi. Or, la réponse est facile à deviner, mais d'autant plus difficile à avouer. Il s'agit de Lidra Wyrtam... »
À peine la phrase prononcée, le Nathrezim se prend un carreau d'arbalète dans la gueule, tiré depuis une colline un peu plus au Nord.
« Elle-même. »
La voix grave, haineuse, résonne dans l'air comme elle l'avait plus fait depuis cette dernière mission, aux ruines de Wyrtam... Wyrtam. Je tourne la tête.
Lidra Wyrtam, en personne. Belle à en crever dans son armure noire, les cheveux dans le vent, le visage couvert par le foulard rouge. Elle recharge son arbalète, la haine dans le regard. Elle a du tuer plus de démons cette soirée que dans toute sa carrière réunie... Et personne viendra la plaindre.
Elle nous indique la prochaine destination. La Prophétesse a besoin de nous...
Lidra. Je doute fort que j'puisse revenir te le dire en face. Alors, j'me le garde pour moi. Mais... Valria ne peut pas mentir.

Les luttes continuent, lentement mais sûrement. On gagne du terrain sur les positions démoniaques, mais à quel prix ? Le fort est tombé. Autour de nous, des cadavres. Plus ou moins reconnaissables. Des soldats d'ASF, des grunts du clan, des agents de Kathyr, des gangsters de Vhurn. Nos gars. Des Gardes. Ils ont signé pour défendre ce monde. Mais je leur avais promis qu'ils rentreraient chez eux en vie. Pour le diner...
J'ai promis tellement de trucs de mon vivant. J'ai promis de me venger du fléau. J'ai promis de me venger de mes parents. J'ai promis de me venger de Eau-Noire. J'ai promis de venger Lidra. J'ai promis de venger Valria... J'ai promis de mettre un terme à la royauté. J'ai promis de rendre ce monde sans Dieu ni maître. J'ai promis d'instaurer une paix durable entre les races. J'ai promis à Valria qu'elle me verrait vieillir. J'ai promis à Traynia de me ranger, monter une armurerie...

J'ai promis de venger plus de fois que j'ai promis d'être heureux.

Nilathak est là, en face de moi, à me proposer de mettre un terme à toute cette mascarade.
J'vais crever si j'fais ça...
Je me retourne. Je vois leurs visages. Ils pleurent un fantôme, une idée. Pas un corps.
Je vois leurs visages. Je vais crever si j'fais ça. Mais pour eux... pour eux, ça vaut le coup.
Valria. Alyona. Alvae. Owain. Tray. Lidra. Kathyr. Vhurn. Rosiel. Ragen. Keelen. Armadyl. Sthelios. Tous ceux qui ont combattu sous mes ordres, tous ceux qui sont morts en mon nom.
Ce soir, je vous venge. Ce soir je fais tomber le masque.
J'dois y aller...
J'entre dans le sarcophage. Je leur lance un dernier regard.
Un dernier sourire, caché derrière le casque. Un dernier soupir, blotti contre les plaques de métal. Une dernière larme, crachée à la gueule de ce monde bâti sur un mensonge.
J'ai beaucoup détesté et haï tout ce qu'il pouvait y avoir sur Azeroth. J'ai voulu partir.
Au fond de moi, je regrette...
Le sarcophage se referme. Plus que l'obscurité. Le noir. Le vide... Juste une rune.
Je m'endors, je me sens partir. Manque d'oxygène ? Poison ? Malédiction ? Siphon de vie ? Peu m'importe, au moins je pars.
Au fond de moi, je regrette. Il n'y a plus que des regrets et des remords pour habiter... l'ultime demeure du soldat funeste.
Et pourtant.
Comme prévu.

Quitter ce monde n'est pas si horrible que ce qu'on en dit.


Epilogue : Phone Calls

Ouais... ouais, ouais... Le sarcophage est parti.
Il a été emmené, ouais. Kathyr essaie de le localiser. Mais c'est visiblement foutu d'avance.
… Hm ? Descendu, comme beaucoup d'autres.
Praetor, ouais. Il s'appelait comme ça.
Nan, je pense pas que quelqu'un saisira la référence. On peut se faire appeler comme ça.
Le Commando Praetor... On recrutera... ah.
D'accord, je ferais en fonction de cette liste, dans ce cas. À une condition.
Je veux les meilleurs. Et je réserve deux places pour deux personnes que j'irais voler à la Garde.
Je verrais qui sera d'accord, t'en fais pas, Bayne...
Là, dans l'immédiat... Rosiel. Nellia. Nsaem. Un furtif. Et Traynia s'arrangera pour embrigader Campbell.

C'est un sale boulot, Bayne. Mais il sera fait.
Retrouver le sarcophage est plus qu'une question de temps.
Exact... En attendant, il me faut un nouveau nom.
Cinquante-deux virgule six. En Thalatin, ça donnait quoi déjà ? …
Liivi... Liivi. Ouais, c'est pas mal comme nom. Personne ira le relier à moi.
Liivi, donc.
J'ai du boulot... J'dois retrouver Tray' et Sthelios.
Prudence, Bayne. Ils se demandent qui tu es... ils cherchent et posent des questions...
Ouaip.
On s'revoit plus tard...

_________________
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Traynia Thiav

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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 27 Oct - 11:37

Un épilogue 100% original:
 
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Sthelios
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 27 Oct - 16:01

" J'ai promis de venger plus de fois que j'ai promis d'être heureux. "
The fuckin feels mate.
Première fois que je commente, parce que ça m'a retourné les tripes.
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Valria
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Draenei Paladin
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MessageSujet: Re: Codex Doom   Jeu 27 Oct - 18:54

Putain enfin la suite, depuis le temps que je l'attendais !!

Toujours aussi kiffant à lire, encore du très bon boulot! Et je crois que le mystère de l'épilogue va habiter ma tête un moment x)

Congrats, Bro.
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MessageSujet: Re: Codex Doom   

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Codex Doom
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